Analyse financière / peter greenfinch / ch.5

Analyser la rentabilité :

1) premiers SIG : activité, valeur ajoutée

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  Le compte de résultat et les SIG

Le Compte de résultat indique à la queue leu leu, de façon propre et bien
rangée, les montants des revenus et des coûts de l'entreprise sur une
période donnée.

Une cascade d'éléments qu'on appelle aussi les flux d'exploitation.

La déduction successive de chaque catégorie de coûts dégage des marges
également successives : les "SIG - Soldes intermédiaires de gestion".

Voici un tableau résumé qui vous présente toute la famille des SIG.

Depuis l'aïeul, le Chiffre d'affaires, jusqu'au rejeton final,
la marge ultime, le distillat suprême sorti de l'alambic
comptable : le Bénéfice net.

Enfin, disons le Résultat net, vu que c'est parfois une perte.

Calcul du SIG

N° / Nom du SIG obtenu

Chiffre d'affaires commercial (Hors Taxes)
     Achats (commerciaux)   (*)
     +/- Variation Stocks commerciaux

 

= 1. Marge Commerciale

Chiffre d'affaires productif (Hors Taxes)
   +/- Variation Stocks produits  

 

= 2. Production

1 + 2 - Autres Achats consommés (*)

= 3. Valeur ajoutée

3 - Frais de personnel, impôts et taxes
(hors impôt sur le bénéfice)

= 4. EBE (Excédent Brut
       d'exploitation)

4 +/- Autres produits / charges d'exploitation

(frais divers de gestion, amortissements... )

= 5. RBE (Résultat Brut
        d'Exploitation

(Produits -charges) financiers
(intérêts reçus, à recevoir, payés, à payer...)

= 5b. RF (Résultat
         financier)

5 +/- 5b

= 6. RC (Résultat courant
       avant impôts)

Produits exceptionnels - charges except.,
dont provisions / reprises de provisions et
plus / moins values de cession d'actif

= 7. RE (Résultat
       exceptionnel)

6 +/- 7 - Impôt sur le bénéfice

= 8.  RN  (Résultat net)

(*) Ces achats par exemple n'incluent pas, cela va sans dire mais autant le
      dire, les acquisitions d'immobilisations (comptabilisées directement au
bilan
).

Bon, parfois vous trouverez des comptes de résultat simplifiés ne faisant pas
apparaître tous ces soldes.

Mais hein, on est là pour faire les choses bien, pas vrai ?

Alors suivons d'un bout à l'autre ce chemin de croix ou, pour être plus festif,
ces tortillons successifs de l'alambic, .


       Détail des 3 premiers SIG
qui aboutissent à la valeur ajoutée.
 

Dans ces exemples, les chiffres sont en Meuros (millions d'euros)

Dans le Compte de résultat, les activités sont réparties en deux catégories :
celles purement commerciales et celles de production de biens et services.

Activités commerciales

(achat revente de marchandises)

Activités productives
(production de produits
et prestations de services)

La marge brute commerciale est la différence entre le
montant des ventes de marchandises en l'état et leur
coût d'achat
.

C'est l'élément de base du résultat des entreprises
commerciales
(négoce ou détail)

Heu, on n'oublie pas quelque chose ?

Ah oui, la variation des stocks. Eh oui, on a pu vendre
des marchandises achetées l'an dernier, et en conserver
d'autres à vendre l'année prochaine. N'oublions pa non
plus de déduire du coût d'achat les ristournes qu'on à
reçues.

La production de l'exercice regroupe celle
vendue, celle stockée (ou le déstockage) et
celle immobilisée.

C'est l'élément de base du résultat des
entreprises de fabrication ou de services
.

Là encore, ne pas oublier la variation
des stocks de produits

(attention, celle de matières ne figure pas
ici, mais dans le poste "consommations"
dont on parlera plus loin).


Ventes HT de marchandises 
(moins ristournes sur ventes).

Achats HT de marchandises  (moins ristournes
sur achats + frais accessoires d'achat.).

Variation des stocks de marchandises.

23

 

 (11)

(1)

Ventes HT de produits, travaux,

services  (moins ristournes sur ventes)

Immobilisations produites par
l'entreprise

Variation stock de produits
(finis et en cours de production)

52
 

1

4

Solde n° 1 : Marge brute commerciale

11

Solde n° 2 : Production de l'exercice

57

pi-egg.gif (104 octets)  Chiffre d'affaires

Le Chiffre d'Affaires (CA). regroupe les facturations hors taxes (donc sans
la TVA)
de la période, que ces facturations soient déjà encaissées ou non.

Il s'agit des ventes de marchandises, produits, services au cours de l'exercice
dans le cadre de l'activité courante

(ben oui, ne comptez pas la revente du vieux bureau empire de l'ancien PDG vu
que le nouveau préfère le mobilier genre poste de commande Star Wars).
 

Dans le tableau ci-dessus, le CA est de:

23 + 52 = 75

La hausse ou la baisse de ces facturations d'une année à l'autre (ou mieux,
sur plusieurs années) montre si l'affaire 

Attention cependant, le but d'une entreprise n'est pas seulement de
facturer, mais d'être payée.

Il est à ce sujet utile de jeter un coup d'oeil sur la jauge d'huile pour voir
si les créances ne progressent pas plus vite que les ventes.

