Le capital #II (The new capital)

   Peter Greenfinch

Partie A2: évolution, genèse du capital

Voir aussi Parties A1, B1 et B2)

 

 Comment est né et s'est développé le capital ?

 Les grandes phases d'évolution

Phase 1. Naissance

Aux débuts de la civilisation, les hommes disposaient pour produire d'outils (et
savoirs) très limités.

La production utilisait essentiellement du travail humain et des ressources
naturelles.

Le facteur "capital", tant matériel (outils en pierres taillées...) qu'intellectuel
llangage, art du feu...), était minime.

Le capital est né des premiers biens créés par le travail qui, au lieu d'être
directement consommés
, furent:

Stockés pour une consommation future (on pourrait parler de capital disponible)

Ou mieux, utilisés pour produire d'autres biens (on à alors du "capital investi", du 
    capital pur et dur).

Cet investissement fut le cas par exemple de la conception et fabrication d'outils
(dont certains virtuels, coùme le calcul et l'écriture il y a 7-8000 ans), et de l'aide
trouvée par nous les bipèdes en domestiquant certains quadrupèdes et quelques
volatiles.

Cette origine du capital a conduit les économistes classiques à considérer celui-ci
comme du "travail mort".

On dirait plutôt de nos jours des fruits du travail mis de côté à des fins productives ou,
en raccourci, une épargne productive.

Phase 2. Formalisation

Sont nés ensuite des droits de propriétés qui ont matérialisé le facteur de production
"capital".

Ils furent d'abord défendus (ou acquis) par la force, puis devinrent peu à peu:

Juridiquement délimités (par exemple propriété foncière, notamment agraire).

On notera que le mot capital vient du latin "capita" et représentait au départ le
nombre de têtes de bétail détenues.

Echangeables, et même monnayables.

On voit que l'invention des échanges, de la monnaie et du droit (et en parallèle
de l'écriture), dont le rôle fut décisif (et l'est toujours) pour le passage à une
véritable économie, a aussi facilité une première accumulation de ces moyens
par certains, éventuellement sous par sous.

* Phase 3. Recyclage

Au démarrage de la révolution industrielle, le capital qui a servi à investir dans la
production provenait de profits accumulés sous forme monétaire dans le négoce, et de
l'arbitrage progressif de capital agraire, vers les nouvelles activités.

En l'absence de sources plus larges de financement, ces fonds étaient recyclés dans un
cercle étroit de personnes ayant les moyens de participer à des projets de fabrication
d'envergures limitées.

* Phase 4. Mise en commun

Puis, ces sources ne suffisant pas, les financements se firent peu à peu de façon
plus massive, organisée et publique.

L'épargne du public fit mise à contribution par les banques et les bourses créées
pour la receuillir et l'affecter aux projets économiques. Elles permirent d'investir
notamment dans les chemins de fer et l'industrie lourde, gros mangeurs de capitaux.

Surtout le capital s'est trouvé coté, chiffré, ce qui permettait de voir sa valeur
augmenter (si tout se passait bien).

Avec toutefois coexistence pendant un certain temps de la notion de "rente", en tant
que recherche d'un revenu régulier,le gain en capital n'étant pas encore l'objectif
prioritaire des porteurs de titres.

* Phase 5. Ingénierie financière

Enfin, aux 20e et 21e siècles, le capital s'est diversifié par la création de multiples
instruments financiers négociables de façon quasi instantanée
, permettant
d'anticiper tant les variations de valeur que les risques.

Ainsi est née et s'est développée de plus en plus, lors des phases 4 et 5, une sorte
d'ingénierie, d'industrie du capital.
Cette fonction très structurée d'allocation des capitaux, fut cruciale pour transformer
l'économie traditionnelle (agriculture, artisanat, commerce) en économie industrielle.

Un prix Nobel d'économie, Hernando de Soto, a pour thèse principale
que le développement économique passe par la "fongibilité" des actifs,
qualité essentielle pour créer et accumuler du capital.

