Bases / définitions

de la finance comportementale
et de l'économie comportementale

(1 - Introduction)

 

Avant de commencer, une question existentielle:

Quelqu'un peut il être vraiment rationnel
quand de l'argent est en jeu ?

 

  Définitions :

C'est quoi la finance comportementale,

l'économie comportementale ?

La finance comportementale et l'économie comportementale étudient
comment nous nous comportons par rapport à l'argent, à la production, au travail,
aux dépenses, aux placements...

La Finance comportementale / FC est l'application de la psychologie 
     individuelle et collective à la finance.

L'Economie comportementale / EC (application de la psychologie /
     psychosociologie à l'économie en général) est un domaine très proche
     montrant des
phénomènes très voisins.

(voir la définition de l'économie et de la finance)


Finance comportementale et marchés financiers

L'étude du comportement des marchés financiers est au coeur de la FC.

C'est là qu'elle diffère de la "théorie financière standard", laquelle considère que
les marchés aboutissent aux équilibres les plus efficaces économiquement comme
s'ils obéissaient à des règles purement rationnelles.

En pratique, elle étudie

1) Comment les opérateurs (investisseurs...) prennent leurs décisions et ainsi
    
leurs travers de comportement,

C'est la "Finance comportementale micro" (ou Finance
comportementale psychologique,
ou simplement Psychologie financière).

2) Les effets de ces biais comportementaux sur les marchés (anomalies de
    prix et de
rendements) et par extension sur l'économie

C'est la "Finance comportementale macro"(ou Finance

comportementale quantitative).

3) D'autres aspects - non totalement rationnels - des attitudes face à l'argent.

Cela couvre des domaines à cheval sur l'économie et la finance (laquelle
est d'ailleurs un sous-domaine de l'économie générale): dépense et
consommation, épargne et investissements, emprunts, assurance, des jeux
de hasard, comportement fiscal, motivation au travail, initiative /
innovation économique...

 

Plan d'ensemble de la section

Finance comportementale

Compléments spécialisés

 

1 - Introduction

Comportements vs. efficience

Applications
boursières

 

* Analyse boursière comportementale

* Evaluation boursière comportementale

 

2 - Partie A

 

Anomalies de raisonnement

et de comportement

3 - Partie B

 

 

Incidences sur les marchés

 

 

Glossaire
complet
en anglais

 

* Behavioral-Finance Gallery: glossaire

500+ mots-clés et forum BF

1800+ membres.

4 - Petite liste

 

Les principaux concepts

de finance comportementale

Economie

 

* Economie comportementale

 

5 - Petit glossaire

 

 

Extraits en français du glossaire

en anglais

 

Bibliographie

 

* Livres de finance comportementale

* Mes articles sur l'encyclopédie Knol

1 - Introduction : comportements contre efficience

  Qu'est ce qui produit les cours de bourse ?

Heu, on dit souvent que les cours de bourse découlent des "fondamentaux
économiques"
,

autrement dit de la situation et des perspectives de l'économie et des entreprises.

On est tous d'accord là-dessus, non ?
Puisque les revenus futurs qu'on peut attendre d'une
action dépendant de ces perspectives, il est normal que le prix de l'action reflète
cette attente, pas vrai ?

Hé, pas si vite !

Bien sûr que ces fondamentaux et ces anticipations "rationnelles" jouent un
grand rôle.

Mais au départ, ce qui produit les cours, ce sont les décisions d'achat et de
vente d'actions
de millions d'investisseurs.

Pourquoi voudriez-vous que ces décisions, prises souvent par ces investisseurs
à la va-vite, ou au contraire avec retard, à partir d'informations qu'ils n'ont pas
toujours, reflètent exactement et en permanence ces perspectives ?

Quand vous achetez un vêtement qui vous plaît, vérifiez vous d'abord si vous
en avez pour votre argent question durabilité du tissu ?

Et si vous achetez une voiture, le budget annuel est-il votre critère principal ?
Entre-nous, qui le calcule vraiment ?

Quel automobiliste en a plus qu'une vague idée ?

Peut-être que 10-15% des gens pourraient répondre un oui franc et massif à ces
questions en temps normal, et peut-être un peu plus dans des périodes difficiles.

 

La Finance comportementale (FC) étudie précisément comment les

comportements individuels et collectifs influencent les cours
de bourse.

Elle montre que les gens en général, et les investisseurs en particulier, ne sont
pas totalement "rationnels" dans leurs décisions. Ils sont "sous influence".

Surtout quand ils prennent une "décision en situation de risque
et d'incertitude"
, cas fréquent dans le domaine financier et économique.

Leurs décisions peuvent ne pas correspondre exactement à leur "utilité",

bien que ce concept soit l'une des bases de la théorie économique.

C'est ainsi que des psychologues, comme Daniel Kahneman, ont lancé des
recherches en Finance comportementale.

La FC identifie les cas où ces irrationalités / rationalités limitées biaisent:

Les cognitions (compréhension, mémoire) des investisseurs, on parle ici
  de "biais cognitifs",

Leurs sentiments et attitudes (favorables / défavorables), on parle ici de
  "biais émotionnels",

Au total leurs comportements (acheteurs / vendeurs / emprunteurs, etc.),
  on parle alors de "biais comportementaux",

 Alors, il y aurait des anomalies de marché ?

