Analyse financière / peter greenfinch / ch.7
Analyser la rentabilité : 3) La CAF
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En complément aux SIG [ch.6], il est utile, ne nous en privons pas, de calculer la "capacité d'autofinancement" (CAF).
C'est un résultat complémentaire, mais bigrement important, qu'on peut simplifier comme suit :
CAF = RN (résultat net) + Amortissements et Provisions de l'exercice.
Tiens, pourquoi diable rajouter les amortissements puisqu'on les a déduits pour calculer le résultat ?
Si, si, rappelez vous, c'était pour aboutir au solde n° 5, le RE pour les intimes.
Si on les remet au pot ici, c'est parce que cet argent ne quitte pas l'entreprise.
Il est juste gardé au chaud dans ses caisses.
A moins que, ce que vous alliez me faire remarquer, je suis un peu télépathe,
elle s'en serve pour rembourser les dettes, investir à nouveau, forcer sur les stocks, etc.
Bingo, c'est bien cela !
On considère effectivement que cet argent servira principalement, ou du moins peut servir, à renouveler,
améliorer et renforcer les immobilisations.
Et au passage à faire face aussi à quelques investissements d'exploitation
(par ex. les accroissements de stocks et de crédits clients qui peuvent être nécessaires
en cas de développement des ventes).
On l'ajoute donc à l'argent qu'a dégagé le RN, qui peut lui aussi servir à ces investissements.
On appelle le tout, la "CAF / capacité d'autofinancement".
Enfin, après avoir ajouté ou retranché quelques autres bricoles.
Z'allez me dire que je vous crois aveugle, puisque c'est affiché au début de ce sous-chapitre.
Mais, chers amis, marteler les choses, c'est ça la pub, ou la pédagogie, vous en doutiez ?
Allez, encore une couche : la CAF est en réalité la source d'argent qui maintient l'entreprise en vie.
Ce fluide vital sert à plusieurs choses (voir plus loin [ch.9] la partie "besoins" du plan de financement),
mais surtout ouvre la voie à trois utilisations dont vous imaginez facilement l'importance :
Payer les dividendes - ah
oui, faut pas oublier cela, les actionnaires n'ont pas investi pour n'être que spectateurs
- en prélevant la somme nécessaire sur la partie "RN" de la CAF,
Rembourser les crédits,
Contribuer à financer le
développement.
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Même dans notre époque des Lumières, on confond parfois certaines notions entre-elles.
D'autant que quelques mélanges de langues peuvent évoquer les bourdes de communication
entre pilotes de brouettes qui furent fatales à la regrettée Tour de Babel :
Le Cash-flow (flow = flux) c'est, au sens anglo-saxon, la différence entre les entrées et sorties de trésorerie.
Cela peut correspondre à la CAF, si elle est conservée en liquide, mais c'est rarement le cas, car l'entreprise
l'utilise pour ses opérations.
Le Cash-flow libre (ou cash flow disponible), lui, c'est l'argent dont l'entreprise dispose pour les créanciers
ou pour certains types d'actionnaires qui voudraient se payer sur la bête. C'est l'agglomérat suivant :
La CAF (ce que les anglo-saxons appellent le cash earnings)
Les autres sources d'autofinancement, par exemple la valeur nette comptable des actifs vendus, en dehors des plus values ou moins values lesquelles entrent dans la CAF
Diminuées des investissements indispensables pour maintenir l'activité et la rentabilité le plus longtemps possible jusqu'à épuisement et disparition de l'entreprise (ou revente à quelque autre entrepreneur ou autre entreprise)
Et, devinez quoi ? On appelle aussi cela la CAF libre ou CAF disponible.
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La CAF est le solde résiduel des flux d'argent venant de toutes les opérations de gestion (d'exploitation, financière) et
de certaines opérations exceptionnelles.
Dîtes, z'allez dire maintenant qu'on se moque de vous puisque, en début de chapitre, nous parlions d'addition
de plusieurs postes, et maintenant nous parlons de solde, donc de différence.
Ben, les deux choses sont équivalentes, et vous trouverez ci-après les deux modes de calcul.
Toutefois la vraie définition est bien celle d'un solde, d'un résidu des flux d'argent des opérations de l'exercice.
Enfin, ce n'est pas pas un flux d'argent sonnant et trébuchant (ça, on l'a vu, c'est le "cash flow"), mais un flux potentiel calculé
indépendamment des délais de paiement ou d'encaissement propres à chaque opération ayant généré cette capacité.
N'en est toutefois déduit aucun élément comptable "calculé" (amortissements et provisions).
Et aucun, c'est aucun : même les provisions correspondant à un risque réel que l'entreprise devra supporter
dans un avenir proche ou immédiat (exemple : provision pour dépréciation de l'actif circulant) ne sont pas déduits.
Ah oui, encore une chose : la CAF est déterminée après impôt.
Elle est donc influencée indirectement par la politique d'amortissements et de provisions,
et par la fiscalité (sur les plus-values notamment).
1er mode de calcul
Postes pris en compte
A l'exclusion de
EBE
+ Transferts de charges (d'exploitation)
+/- Autres produits / charges d'exploitation
+/- Quotes-parts de résultat sur opérations
faites en commun
+ Produits financiers
Reprises sur provisions financières
- Charges financières
Dotations aux amortissements et provisions financiers
+/- Produits /charges exceptionnels
Gains / pertes sur cessions d'immobilisations, quote-part
des subventions virée au résultat, reprises / dotations
aux amortissements et provisions exceptionnels
- Participation des salariées
- Impôts sur les bénéfices
= Capacité d'autofinancement de l'exercice
2e mode de calcul
En pratique, la CAF est souvent calculée par une approche additive à partir du Résultat Net.
Hé oui, c'est la formule simplifiée qu'on a vu en tête de cet article, mais que l'on va ici un peu compléter :
CAF =
RN
+/- Charges/ récupérations calculées (dotations /
reprises d'amortissements et provisions)
+/- Gains / pertes sur cessions d'immobilisations
+ Quote-part de subventions virées aux résultats
Cela ne montre pas d'où provient la CAF mais n'est qu'une modalité pratique de calcul.
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Pour avoir une meilleure idée des possibilités financières de l'entreprise en année normale, les analystes
calculent la CAF "courante".
Ils procèdent pour ce faire, z'ont de la suite dans les idées, comme ils l'ont fait pour le RN "courant", en éliminant
les éléments exceptionnels, notamment les plus ou moins values de cession d'actifs, et l'incidence fiscale
de ces éléments.
Passons maintenant à l'analyse proprement dite des coûts et marges,
notamment par l'utilisation des ratios de gestion [ch.8]
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Publié sur les sites :
p. greenfinch [ch.1]
[ch.2]
[ch.3]
[ch.4][ch.4bis]
[ch.5][ch.6][ch.7]
[ch.8][[ch.9]
[ch.10]
et
Zonebourse, (ch. 1/2/3 seulement, en 10/2000, rubrique "Analyse Fondamentale"
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Dern. mise à jour cette page
13/09/11
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