Cette fongibilité a pour caractéristiques nécessaires que la propriété de
ces actifs soit garantie juridiquement et aussi qu'ils soient faciles à
vendre et à acheter,
autrement dit aisément échangeables contre de
l'argent
sur la base d'un prix (dit de marché) reconnu valable par les

parties.

  Incidence sur la nature de l'économie 


Au total
, l'économie a muté d'une situation où elle progressait peu et était essentiellement vers
la subsistance,
vers une création, une production et un échange croissant de biens et services,
et aussi de moyens pour les produire.

C'est ce qu'on appelle le développement économique.

Cette mutation de l'économie, et notamment cette modification des façons d'alimenter son essor,
répnd clairemmentà la définition de tout phénomène d'auto organisation propre aux
systèmes dynamiques.

Un tel phénomène se caractérise, quand une masse critique est atteinte et dépassée,
par l'apparition de
"propriétés émergentes", inexistantes auparavant.

C'est ainsi que la nature même des concepts économiques a changé, et entre autres le
concept "capital"
.
Ce dernier ne s'est plus seulement accumulé, mais s'est aussi auto-généré, comme l'un des
fruits à la fois de l'essor économique obtenu et de l'anticipation de l'essor futur, qu'il contribue
à créer.

 Qu'est devenu le capital, et comment interagit-il
     avec le marché financier ?

Incidence de la financiarisation sur le capital

Par nature, le capital engagé dans une entreprise comprend traditionnellement les
capitaux propres et les capitaux empruntés.

La tendance habituelle est de considérer les premiers comme le vrai capital, ou "capital à
risque" au sens de "prise de risque d'un investissement économique dont on attend
un revenu important mais aléatoire".

Toutefois, l'évolution que l'on appelle la financiarisation est marquée par:

Une diversification fulgurante des types et instruments de crédit et de capital

(et aussi une croissance spectaculaire des volumes en jeu et de l'internationalisation
de ces flux),

De plus en plus d'interactions entre ces types et secteurs de financement. ces types

   et secteurs de financement.

Ainsi, les frontières entre les divers "instruments financiers" sont devenues
très poreuses
. En voici quelques aspects:

Les prêts à long terme, voire même des prêts relais à court terme   
   contribuent largement à financer les investissements.

Les prêts forment une gamme très variée, avec des risques très divers.

Ils peuvent ainsi avoir des caractéristiques plus ou moins proches du
capital, au sens qu'ils ne sont pas sans risque (évolution des taux de
marché, de la valeur de la monnaie prêtée / empruntée et bien entendu
de la solvabilité de
l'emprunteur).

Le caractère aléatoire varie avec le type de prêt (ce qu'on appelle des
"obligations pourries" ou les titres représentatifs de "prêts subprimes"
(titrisation, voir ci dessous) sont largement aussi risquées que la plupart
des actions).

Il y une croissance des opérations à "effet de levier" par lesquels
   est utilisé le minimum de capital propre et le maximum de capital
  emprunté:

- Fonds de "capital non coté" (voir plus loin) dits aussi de "capital
   investissement" ou "private equity" opérant des "rachats d'entreprises
   par effet de levier",

- Et aussi "opérations dérivés" commentées plus loin, et notamment
   dans la  partie B1).

On a constaté un développement exponentiel de la "titrisation" (*)
   et des fonds structurés.

Ces derniers combinent portefeuille de crédits et produits dérivés,
transforme toutes sortes de prêts bancaires en instrument liquides (sauf
accident !), car négociables sur les marchés ou émis et négociés hors
marché.

(*) notamment par les fameuses "CDO / centralized debt
     obligations".
     Ce sont des titres obligataires garantis par un "portefeuille
     structuré", autrement dit
visant à optimiser le rapport revenu /
     risque, de crédits qu'ils soient
hypothécaires, gagés ou autres.
     Cela dit ils peuvent recéler, cachés au fond du panier, comme
     l'histoire récente l'a montré, outre quelques produits dérivés
     acrobatiques, des prêts hyper boiteux (voir ci-après les
     remarques sur la qualité du capital).

