Le capital #II (The new capital)
Peter Greenfinch
Synthèse et Partie A1 (contenu, utilité du capital)
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Une autoroute chargée mais fluide.
Le capital est à la fois
L'apport et la création de moyens (pas seulement des équipements matériels)
qui contribuent à la production de biens et services
par un organisme - généralement privé (entreprise) - assumant le risque de son projet.
La propriété de ces moyens,
parfois en direct par quelques particuliers....
mais le plus souvent par détention directe ou indirecte d'instruments financiers variés par tous publics.
Ces instruments sont de plus en plus diversifiés, et facilement échangeables sur le "marché des capitaux".
La propriété s'est diffusée / a percolé dans une population bien plus large qu'une simple "classe"
considérée dominante nommée par convention "les capitalistes".
Quant à la valeur de ces éléments de patrimoine, elle se base, non pas sur le coût d'investissement, mais sur
la perception de leur rentabilité future et du risque de perte, ou d'un de ces deux aspects en cas de dissociation.
Cela peut conduire à redéfinir le capital, non pas par son accumulation passée, mais par son potentiel
de produit à l'avenir.
Capital, capitalisme et financiarisation
La diversification des instruments financiers a pu conduire à une certaine dissolution du capital dans la finance
en général (financiarisation), avec
* de moins en moins de capitaux propres, ou au minimum stables,
* plus de capitaux empruntés et volatiles (effet de levier),
* voire de simple émission monétaire.
Alors que l'éthique capitaliste consiste à prendre des risques avec son propre argent, ce "capitalisme
sans capital" a eu tendance à transférer ce risque sur les autres, voire sur toute la société.
Ces pratiques sont mises en question depuis la fameuse "crise des subprimes"
dont elles furent sans doute le facteur principal.
On assiste plutôt à une réduction des dettes (deleveraging) et un transfert de certaines sur les Etats.
Il est probable que cette crise, après une phase (qui persiste pour l'instant) de "retour de l'Etat", se solde
en fin de course par un "retour au (vrai) capital et capitalisme".
Pas de croissance durable sans vrai capital!
L'avenir du capital devrait reposer sur:
La diversification (et sophistication) croissante de ses formes, notamment celles concernant la prise de risque
économique et financier, et la gestion de celui-ci,
Cette explosion et dissémination des instruments au risque difficile à cerner amènera, en parallèle une réglementation
et surveillance accentuée de leur utilisation.
La mondialisation et la dispersion de ses détenteurs.
Un contenu provenant de plus en plus du savoir et de l'information.
Cet élément lié à la connaissance est devenu l'un des facteurs cruciaux de production au même titre que
le capital classique (usines...), le travail et les ressources naturelles, avec interpénétration de plus en plus forte
entre eux.
Partie A
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Un univers vivant
C'est quoi, le capital ?
La notion de capital, plutôt simple et intuitive à l'origine, a beaucoup évolué au cours du temps.
Elle s'est fortement transformée et diversifiée.
Au départ,
Le capital était un bien et outil statique, palpable, physique, pour partie périssable à l'usage (entropie).
Il était souvent étroitement personnalisé (la propriété, sauf pour les outils les plus simples, d'un nombre très réduit
d'individus ou de familles).
Par la suite,
L'évolution l'a transformé (voir la définition proposée en début d'article) en un élément dynamique, de nature
plus abstraite mais omniprésente. Il est devenu à la fois :
Un être mobile, (car facilement transférable et notamment vendable, achetable contre de l'argent,
"fongible" comme on dit),
Une réalité diffuse (car répandue dans la population bien au delà de la classe dite "capitaliste", et en conséquence plus
collectivisé et moins personnalisé.
A noter que les anglo-saxons font la différence entre "public company", dont les titres, cotés en bourse, sont accessibles directement aux épargnants, et "private company" appartenant à un noyau de personnes.
Cette diffusion par capillarité dans l'ensemble de la société, et aussi le fait que cela a développé une profession de gestion du capital pour le compte d'autrui, change l'éthique capitaliste.
Il y a notamment une moindre acceptation de la prise de risque sur ses propres capitaux: large utilisation du crédit, création d'outils de transfert ou mutualisation des risques...
Entre parenthèses cela conduit à la dérive de la "financiarisation" de l'effet de levier abusif et du "capital
sans capital", cause de la fameuse crise des subprimes.
Un être complexe, aux formes multiples.
Cela comme bien des choses dans le monde actuel, de plus en plus ouvert, de plus en plus communiquant et où la technologie bouscule et complexifie bien des situations.
Une virtualité, une réalité subjective dont la valeur, et même l'existence, se basent sur des anticipations de revenus.
Donc une entité économique définie par une perception de potentiel de produit à l'avenir plutôt que par une accumulation passée de moyens, contrairement à la vision de certains économiques classiques.
Et surtout, un être vivant, dynamique, évolutif, en perpétuelle re-création, re-génération.