Ces biais peuvent arriver à se compenser. Mais le plus souvent ils créent des
inefficiences du
marché sous forme d'anomalies de prix et de
rentabilité financière
.

Ce sont

* Des écarts entre les cours effectifs des actions et leurs valeurs dites

"intrinsèques" calculées avec les modèles mathématiques traditionnels

* Des rendement anormaux au niveau de la variation de ces cours (sachant
  
qu'une hausse ou baisse de cours estune plus ou moins value pour

 l'actionnaire, donc fait partie pour  lui du rendement ou plus précisément
 de la rentabilité).

 

L'Analyse comportementale (AC) analyse ces anomalies dans l'espoir d'en
tirer partie pour une meilleure appréciation des risques et des potentiels de gains.

Elle se démarque des modèles traditionnels qui se basent sur l'HEM /
hypothèse de l'efficience du marché.

Hélas, l'HEM reflète mal les réalités du marché, bien qu'un "degré d'efficience"
puisse exister.

Mais c'est quoi l'HEM / hypothèse de l'efficience du marché?

(pour plus de détails, notamment sur les différentes formes, "forte", "semi-forte"
et "faible" de l'HEM, voir l'analyse de Leif Ericssen et, en anglais, le BF glossary
)

L'HEM, c'est la croyance que:

Les gens sont rationnels vis à vis de leurs intérêts et de ce fait maximisent
  leur "utilité" financière.

Ils sont pleinement informés et interprètent correctement les informations

Il y a indépendance entre les individus (ils ont leurs opinions personnelles

et ne s'imitent pas entre eux quand ils prennent une décision).

Leurs décisions mènent à un équilibre des prix (prix efficients, plutôt stables
   en l'absence de nouvelle information).

Au total, l'HEM considère que l'évaluation d'un bien par le marché donc, pour une
action, son cours actuel:

Est la meilleure estimation de sa valeur

Est le reflet exact et complet de toute l'information disponible

Change immédiatement et correctement chaque fois qu'une
   
nouvelle information arrive.

Pour une action, l'HEM suppose que chacun connaît tout les faits, les utilise
indépendamment, et fait un simple calcul d'actualisation des bénéfices prévus pour
arriver:

Idéalement, au même prix.

Ou à des prix qui ne différent qu'en raison du coefficient de sensibilité
  au risque de chacun (utilité) .

Cette fourchette des cours offerts à l'achat / vente créerait un équilibre stable
de l'offre et de la demande, avec un prix stable ou légèrement oscillant.

Par ailleurs les modèles (*) basés sur l'HEM considèrent qu'il y a une corrélation entre
le rendement et le risque
de l'investissement et que le cours de bourse s'ajuste à cet
équilibre (un titre risqué est normalement moins cher).

(*) Par exemple le MEDAF, modèle d'équilibre des actifs financiers ou modèle
      d'évaluation 
des actifs financiers selon les traductions de CAPM - capital
       asset pricing model).

  Un faux cousin de l'HEM, l'HPA ?

L'HPA, Hypothèse de Promenade Aléatoire (ou de marche aléatoire) énonce
que les prix n'ont aucune mémoire, qu'hier et demain sont indépendants et que tout
peut arriver.

Les statistiques de cours passées ne peuvent pas aider à prévoir les cours futurs ou à
jouer au bon moment sur le marché.

Les nombreux participants en concurrence agissant à divers moments (*) feraient

osciller de façon aléatoire le prix autour de son niveau
d'équilibre
.

Ce niveau optimal changerait avec le temps, au hasard là encore, car cela se produirait
au vu de nouvelles informations inattendues  (sur l'économie, l'entreprise), qui surgissent
sporadiquement.

Certains considèrent la promenade aléatoire inadaptée aux systèmes dynamiques et
avancent le concept de promenade fractale / promenade du chaos déterministe
(voir ci-dessous).

(*) en fait, même si les marchés sont faussés par les comportements individuels, il
arrive qu'ils se compensent et que les cours évoluent d'une façon proche du hasard.
C'est moins possible dans le cas d'anomalies collectives de comportement, donc qui
s'additionnent aulieu de se compenser entre elles.

 Peut-on répertorier les travers comportementaux ?

On peut classer en diverses catégories les travers de comportement qui
créent des anomalies de prix, et qui font l'objet de la Partie A

1

Les erreurs cognitives (= de compréhension, mémoire et
raisonnement) individuelles.

2

Les erreurs cognitives collectives (affectant le marché
en entier ou quelques types dominants d'investisseurs.

3

Les émotions / passions individuelles

4

La psychologie sociale (comportements de groupe et
de foule)
, les émotions et hystéries collectives.

NC

Biais de pilotage automatique.

5

En pratique: précautions pour investisseurs.

A noter aussi des sujets plus généraux ou complémentaire, voire plus pratiques,
traités dans la Partie B

6

Le comportement du marché lui-même
(évolution des prix, rendements, volumes).

7

L'évaluation comportementale des actifs / la mesure des
risques.

8

Les probabilités, l'utilité, la théorie des jeux, la finance
expérimentale...

9

Les limites de la finance comportementale.

visites reçues (sur la page miroir en anglais Behavioral-Finance
depuis le 12 mai 2000 et sur cette page depuis le 5 octobre 2006)

Dern. mise à jour cette page 11/11/13.          
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