La mauvaise qualité de ces actifs, combinée avec les
     effets de
levier mentionnés ci- dessus a créé de sérieux
     revers (crise des 
subprimes), avec menace d'une crise
     financière systémique.

Les opérations en capital s'étendent maintenant à de nombreux actifs,
   ce qui ne couvre donc plus seulement les moyens de production.

Devient primordiale la notion d'actifs négociables, qui couvre des
choses aussi diverses que, outre les matières et l'énergie, les assurances
contre la volatilité des taux d'intérêts, l'échange des droits à polluer, etc.

On passe d'un bien matériel à un titre ou un contrat, lui même
transformable en bits électroniques, aisément transférables de
banque à banque
au gré des échanges (achats - ventes) de marchés
et des virements.

Effets sur la "qualité du capital".

Ces évolutions ont créé un flou certain dans l'appréciation du capital, et notamment une
absence de transparence sur la localisation des risques entre les diverses institutions
financières.

La "crise des subprimes" doublée des difficultés de refinancement du "private equity"
a montré qu'il peut être bon, sans renoncer à la floraison des nouveaux outils et à
l'accélération de la mobilité et de la dissémination des fonds et des risques associés:

D'une part d'améliorer l'information financière et les mécanismes de contrôle

D'autre part de veiller à la qualité du capital en privilégiant un peu plus le capital stable
   et notamment les
capitaux propres, pour ne pas tomber dans le "capitalisme
   sans capital"


 Depuis lors, c'est le marché (ou à défaut les critères de marché) qui

définit le capital et sa valeur, en fonction de sa perception du futur.


On vient donc de voir qu'une bonne partie du capital, en devenant facilement et instantanément
échangeable, a muté en une denrée de marché.

Cela fait que sa valeur obéit maintenant à des critères de marché.

La valeur est une anticipation.

On admet généralement que le premier critère d'évaluation d'un actif productif
(investissement) ou du moins porteur de revenus (placement) est que sa valeur, et
même son existence et justification, se définissent par rapport au futur,
ou plutôt à l'anticipation et la perception du futur
. N'importe quel actuaire
part de là pour évaluer un actif.

Cette valeur ne tient donc pratiquement pas compte de la dépense d'investissement
initiale
(sunk cost) même si les investisseurs peuvent, dans leurs estimations de valeur, faire
une fixation mentale sur le montant de cette mise de départ):

Elle part essentiellement du "goodwill" (on parle parfois de "rente de situation")
   et non des actifs physiques
.

Elle tourne autour de l'optimisation de deux notions : maîtrise des risques et espérance
   de rentabilité future.

Celle-ci, dans un monde en changement rapide, remet cette valeur fréquemment en
question.

Les situations acquises (et donc le goodwill mentionné plus haut) deviennent plus
fragiles

Donc la conception du capital et de sa valeur est devenue à la fois:

Moins physiquement patrimoniale que dans le passé (amasser des terres).

Moins basée sur des coups momentanés, des spéculations sur des affaires au coup
   par coup
(par exemple la bonne fin  d'une cargaison d'armateur).

Enfin, cette valeur contient une part de subjectivité (anticipations).

Cela s'accorde bien avec le mot valeur lui même, qui est un concept lié aux
préférences
, individuelles et/ou collectives.

Cela est parfois rendu de façon simplifiée sous forme de modèles quantitatifs et
apparemment objectifs de valorisation mais qui partent de présupposés sur ces
préférences.

Et ce sont les marchés qui chiffrent cette anticipation.

Les marchés financiers essaient de traduire ces évaluations sous forme d'un prix courant
(cours, taux
).

C'est ce prix qui est le seul élément objectif qui soit disponible.

