Analyse financière / pgreenfinch / ch.8

Analyser la rentabilité :

4) ratios et équilibres de gestion

 

pi-egg.gif (104 octets)  Ratios de coûts et de marge

 L'important c'est l'évolution

Maintenant que le compte de résultat [ch. précédents] nous a indiscrètement
dévoilé les montant de chaque catégorie de coûts et de marges, nous allons les
comparer:

Pour ce faire, sans se perdre dans l'océan des millions ou milliards d'euros, de
dollars ou de pesos, on calcule des ratios.

Ce sont, rappelons le, des divisions faites entre deux données (ou agrégats de
données).

Ceux issus du compte de résultats, sur lesquels nous nous focalisons dans ce
chapitre, sont des "ratios de gestion".

Par exemple, l'un d'eux est le ratio de marge nette RN / CA.

En reprenant nos tableaux de l'exemple précédents (ch.6 / ch.5),
il ressort à 8 / (23 + 52) = 0,107 soit 10,7 %.

 

Exemple d'utilisation comparative

Supposons qu'une entreprise ait un ratio Coût de personnel / Production

(ou / Valeur ajoutée) qui est:

=> Il montre, au choix, un handicap de l'entreprise ou
       ... un gisement d'amélioration possible.

(*) Une entreprise très intégrée, chose de plus en plus rare, est celle qui assure
     
quasiment  l'ensemble de la fabrication, avec très peu de sous-traitance ou 

d'achats de composants extérieurs.

 Quelques ratios de résultats particulièrement significatifs

Ratios de coûts



* Coûts d'exploitation

   ==> Frais divers de gestion / VA par exemple 

* Coûts financiers

   ==> RF / VA

En complément,

ratios de productivité

* VA / nombre de salariés

* VA / Immobilisations

Ratios de rentabilité

 

 


 

 

* Marge commerciale / CA (HT),

* EBE (*) / CA (HT)

(*) EBITDA en normes anglo-saxonnes,
      ROC en normes IFRS

* RN / CA (HT)

* Rendement du capital (RN / Capitaux propres)

ou "ROE / Return on Equity"

Ratios de capacité

de remboursement

 

 

* CAF / DLMT

* Ou (RF + coûts de crédit bail) / CA (HT)

* Ou, si on dispose des données, un ratio composite :

(CAF + intérêts payés) /
(Annuités de remboursement + d'intérêts)

Rappel : on trouvera par ailleurs des ratios "d'équilibre financier"
dans les pages d'analyse du haut de bilan et du bas de bilan


pi-egg.gif   Effet de levier, point mort

pi.arlef.gifpi-arrig.gif (1666 octets)  Effet de levier

Dans l'analyse de bilan, nous nous sommes intéressés à l'endettement et à la

trésorerie de l'entreprise.

Poursuivons l'indiscrétion en braquant notre lampe de poche, un analyste ne
doit pas lésiner sur les piles, sur le fameux effet de levier sur les bénéfices
(obtenu à partir d'un ratio de bilan, mais aussi du ratio de gestion RF / VA).

=> Un fort levier financier (beaucoup de dettes) exagère dans les
        deux sens l'effet sur les
résultats des périodes grasses ou maigres.

Ainsi, les affaires très endettées:

Elles payent des clopinettes et cacahouètes à leurs créanciers par rapport
aux bénéfices bien joufflus qu'elles amassent.

Elles peuvent en oublier de surveiller les coûts, tentation classique quand
la vie est trop facile.

Enfants gâtés, va...

Toutefois, c'est dans ces périodes maigres que les entreprises qui ont

     de l'argent dans leurs poches plutôt que des dettes sont les reines
     du marché, ou du moins survivent quand les autres tombent. Elles ont
     trois atouts :

concurrents aux poches vides (achats d'actifs à bas prix, investissements
dans des domaines prometteurs).

 Frais fixes et point mort

Les frais fixes comprennent les amortissements, les frais de personnels
incompressibles
(on inclut parfois l'ensemble des frais de personnel), et les
autres frais difficiles à modifier (loyers, intérêts des prêts à long terme, taxe
professionnelle, entretien etc.).

On les caractérise par leur montant annuel, par exemple 120 ME.

Bien sûr on arrive toujours à abaisser les frais "fixes" par de gros efforts de
rationalisation.

Mais cela prend du temps.

Il est facile par contre... de les augmenter, ils s'en chargent même en général
tout seul si on ne les surveille pas.

Les frais variables sont en gros proportionnels aux ventes.

C'est le cas des achats, du transport de marchandises, de l'électricité utilisée
pour la production, etc.

On les chiffre en pourcentage, par exemple 40 % du montant des ventes.

Si, dans cet exemple, les ventes représentent 200 ME,
les frais variables atteignent :

==> 0,40 x 200 = 80 MF.

En ajoutant les 120 ME de frais fixes, les coûts totaux sont de :

==> 200 ME, donc égaux aux ventes. Aïe !

