6c. Contes et légendes de ma mère l'image

(variation de l'image & finance comportementale)

 

Des actions trouvées mortes. Qui a fait le coup ?

Sherlock a trouvé quatre suspects, mais il hésite à désigner le coupable :

Les fondamentaux?

- Mais, Sherlock, ils ont un alibi : il n'y avait pas de fondamentaux, juste un
  business plan
ou un consensus d'analystes financiers.

- Cher Watson, je regarde toujours avec suspicion les fondamentaux.
  Et même leur absence !

Des facteurs techniques, tel que la liquidité ?

- Eh oui, pourquoi la liquidité a-t-elle pris la poudre d'escampette ?
  Justement le jour où les gens ont commencé à vouloir vendre ? 
  Et, d'où elle venait, la liquidité, quand le marché était en plein boom ?

- De nous tous, et de tous ceux qu'on interroge, cher Commissaire Maigret.

- N'empêche que je soupçonne toujours la liquidité. Même quand c'est
  moi qui l'apporte.

Le sentiment du marché ?

- Comment se fait-il qu'il a changé d'orientation, de taureau (haussier) à ours
   (baissier) ? 
Et après ou avant, d'ours à taureau ?

- Cher Colombo, j'ai toujours trouvé ces taureaux et ours des bestioles
   suspectes,
étant moi-même à ma fantaisie l'une ou l'autre.

Les manipulateurs de marché ?

- Comment se fait-il que tant de gourous, media, fonds, brokers on dit une
  chose
tout en faisant une autre ? Simple distraction, je suppose.

- Cher Hercule Poirot, j'ai toujours une légère suspicion pour les avis qu'on
  me donne
"pour mon bien".

Un cas difficile, pas vrai ?
Mais peut-être trouverez-vous quelques indices dans ce site !

 Ours (*), taureaux (*), autruches, pitbulls

(*) inspiré de l'anglais : bear = baissier, bull = haussier

Vous avez déjà visité le zoo boursier ? 

C'est là qu'on comprend, en observant le joyeux comportement des divers espèces animales,
comment se déroulent
les tendances (baissières ou haussières) qui affectent les cours
de bourse:

Une tendance démarre souvent par une phase "autruchienne", une période de sous
   réaction
aux nouvelles sur les évolutions économiques / financières.

Difficile pour l'ensemble de la gente boursière, sauf pour quelques espèces opportunistes,
d'accepter de changer
profondément et d'un seul coup son alimentation.

Puis elle passe par une phase d'ajustement au nouvel aliment. Les investisseurs,
   soumis à  une cascade de nouvelles de confirmation, s'habituent au nouvel 

environnement

Mais ce n'est toujours pas l'ensemble des espèces qui est totalement convaincue.
Ces différences d'a&ppréciation peut créer des perturbations de tendance.

Ce sont des faux-semblants, auxquels certaines peuvent se laisser appâter:

* les tendances baissières sont parsemées de fausses reprises des cours

   * les tendances haussières sont infectées de rechutes provisoires.

La tendance se termine habituellement, avant de se fracasser sur les murs de l'élevage,
   par une phase "pitbullienne", une surréaction.

Là, c'est tout le troupeau qui veut agir dans le même sens (effet de meute, d'entonnoir).

  Questions philosophiques

  Quand une tendance haussière s'interrompt-elle ?

   Soit quand vous venez d'acheter, soit longtemps après que vous ayez vendu.

 

  Qu'est-ce que la force relative ? (contribué par Leif Ericssen)

   A certains moments, une compétition entre des gens ayant plus d'argent que de

   cervelle et des gens avec plus de cervelle que d'argent.

 

  Y a t il une valeur entre deux transactions ?

   Les savants et philosophes cherchent toujours la réponse, seuls les comptables 

   sont suffisamment artistes pour penser la connaître.

 

  A-t-on besoin d'une économie ?

   Non, ce truc sert seulement à perturber la bourse.

 

  La bourse suit-elle le prêt-à-porter ?

   Non, en bourse les changements de mode sont bien plus irréguliers, et les 
   soldes plus brutales.

 

  Les théories financières universitaires sont-elle fausses ?

   Non, elles sont simplement différentes des réalités.

 Volatilité : le choix des parfums

Le mot miracle pour expliquer les variations boursières c'est "volatilité".