La transformation du capital en outils négociables sur les marchés (actions, capital
financier) crée cet échange.

Elle fait de ces marchés le juge et l'acteur de la création du capital, et l'outil qui mesure, en
lui fixant un prix, la création de valeur.

Le capital a donc d'autres sources que le simple investissement initial et l'accumulation de
"profits" passés, contrairement à ce que certaines théories traditionnelles indiquent.

Le capital représente essentiellement la valorisation des perspectives futures (risques et
profits attendus)
d'un instrument financier, plus ou moins bien matérialisée par les
cotations boursières.

Le capital matérialise un pari et n'a d'autre valeur
que ce que vaut ce pari sur le marché
.

Les économistes ont du mal à intégrer l'idée d'une valeur, tant des biens et services que
des actifs qui contribuent à les créer, qui est déconnectée des investissements et coûts,
et est tournée vers les anticipations futures, en partie subjectives.

Pourtant c'est ce qui se passe. Alors, retour sur la planche à dessin, les théories de la
valeur et les théories du capital!

 Des bémols sur le rôle du marché comme moyen d'accès au capital:

levier, capital fermé, public, commun, de gré à gré...

Le capital privé, la titrisation....

On a assisté ces temps-ci à une nouvelle phase (mentionnée également plus bas dans
la section "qui détient le capital ?"), celle où les placements collectifs, et surtout les
placements privés (fonds de "capital non coté"/ "private equity"), eux-mêmes
non côtés en bourse, se sont multipliés (voir partie B1).

Ces derniers sont souvent présentés comme un moyen d'échapper à la volatilité et la
gestion à court terme.

Et comme un apport de professionnalisme managérial.

Ces fonds privés sont pour le moins un frein et un écran à l'accès direct du public au
marché.

Leur image s'est d'ailleurs un peu ternie et leur activité un peu ralentie.

De plus ils utilisent largement le crédit (effet de levier) autrement dit transforment du
crédit en capital.

C'est l'un des phénomènes liés à la financiarisation citée plus haut, qui est une perméabilité
entre les instruments de capital et les instruments de dette.

Cela n'est pas sans risques si la valeur de l'investissement décline ou si les crédits étaient de
mauvaise qualité au départ,comme l'a montrée une autre pratique, la titrisation des crédits
immobiliers, souvent de gré à gré
(voir ci-dessous) à l'origine de la fameuse "crise des
subprimes" américaine en 2007-2008.

Le gré à gré et l'offre segmentée.

De même se développent les opérations sur contrats dérivés "de gré à gré" ("over the
counter"), autrement dit qui ne passent pas par un marché de confrontation directe
d'acheteurs et vendeurs, mais qui sont (soigneusement, enfin on l'espère) mitonnés
par des établissements financiers et offerts à leurs guichets, dans leurs bureaux feutrés,
ou par leurs systèmes online.

De même les organismes se vendent entre eux des "produits structurés" dans le cadre
de la titrisation qui assemblent divers classes d'actifs (notamment des crédits).

Cela peut s'expliquer par une "segmentation" des produits et clients, traduisant que la
finance n'est pas seulement une industrie de masse échangeant des produits banalisés.

Un certain frein au développement de ces activités est maintenant constatée suite à des
alertes d'illiquidité.

La tentation du capital public.

Un autre avatar est celui du développement de "fonds d'investissement souverains" par
les pays connaissant des excédents commerciaux et monétaires (cela va de la Norvège à la
Chine)
investissant dans des entreprises étrangères ou domestiques.

La tentation colbertiste / étatique / protectionniste d'avoir des "champions nationaux"
politiquement contrôlés reste présente

Une réduction durable du rôle des marchés ?

Cette réduction du rôle des marchés organisés (bourses), au profit d'un "capitalisme
fermé"

- peut amener moins de transparence, de fongibilité et de liquidité dans ce système
  qu'est le capital.