Ainsi, lorsque les ventes atteignent :


Le point mort (ou, terme plus savant et moins morbide, le "seuil de
rentabilité") est donc le volume de vente minimum pour ne plus
perdre d'argent, ou pour commencer à en gagner, histoire du verre à
moitié vide ou à moitié plein, pour qui oublie l'air qui remplit le reste.

Les entreprises

ont un point mort très élevé.

Cela donne de fortes variations de résultats entre pertes et bénéfices,

pour peu que le vent fasse onduler les ventes comme un champ de blé.

Merci pour les opportunités de spéculation boursière!

Mais, et vous allez dire que je vois le mal partout, c'est une situation
dangereuse
.

L'entreprise n'est rentable que dans les périodes très fastes où elle
tourne
à 95 - 105 % de ses capacités (le 105 % risque d'être coûteux
car le fonctionnement n'est plus optimum), avec des prix de vente élevés,
et à condition que les taux d'intérêts ne soient pas trop meurtriers.

 Grand et petit équilibres de gestion

On s'intéresse au "grand équilibre" pour les affaires qui ont eu des problèmes,
ou qui affrontent un démarrage long et progressif, avant de gagner de l'argent.

Cette notion de trapéziste peut recouvrir plusieurs niveaux d'équilibre, donc
plusieurs définitions.

Elles commencent par :

Suivi de :

"Non seulement le
point mort est
dépassé et l'affaire
devient rentable,
mais de plus..."

 

"... les pertes précédentes ont été également
absorbées"
, ou :

"... le cash-flow couvre de plus les annuités de
remboursement des emprunts",
ou encore :

"... son bénéfice ou son cash-flow sont assez
  importants pour assurer la
rémunération
  minimum du capital
souhaitée par les
  actionnaires".

Par opposition, l'entreprise obtient le "petit équilibre" quand son CA
ne couvre que :

* Les frais variables

* Ou, autre notion d'équilibre, les charges d'exploitation à l'exception
   des "charges de capital"
: amortissements des immobilisations et
  intérêts des prêts à long et moyen terme.


Ces définitions inquiétantes remplissent d'une grande tristesse les
banquiers de l'entreprise.

   Sensibilité des résultats, effets divers

 Sensibilité du résultat

La sensibilité du résultat c'est l'effet sur le bénéfice d'une variation
de 1 % d'un des facteurs de coût ou de revenu
. Si, par exemple,

Si ce cheval fougueux fait un écart de 1 % la marge passe de 5 % à 4,5 % (elle
baisse
de 10 %) ou à 5,5% (elle monte de 10 %).

Un écart de 1 % entraîne une différence de 10 %, donc multipliée par 10 : la
sensibilité est de 10.

Pour être plus concret, on peut parler en valeur absolue.

Par exemple si le prix du kilo de cuivre augmente de 1, un fabricant de câbles
électriques voit son bénéfice net baisser de 32 M et son bénéfice par action
de 1,27 E,

Parfois on peut répercuter le surcoût au client ou le manque à gagner au
fournisseur, mais pas toujours, et avec délais.

Une entreprise, cumulant peaux de banane et patin à roulettes, peut subir
simultanément plusieurs facteurs volatils déterminants, par exemple le
prix des matières sur le marché mondial et le taux de change du pays où elle
les importe, les transforme ou les revend.


pi.arlef.gif  Attention aux illusions :
           redressements spectaculaires des résultats, effets de pyramide

Les redressements spectaculaires de résultats de certaines entreprises
font souvent apparaître leurs dirigeants pour des génies aux doigt de fées.

Une entreprise peut afficher une augmentation stupéfiante de sa rentabilité si,
sur la même année, elle :

(*) coûts de licenciement, provisions pour créances douteuses, réfaction
      sur la valeur des stocks...)

On peut jouer en Bourse ces "valeurs de retournement"... mais sans être
dupe, ne serait-ce queparce que,
après ce résultat exceptionnellement bon, les
effets positifs non récurrents disparaîtront.

L'effet de pyramide, on ne fait ici que le répéter, ne prenez pas de notes, est
la superposition de plusieurs effets de levier financiers

(accumulation d'endettements) dont les incidences se multiplient entre elles.


Avec 1 F de capital (et 10, 15 ou 20 F de dettes), on obtient 1, 2, 3 F de
bénéfices (==> return on equity : 100, 200, 300 %)... ou, dès que cela
tourne mal, de pertes.

Parlons maintenant du tableau / plan de financement [ch.9],
avant le bouclage de l'analyse [ch.10]

pi-separ.gif (1205 octets)

Publié sur les sites :
    p. greenfinch [ch.1] [ch.2] [ch.3][ch.4] [ch.4bis]
                               [ch.5][ch.6] [ch.7][ch.8] [[ch.9] [ch.10]
et
Zonebourse, (ch. 1/2/3 seulement, en 10/ 2000, rubrique "Analyse Fondamentale"

Dern. mise à jour cette page 25/11/14
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