Avec une définition basée sur la loi dite "gaussienne" de distribution statistique.
Celle qui régissait la taille des conscrits du temps du service militaire. Le bidasse moyen mesurait
(j'invente les chiffres, mon colonel) 1m72. Sans le casque de combat, bien sûr. Avec un
"écart-type"
de 8 cm de part et d'autre.
Ce qui veut dire que la grosse majorité mesurait entre 1.64 et 1.80.

Seulement voilà, dans la caserne boursière, les écarts sont souvent plus exubérants et désordonnés.
Une action peut un jour coter 100 euros et 30 quelques mois après. Suivez mon regard pour
trouver un exemple réel qui se serait produit entre 2000 à 2001 !

Adieu l'écart-type, on a là du grand écart. Pas question ici de faire tenir les cours journaliers dans
une courbe de Gauss dans laquelle, sur 200 séances, une grosse majorité des cours se
pelotonneraient dans une zone médiane, disons celle des 50-75 euros.

Appeler volatilité, en se référant aux lois statistiques normales, cette dispersion des cours en tous
sens, c'est se payer la tête du vocabulaire et de l'arithmétique, additionner choux et serviettes,
mélanger torchons et carottes.

Derrière ce mot, je vois personnellement, sans trop me forcer, au moins trois phénomènes
différents.

Chacun mériterait, au diable la mesquinerie, d'avoir son propre nom bien à lui, et sa propre
expression mathématique.

N'empêche que voilà les trois parfums que je vois dans la "volatilité" :

La volatilité à la vanille.

Elle obéit à la loi statistique dite normale. C'est une série d'écarts limités, ceux du
funambule qui rétablit en permanence son équilibre en compensant les petites oscillations.

Normal qu'en bourse, même quand les opérateurs sont bien informés sur les fondamentaux,
il reste des incertitudes. Cela les rend hésitants dans leurs évaluations, et fait osciller les
cours à la recherche du prix "d'équilibre".

La volatilité mi citron mi-framboise.

Elle reflète des changements importants et imprévisibles de fondamentaux.
J'ai bien dit imprévisibles, car dans l'exemple donné plus haut, tous les éléments d'une
descente olympique de 100 à 30 sur la piste rouge existaient en 2000.
Même l'essoufflement économique mondial était prévisible, un jour ou l'autre, vue
l'énormité des endettements (oh nostalgie, je ne m'étais pas privé d'annoncer tout cela !).

La volatilité aux fruits exotiques....arrosés d'alcool.

C'est le parfum de l'exemple donné plus haut. Au rancart, notre sobre funambule aux
mouvements mesurés et cohérents. Ici, le gars a sifflé ses cinq whiskys et ses six margaritas.
Il slalome sur toute la largeur du couloir de l'hôtel pour retrouver sa chambre.

On trouve ici toutes les erreurs grossières d'appréciation. Et surtout toutes les émotions
(cupidité, peur et suivisme moutonnier), qui sont le lot commun de la bourse. Et de biens
d'autres activités humaines, élevons le débat mon colonel !

Ce sont ces perturbateurs qui provoquent des excès dans les cours. Ils sont à l'origine
de ce que j'appelle les images boursières extrêmes (tableau B).

 

Oui, je sais, pour évaluer les options et warrants, trois coefficients différents de volatilité
de l'actif sous-jacent,
avec chacun sa lettre grecque, voilà de quoi pousser à la débauche
la formule politiquement correcte d'évaluation de Black et Scholes. On la prendrait vite
pour celle de Barnum et Groucho Marx.

En tous cas, chaque fois que votre adjudant, votre broker ou votre journal vous sert le mot
"volatilité",demandez-vous à quel parfum il vous accommode !

  Aimez votre commentateur boursier !

Chaque jour le marché monte ou baisse

Chaque jour, une denrée, devise ou action monte plus que d'autres.

Souvent les raisons sont obscures. L'écart n'est rien d'autre que du bruit.

Ou les motifs sont réels, mais les acheteurs ou vendeurs ne les donneront pas, pourquoi
le feraient-ils ?

C'est là le défi pour les commentateurs. Ils doivent trouver quelque explication, inventer une
bonne histoire.
Un métier artistique. Parfois un peu stressant, je suppose.

Mais socialement gratifiant, les gens aiment les commentateurs.

 La valeur imaginaire (voir contribution de Winnie)

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Dernière mise à jour de cette page : 10/06/13. 
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