Contributions:
4. TIPIB
(Titres Indexés sur le PIB)

par Peter Greenfinch

(Première publication: sept. 2002)

Une innovation financière potentielle, que je suggère -
pour simplifier le sigle - de nommer en toute modestie...
..."les Greenfinch bonds" ;-)

Définition: les titres indexés sur le PIB seraient un outil

de placement direct sur la croissance économique.

  Principe / avantage de base

L'idée serait de créer des titres de créance et financement à long terme, indexés

sur la croissance économique d’un pays - ou mieux, d'une zone économique
(l'Eurozone...)

Les deux buts seraient de procurer

1) à ces pays (ou à d'autres émetteurs)

un autre outil de financement

un nouveau moyen de gestion financière.

2) aux investisseurs un instrument hybrides qui

aurait certaines caractéristiques des actions
  (revenu et / ou capital variable et basé sur les
  performances économiques)

tout en étant à la base une obligation (= une créance).


L'index serait le Produit Intérieur Brut (PIB). Ceci, bien sûr, restreint la
possibilité aux zones qui respectent les normes statistiques économiques
internationales.

  Modalités d'indexation, durée, taux nominal

L'indexation concerne

* les intérêts
* et/ou le remboursement du capital

Cela pouvant pose un problème d'intérêt négatif en cas de baisse du PIB.
Voir ci-après "émetteurs potentiels" pour les modalités éventuelles de
sécurisation des souscripteurs.

Deux types possibles : capitalisation (zéro coupon), ou intérêts périodiques

Durée : 10 ans seulement car le périmètre du pays / de la zone peut changer
   entre temps.

Taux nominal = variation annuelle du PIB (européen) inflation incluse.

Normalement il sera supérieur au taux des obligations à taux fixe.

  Prix, rendement

 Le prix serait déterminé par une adjudication (à l'émission) puis par cotation
   en bourse.

Normalement elle sera au dessus de la valeur nominale sur laquelle le
taux nominal s'applique.

Taux effectif (fonction de l'adjudication puis de la cotation).

Normalement il sera en dessous du taux nominal, et du taux des
obligations à taux fixe.

Taux réel: déterminé par comparaison aux obligations indexées sur l'inflation

 Emetteurs potentiels (et avantages pour eux)

Etats souverains (et organisations internationales régionales) :

Ils y trouveraient l'avantage qu'en cas de baisse du PIB, la diminution de la
rémunération versée compenserait en partie la baisse des rentrées fiscales.

Cela pourrait même faciliter le redémarrage de l'économie en soulageant les
budgets publics.

Toutefois pour éviter une perte de confiance des souscripteurs si une
telle baisse se produisait certaines modalités pourraient les sécuriser
(plancher de taux, clicquet, option de conversion...).


Banques, pour financer des prêts indexés aux petites entreprises, aux

accédants à la propriété, etc. dont les revenus peuvent monter ou baisser
au rythme du PIB.

Grandes entreprises : même avantage, mais ici comme émetteur direct.

Autres institutions financières, pour satisfaire la demande des investisseurs

  Porteurs potentiels (et avantages pour eux)

Epargnants pour intégrer à leurs plans de placement, en direct ou par un fonds
  d'investissement.

SICAV, fonds de pension / retraite, et compagnies d'assurance vie

Investisseurs étrangers, mais aussi fournisseurs des pays concernés qui
   dépendent de leur  prospérité

Banques centrales étrangères

  Contrats dérivés et autres outils
     d'ingénierie financière possibles

Des produits de couverture (sur marchés à terme et à options) pourraient être
   créés avec ces titres comme actifs supports.

Note : des warrants indexés PIB (contrats dérivés économiques)
ont déjà été commercialisés à petite échelle par quelques grandes
banques. De ce fait, l'opération inverse, consistant à créer des TIBP
"synthétiques", est déjà faisable.

Des démembrement (et recombinaisons) seraient possibles.

Cela consisterait à coter séparément chaque tranche annuelle d'intérêts, ainsi
que le capital remboursable in fine, ou chaque tranche de remboursement le
cas échéant.