On rejoint ici la théorie des systèmes dynamiques, celle de l'auto-adaptation et de l'auto-organisation, de la "néguentropie".
Pourtant la théorie économique a peu suivi.
Les théories, soi disant modernes, tant d'économie néoclassique que d'économie alternative,
pour prendre les deux extrêmes, ne font que moyennement avancer l'analyse. Encore que :
Les normes comptables de valorisation des actifs d'entreprises prennent en compte les cours de marché,
reconnaissant ainsi un changement d'approche concernant le capital.
Les économistes tendent à faire une différence entre "capital économique" (par exemple une machine)
et "capital financier" (par exemple une valeur mobilière, action ou obligation).
Mais ils réalisent mal que les deux formes de capital ont une notion qui les fédère : "l'anticipation".
Simplement le capital financier y ajoute la fongibilité.
Le capital financier n'est jamais que la valorisation - et la transformation en instruments échangeables
sur des marchés dits financiers - des risques et revenus futurs liés au capital économique, même si
bien entendu il vit sous certains cotés sa propre vie.
Elargissement du cadre, à la systémique et à la sociologie
Petite parenthèse systémique et génétique
Il s'est produit une mutation, une "percolation", l'apparition de "caractères émergents" du système dynamique qu'on pourrait appeler "l'économie financière".
C'est une étape de l'évolution par l'auto-adaptation, l'auto-organisation de ce système qui
en connaîtra sans doute d'autres à l'avenir.
Cela amène certaines difficultés voire des crises, mais le capital est un élément suffisamment robuste pour subsister car il répond à des besoins économiques.
C'est une caractéristique courante des systèmes évolutifs, qu'ils concernent la physique ou de la biogénétique, ou comme ici, les sociétés humaines, de :
Progresser en se complexifiant,
Se doter de caractéristiques "émergentes" non présentes au départ,
Changer ainsi de nature, et atteindre un état "supérieur" (plus sophistiqué,
organisé et performant),=> Encore que dans certains domaines il puisse aussi y avoir des à-coups
et phases de dégradation,
Echapper ainsi, au moins sur longue période, à la dégradation, à l'entropie,
à l'inorganisé,
Voire, dans certains cas, voir naître une certaine "conscience de soi" par
le système (*)(*) Cela fut le cas lors du passage de l'australopithèque à l'être humain.
C'est aussi le cas de diverses institutions humaines, le capital en est une, qui tendent à avoir leur propre vie.
Une vie qui n'est plus simplement l'agglomération des vies des personnes qui les animent.
Mais le nouvel être, ou la nouvelle famille d'êtres, gardent de nombreux gênes communs aves leur souche biologique, en ce qui concerne le capital, avec l'économie de la production.
Pour continuer la parenthèse sociologique
Même les milieux hostiles au capitalisme, plutôt que de citer le capital comme le seul responsable de tous les maux, diabolisent plus globalement la mondialisation.
Ils s'en prennent à cette mobilité et ouverture traversant la planète, et considèrent néfaste l'évolution
de civilisation qu'elle sous-tend.
La mondialisation, le capitalisme, le libéralisme économique (accompagné de l'épithète "sauvage" ou
du préfixe "néo" ou "ultra"), et aussi des avancées scientifiques considérées trop rapides pour
s'adapter et éviter les risques, sont ainsi confondus dans un grand chaudron (sophisme
d'agrégation).Il y a certes des liens entre tout cela, comme entre toutes choses. Encore que la mondialisation vienne plus du rapprochement des hommes suite à l'amélioration des communications, que du rapprochement des capitaux qui n'a fait que jouer sur cette proximité croissante
La peur comme motivation des volontés de blocages?
Mais pour en revenir au capital, l'amalgame que font les "anti" -capitalistes, -mondialistes, -libéraux etc. semble résulter moins d'une analyse précise des évolutions du monde que d'une résistance générale à l'idée qu'il puisse évoluer.
Les détracteurs de ces changements paraissent, entre autres,
les considérer comme une menace contre les "acquis" (autrement dit les rentes) et comme une source de "précarité".
ajouter pour certains un repli communautariste face à un monde considéré trop ouvert et évolutif,
inclure aussi l'idée régressive que la vie pourrait se dérouler sans remise en cause, responsabilisation ni prise de risque, isolée des contraintes extérieures.
Difficile pourtant de s'en prendre à une évolution normale de la société vers plus de globalité et de possibilités, comme il y en a eu d'autres au cours des siècles (sauf dans de noires périodes de repli et régression).
Mais on trouve ici, à la manière des peurs millénaristes, le côté récurrent et obsessionnel des
angoisses - quelles soient innées et exacerbées par des gourous ou des tenants du pouvoir - dans
les phases instables de l'histoire humaine.