- peut à l'inverse lui apporter une meilleure stabilité et efficacité en l'absence de variations
   erratiques de prix sur les marchés

La question est donc de savoir si, après une certaine bulle momentanée et maintenant
une phase de ralentissement et de tri, ces nouveaux instruments connaîtront une évolution
structurelle durable.

Le capital commun

Reste la question du capital commun (patrimoine matériel ou culturel) commun, à
l'humanité, à une population, à une collectivité, (et aussi, dans une certaine mesure,
aux membres d'une coopérative, voire d'une association.

C'est un capital sans prix de marché, ni même de prix de gré à gré, bien entendu, mais
qui a quand même une valeur généralement positive (mais pas forcément toujours).
Il est tout aussi difficile, en général, d'estimer sa contribution.

Enfin, par définition, on peut encore moins attribuer une valeur à une création bénévole

(par exemple, suivez mon regard ....un site économique d'accès gratuit ;-)).

L'internet est devenu un gisement important de ressources libres et gratuites sous forme
de "capital savoir"

(voir les nouveaux défis de la gouvernance économique)

Comment, de nos jours, est généré le capital ?

Accumulation ? Ou création / destruction ?

     Ou simple anticipation / perception ?

Là où la définition classique du capital que nous avons vue plus haut ne suffit plus, c'est que

Le capital n'est pas seulement l'un des facteurs de l'économie, mais il est aussi une
production de celle-ci
, un peu comme l'est un bien matériel ou un service,


Comme la plupart des produits et services, il est de plus en plus facilement
   échangeable sur le marché contre:

du liquide (monétarisation),

ou un autre capital,

ou bien entendu d'autres biens et services.


Il peut, nous l'avons déjà dit, être produit et stocké autrement que par accumulation

(voir ci-dessus comment s'est faite l'évolution).

En fait de nos jours le capital se génère et se détruit jour après jour, par le biais
notamment de son évaluation par le marché.

Celle-ci est elle-même le produit des anticipations et perceptions des opérateurs.

Le capital peut ainsi apparaître et disparaître, un peu comme certaines cellules du
corps, ou comme un fleuve,qu'on ne voit jamais deux fois, puisque la fois suivante,
l'eau n'est plus la même.

Le capital a certes pour origine une création et une
acumulation, maia il n'est au final qu'une
anticipation et perception de valeu


Les sources qui génèrent le capital, au sens financier


On peut ainsi s'inspirer de l'alchimie financière comme en parle Soros.

En dehors de l'investissement de départ "qui s'use" (entropie) et du réinvestissement par
autofinancement / réserves, participent à cette alchimie des sources diverses:


Les anticipations de rentabilité, et, en appui d'elles, le fait que, à l'époque de
    l'immatériel 
et du complexe, le capital est aussi un produit de

L'idée. Les savoirs et facultés humaines sont du capital, traduisibles tant en actifs
   
endogènes (moyens de production) qu'en capital financier négociable.

La situation de l'entreprise voire du pays par rapport à ses marchés (forces
   
de Porter, différenciation compétitive, rente de situation méritée ou non).

Au total, la constitution d'un goodwill / badwill qui ne passe pas le compte de
    résultat
:
organisation, savoir, plus values sur actifs.

La mesure de ce goodwill est une capitalisation / actualisation
financière (*) de deux "rentes"
:

* Celle de savoir / innovation,

 * Celle venant de la différentiation compétitive: situation

géographique et clientèle (niche ou oligopolisation).

Une rente souvent justifiée par le mérite de l'entreprise, parfois
aussi usurpée par des manoeuvres
anti concurrentielles, il faut
l'admettre.

(*) calcul permettant, à partir d'une somme à recevoir ou a payer
     dans le futur, minorée par des taux de rendement "standards",
      de donner sa valeur aujourd'hui.


Des phénomènes propres à la gestion financière des entreprises: changements de
  
l'allocation entre travail et capital, entre capitaux propres et emprunts...