Surveiller donc:

  Marge commerciale (précisions)

Le calcul de la marge commerciale s'applique à la partie des ventes
qui ne provient pas des fabrications de l'entreprise
, donc aux
marchandises qu'elle achète pour les revendre directement.

Les entreprises commerciales, qui se sont aperçues que tout le monde
ne peut pas directement
aller chercher ses oeufs à la ferme et qu'il fallait
donc des distributeurs et intermédiaires, n'ont pas
de ligne "Production"
dans leurs comptes, seulement une Marge commerciale.

  Production (précisions)

Lorsque la société produit des biens ou certains services, le compte de
résultat comporte une ligne Production
( = ventes + production stockée - ventes sur stocks antérieurs).


Ce poste mesure son activité... productive, en incluant, non seulement less
productions vendues dans l'année, mais aussi celles de cette même année,
terminées ou non, qui sont stockées
et seront vendues l'année
suivante, enfin espérons-le !

Attention donc là-aussi : il faut se rappeler que le but d'une entreprise
est de vendre et non de
stocker en grandes quantités (quoique le bon
vin...), d'autant que cela mobilise de la trésorerie,
et qu'un doute puisse
exister sur la valeur de stocks non vendus, il pourrait s'agir de rossignols
dont aucun client ne voudra.  

  Consommations

 

Dans la "marge commerciale", on a déduit les achats des marchandises, mais
pas les autres "consommations". 

Par contre dans la "production", on n'a déduit ni les achats de matières, ni les
consommations.

Les consommations, c'est ce que les tiers fournissent à l'entreprise, ce qui
comprend la liste de courses suivantes:


* Approvisionnements (matières et fournitures utilisés, là encore
    intégrer la variation
des stocks), 
* Personnel et services externes (travaux à façon, loyers, assurances,
   intérêts, transports,
publicité, redevances de crédit-bail, etc).
* Sans oublier de déduire les ristournes sur ces achats et charges


OK, mais où va-t-on tenir compte de ces "consos", qui n'ont pas été déduites de
la marge commerciale et de la production ?

Nous y arrivons, chers amis.

 

  Valeur ajoutée (VA)

 

L'entreprise ajoute de la valeur aux consommations de biens et services qu'elle
s'est procurée auprès des tiers.
Ben oui, sinon on ne voit pas à quoi elle servirait !

Quand on fait la différence entre la production globale et les
consommations
, on obtient la "valeur ajoutée produite".

 

Hé, minute, c'est quoi ce nouveau truc, la production "globale" ?

Héhé, difficile de vous semer, z'avez l'oeil !

Bon, c'est simplement le revenu d'ensemble regroupant le petit duo rencontré
plus haut : marge brute commerciale et production

Solde n° 1 : Marge brute commerciale
Solde n° 2 : Production de l'exercice

11
57

= Production globale

68

- Consommations

- 22

Solde n° 3 : Valeur ajoutée produite

46

La Valeur ajoutée montre la richesse créée par l'entreprise.

Pour une entreprise parasite, qui détruit des richesses, style de certaines
entreprises d'Etat
, où ce qui sort vaut moins que ce qui entre,

on devrait parler de valeur absorbée. Je suis mauvaise langue, je sais !  

 

Remarque 1

On trouvera des ratios VA / CA très différents entre:

Remarque 2

Il s'agit d'une valeur ajoutée brute.

Cela veut dire que la "consommation d'investissements" (la dotation aux
amortissements) n'a pas été déduite avec celle des biens et services.

Si on la déduit, on obtient la VA nette.

 

Remarque 3

La VA est aussi souvent présentée comme une somme, un gâteau
dont les parts iront à l'Etat, aux travailleurs, aux investissements, aux
prêteurs, aux capitaux propres.

Le prochain chapitre [ch.6], ben oui, c'est un roman à épisodes, montre
comment ces parts de gâteaux sont retranchées pour aboutir aux SIG
suivants.

 

Remarque 4

Valeur ajoutée et TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée).

On a vu que tous les chiffres indiqués plus haut sont hors TVA. L'entreprise
ne va quand même pas confondre sa poche et celle de l'Etat.

Elle n'est qu'un percepteur qui a prélevé aux clients cette taxe qu'elle doit
lui reverser.

Pas bête, l'Etat, de faire faire son travail de collecte pour ses bonnes oeuvres
par une myriade de tiroirs-caisses d'entreprises, pas vrai ?

L'entreprise tient donc un compte spécial de TVA, totalement à part du
compte de résultats, qui matérialise la TVA qu'elle doit à l'Etat.

Ce compte cumule :

* d'un côté la TVA que l'entreprise a perçue de ses clients, autrement dit qui
   est
"à payer"  à l'Etat
* de l'autre côté celle que les fournisseurs ont prélevé sur leurs propres ventes
   à l'entreprise et
qui est "à récupérer" de l'Etat.

Tous les mois ou trimestres le solde est à reverser à l'Etat. Si, si, il y tient !

Et maintenant, les SIG suivants [ch.6]

separ

Publié sur les sites :
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                              [ch.5] [ch.6][ch.7] [ch.8][[ch.9][ch.10]
et
Zonebourse, (ch. 1/2/3 seulement, en 10/ 2000, rubrique "Analyse Fondamentale"

Dern. mise à jour cette page 25/11/14
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