Les questions à se poser pour comprendre ce qu'est maintenant le capital
Il faut donc actualiser d'urgences les conceptions anciennes d'Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx sur
la valeur et le capital, car elles perturbent la compréhension économique. C'est pour cela que le titre de ce papier
a été emprunté au célèbre - mais oh combien dépassé - Karl (qui voyait dans le capital essentiellement un rapport
social de domination d'une classe de la population sur une autre).Cela dit, il faudra sans doute 10 ou 15 ans ans avant que tout le monde ait saisi ce qui se passe désormais
Les débats et notions non réactualisées
En attendant certains continueront par exemple à parler de la "chute du capitalisme",
sans comprendre vraiment
Ce qu'est, dans le monde réel, le capital.
Ce qu'est a fortiori le capitalisme, au point de se demander
si existe encore une classe clairement délimitée appelée "capitaliste".
Comment le capital se génère et s'échange,
Ce qu'est la financiarisation, qui a fait éclater le capital en multiples instruments monétisables,
Ces activités ont développé une industrie hautement sophistiquée et jouent un rôle crucial dans
l'économie (ce secteur d'activité occupe désormais une part importante du PIB) et en géostratégie
Les pistes d'analyse
Devant ces concepts-ombrelles, capital, capitalisme, valeur..., la seule façon de s'y retrouver est d'ouvrir la valise
et de mettre sur une table tout ce qu'il y a dedans.
Pour comprendre ce qu'est de nos jours le capital, il faut, certes faire le tour des définitions existantes, mais surtout,
partir du concret.C'est ce que cet essai cherche à faire, à partir des questions suivantes.
A quoi sert le capital ?
Comment est-il né ? Qu'est il devenu ?
Comment est-il généré ?
Qui le détient ?
Quelles sont ses formes et composantes ?
Que rapporte t'il et que vaut-il ?
Quelles externalités l'impactent ?
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Triangle dans un triangle.
Dans une définition très générale et traditionnelle, le capital est présenté comme une combinaison de trois outils:
1) Un facteur de production parmi d'autres.
Là, on peut être d'accord. Mais il faut alors voir ce que sont, de nos jours, les moyens de production.
Ce rôle ne concerne pas, loin de là, les seuls moyens physiques de production, vous savez,
les machines qu'on achète pour produire des vis et boulons,D'autant que même la notion de production a changé, puisque dans les pays développés elle est
composée pour 70% de services et non pas de marchandises.2) Un droit de propriété (voir plus loin), un élément de patrimoine.
3) Un mode d'accumulation, de stockage de richesses ...anticipées
Cette idée d'accumulation, sans être à écarter, fait un peu écureuil et noisettes.
Elle fait l'impasse sur le procédé fondamental qui fonde le capital et lui donne une valeur.
La genèse du capital est plutôt une anticipation de richesses qu'une accumulation sous à sous.
C'est là qu'on est passé du capital, outil statique, au capital, élément dynamique, en perpétuelle re-création.
En tant que "facteur de production" qu'elle est la contribution économique du capital ?
Le capital est-il un simple apport d'usines et de machines à des projets ?
En fait, il procure bien davantage que cela à l'entreprise, et notamment, là encore nous avons un triangle :
1) Du temps, ben oui, la production et la mise sur le marché prend du temps, et pendant ce temps d'attente,
il faut bien payer les salaires et les factures, et même certains impôts.
2) De l'argent, pour se procurer des équipements, mais aussi bien d'autres actifs de production
par exemple les "actifs circulants" comme disent les comptables (stocks, paiements d'avance...).
3) Un matelas de disponibilités financières assumant le risque, et même un outil de prise de risque et
de gestion du risque.Bémols sur cette contribution du capital.
Cette contribution positive à l'économie n'est assurée de façon saine (voir plus haut les paragraphes sur la
financiarisation) que si les détenteurs de capital dit "à risque" (capitaux propres, dettes subordonnées,
prêts titrisés...) (*):
S'engagent pleinement,
Autrement dit que les montants qu'ils engagent doivent être suffisants par rapport aux besoins
financiers des projetsIl s'agit là d'éviter donc de trop utiliser l'emprunt ce qui reporte le risque sur les prêteurs (phénomène
à la source de bien des "bulles" et, en retombée, de crises financières),
Plus généralement acceptent le risque plutôt que de le laisser aux autres partenaires de la production
qui eux formeraient la variable d'ajustement en cas de coup dur.
(*) Capital à risque qu'on peut définir comme "prise de risque dans le cadre d'un investissement
économique dont on attend un revenu attendu important mais aléatoire".
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avec le marché financier ?
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Sur ces trois points,
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Sur ces deux points,
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Sur ce point,
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de production ?
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Sur ces trois points,
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Contenu de la section "économie" (en français)
:
Définitions. de base, Nouveau capital (A1,
A2, B1,
B2), Gouvernement économique,
Yin-yang & curseur,
Nouvelle économie,
Obligations indéxées PIB,
Economie comportementale. Décision economique![]()
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