Le sentiment / la perception des investisseurs, qui en fixe la valeur sur le marché

financier, en la transmutant en perspectives de variation du cours et risques concernant
cette variation.

D'autres phénomènes endogènes aux marchés d'actifs financiers

des tactiques de gestion de portefeuille entraînant arbitrage, diversification ou
    sélection,

un rôle particulier de la situation monétaire, conditionnant l'abondance ou non des
   
liquidités dans l'alimentation de ces marchés.

Certes, cette approche de la valeur, et par répercussion, celle du capital comme objet
qui découle d'une évaluation, rejoint un peu la vieille notion d'utilité.

Il n'y a pas de capital s'il n'y a pas d'utilité, au sens courant comme au sens d'origine dû à
Daniel Bernoulli.

Utilité oui, mais avec des composantes très complexes et de gros facteurs d'incertitudes.


Une surabondance de liquidités
(comme nous le montrerons ci-après), ou un
optimisme excessif des investisseurs, aboutissent à créer du capital
, puisque
l'argent s'engouffre dans des actifs financiers et fait monter leurs prix, mais cette
création peut disparaître quand la liquidité se restreint où le sentiment s'inverse
.

Les actuaires, qui certes permettent de transformer en valeur présente des anticipations

de gains, risques et pertes, trouvent eux aussi leurs limites dans ces cas.

L'utilisation de la psycho sociale et de la théorie des systèmes dynamiques seront
nécessaires pour mieux saisir cela.

 

Capital et monnaie, quel rapport entre les deux ?

La monnaie est un droit de propriété potentiel sur l'ensemble des biens et services
vendables.

L'argent liquide dont un agent économique dispose ou dont il peut disposer (en vendant des
biens, en empruntant, etc.) peut être considéré comme un capital (ou proto-capital) mais
seulement s'il est destiné à être investi dans un projet économique.

Le capital, de son côté, ne rend propriétaire que de moyens ou organismes de production.

Par ailleurs le capital, engagé dans un tel projet, n'est guère utilisable comme monnaie, car sa
valeur est très peu stable, en tout cas moins qu'une monnaie officielle.

Toutefois :

Le capital au sens actuel dérive en partie de l'existence de la monnaie.

Celle-ci permet l'acquisition et la cession du capital, et mesure sa valeur
(fongibilité, liquidité).

Or le capital est de plus en plus monétisable, nous l'avons vu. Les techniques de transfert
de risques étendent le périmètre des marchés à de nouveaux actifs financiers ce qui améliore
la liquidité globale du système financier par un effet de masse et d'accélération des flux
de capitaux.

Sans parler des effets de surliquidité propre au système monétaire international où
chaque monnaie a partiellement comme contrepartie l'existence de réserves en
d'autres monnaies plutôt qu'en autres actifs.

D'où notamment la facilité de refinancement du déficit budgétaire américain par des
banques centrales étrangères thésaurisant massivement les dollars émis par les
banques américaines pour régler ...le déficit commercial américain).

Au total, un gonflement de liquidités tend à favoriser l'accroissement du capital
(comme quoi le keynésianisme avantage directement le capital, et seulement indirectement
le travail).

Il contribue à l'accroissement des prix des actifs tant physiques que financiers, en parallèle
avec la quantité de monnaie créée, et souvent au delà :  s'il y a trop de liquidés les gens
se méfieront de la monnaie et feront des placements paraissant moins bâtis sur du vent,
ce qui fera monter leurs prix.

Un énorme bémol toutefois: cet accroissement peut se faire au détriment de la qualité du
    capital.

Certains actifs sans grande valeur peuvent se trouver surévalués, l'effet de levier mentionné
plus bas peut devenir excessif.

La découverte de des failles géologiques dans le capital peut alors conduire à un
effondrement des actifs surgonflés
, pouvant entraîner celui d'autres actifs par effet
de domino : c'est le crash financier, une forte diminution du capital au sens financier.

Certaines opérations à effet de levier, nous l'avons-vu transforment du crédit,provenant
   de l
'émission de monnaie, en capital.

Parfois le capital sert même d'alternative à la monnaie lorsque celle-ci n'inspire pas

confiance, les gens préférant alors placer leur argent plutôt que le conserver.

Cette fuite devant la monnaie peut expliquer certaines bulles de prix affectant d'autres types
d'actifs, leur prime de risque devenant négative puisque c'est la monnaie disponible et non
pas les autres actifs qui est considérée risquée.

Le capital est parfois aussi créateur d'une forme de monnaie (les actions sont offertes
  
en paiement dans une OPE par exemple)

pi-arrif Le marché des capitaux, détermine le prix du capital.

Il permet cette fongibilité du capital évoquée plus haut, la possibilité de le transformer en
une somme d'argent.

Le marché évalue le goodwill, et réajuste cette évaluation en permanence.

De ce fait le marché révèle en quelque sorte l'existence du capital
et détermine son montant
.

Le marché peut être considéré comme créant du capital (par la hausse des cours)
ou en retirant (par la baisse) un peu comme les banques créent ou détruisent de
la monnaie
en accordant du crédit ou en étant remboursées.

C'est quand même une interprétation un peu limite. Certes, une hausse ou baisse
des cours crée ou retire des moyens financiers  pour investir dans de nouvelles
activités, mais elle ne change les capacités de production anciennes que si cette
hausse ou baisse reflète directement la hausse ou baisse prévisible des
performances de ces moyens de production.

C'est là que la notion classique du capital garde une certaine présence.

Encore un aspect de la complexité de la notion de capital.

 

Le droit de propriété sur un centre d'activité et sur ses performances,

    comme forme de capital

Il faut aussi partir d'une conception moins matérialisée, plus virtuelle et plus globalisée de
l'outil de production.

Cet outil est certes du capital, mais au final le capital est un droit sur l'entreprise elle-
même
et sur ses performances plus que sur ses seules machines. C'est un élément de
patrimoine basé sur un centre d'activité, et encore plus simplement sur les performances
de ce centre.

Il est représenté par des titres fongibles de propriété ou de créance, largement disséminés,
un peu comme de la monnaie.

D'ailleurs la dématérialisation de la monnaie va de pair.

Bon, il y a d'autres volets plus actuels, dont nous allons parler, tels que:

du point de vue économique, le capital-savoir, les rentes de leadership de marché...

du point de vue financier le démembrement de la propriété avec cotation séparée
  
des risques (marchés dérivés) et du rendement (voir plus loin le développement des
   instruments financiers), et aussi 
la mise en commun dans des  portefeuilles de fonds
   commun de placement

. 

Conséquence pour la théorie économique.


Pour la compréhension de l'économie, et en particulier de l'incidence de ce facteur de
production, en micro et macro-économie, cette mutation de la nature du capital,
désormais basée sur la valeur attendue, montre l'importance cruciale de l'évaluation
financière
.

C'est une chose que pouvaient difficilement comprendre les économistes classiques à une
époque où le capital était un actif bien plus difficilement échangeable sur des marchés, et
où donc les conditions de la réflexivité n'étaient pas réunies. Ils sont passés à côté de
certaines possibilités lorsqu'ils ont bâti leurs théories de la valeur.


Il ya également mutation de la notion de rentabilité du capital.(voir sur ces deux
points (voir la section "que rapporte le capital économique et que vaut-il").

Et ne parlons pas de la mutation de ce qu'on appelle la production, à notre époque où
l'information est devenue une denrée de base et où les services représentent la majeure
partie de ce que produisent entreprises et administrations.

separ

Contenu de la section "économie" (en français) : 

Définitions. de base,  Nouveau capital (A1, A2, B1, B2),

Gouvernement économique Yin-yang & curseur,  Nouvelle économie,  

Obligations indéxées PIBEconomie comportementale. Décision economique

      Dernière mise à jour de cette page: 27/07/15  
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