  Cibles de clientèle de ces produits dérivés

Entreprises cycliques (pour une assurance sur l'évolution du PIB d'une zone

géographique donnée représentant une grosse part de leur activité),

Particuliers (même objectif de couverture, pour leur portefeuille d'actifs ou
   pour leur revenu futur)

Organismes et professionnels financiers (couverture boursière entre sphère

économique et sphère financière pour le cas où leurs évolutions seraient en
retard, en avance ou en divergence)

Spéculateurs

Un problème toutefois :

Y a-t-il véritable mutualisation du "risque PIB" lequel est systémique et touche
chaque acteur dans le même sens?

Sans doute oui, si du moins il y a suffisamment de spéculateurs en contrepartie
pour établir une cotation.

De plus, il y aura mutualisation entre les grandes zones économiques du monde
si chacune émet ce genre de titres.

  Avantages macroéconomiques

On a vu plus haut que, pour les Etats souverains, ces titres présentaient des avantages
au niveau budgétaire, mais pouvaient aussi apporter un certain amortisseur de cycle
économique
(auto-stabilisation) pour leur pays.

Par ailleurs, ces titres pourraient faciliter la prévision économique.

On sait que les économistes ont toujours un problème pour prévoir la croissance
future. Peut-être que le marché de ces titres pourrait les y aider (hé, je n'ai pas dit
remplacer ces experts;-).

En principe (bien que des phénomènes moutonniers peuvent créer une dérive),
l'évolution de leur valeur de marché serait un indicateur de l’opinion sur
l’évolution économique d'une zone donnée
,

sur les dix prochaines années,

et, si les titres sont démembrables, à plus court terme et même année par année.

L'estimation des perspectives économiques par le marché serait facilement calculée

en comparant l'évolution du marché de ces actifs avec celle des :

Obligations à taux fixe

Obligations à taux indexé sur les taux de marché, à LT ou à CT.

Obligations à intérêts/ remboursements indexés sur l'inflation

Obligations indexées sur PIB d'autres pays à même monnaie (ou à
   autre monnaie en prenant en compte l'évolution des cours des swaps de taux
   et de devises)

Sans oublier les indices boursiers

Comparé à ceux des actions, le niveau des cours et leur évolution (divergence ou
convergence) serait un indicateur :

de distorsions d’anticipations ou de répartition des richesses entre les
   actionnaires et les autres "stakeholders" (parties prenantes dans l'économie :
   autres épargnants et investisseurs, emprunteurs, salariés, retraités,
   consommateurs, résidents et non-résidents...).

permettant de mieux situer les taux risqués respectifs (donc cet élément
   de la prime de risque) de chacun des deux produits.

  Quelques risques et problèmes d'évaluation

Voici divers facteurs de risque:

Comme pour toute obligation, la valeur de celles-ci dépend notamment de la

solvabilité de l'émetteur et de la liquidité du marché du titre.

L'évolution des cours d'autres actifs financiers (actions, obligations à taux
    fixe, obligations indexées sur l'inflation, matières premières...) peut influencer
    les achats et ventes et donc les cours de ces titres

Des changements de la tendance macroéconomique jouera aussi sur les
    cours (il faut dire que c'est précisément le but de ces titres)

Des éléments psychologiques affectant les anticipations des investisseurs

(sur-optimisme, ou pessimisme excessif, sur les perspectives du pays) peuvent
déformer les prix et évaluations de ce titre comme c'est le cas pour d'autres
actifs financiers.

Il existe par ailleurs des risques spécifiques
   liés à la fiabilité statistique du PIB.

Le PIB est supposé mesurer combien de richesses un pays produit en une
année, ce qu'on appelle sa "valeur ajoutée".

Comme à peu près tous les indicateurs, il n'est pas parfait.

Certaines productions ne sont pas comptées (l'économie souterraine par

exemple, mais aussi tout ce qui est produit pour être autoconsommé).

D'autres sont de simples transferts d'activité (des choses qui étaient gratuites

ou produites soi même deviennent des produits et services marchands).

La production "non marchande" de l'Etat, des autres collectivités publiques
    et des associations bénévoles est comptée arbitrairement pour son coût (salaires
    des employés...)

L'amortissement des équipements de production n'est pas déduit (d'où le

terme "brut"), ni lespertes d'Actifs (catastrophes), ni les retombées positives ou
négatives indirectes ("externalités")

Par ailleurs les chiffres peuvent être manipulés (avant ou après incidence de

l'inflation) dans des buts politiques.

Cela dit, quelques soient les critiques, cet indicateur est généralement considéré sur la
place du village comme la meilleure, ou du moins la moins mauvaise, mesure de
l'activité économique d'un pays.

separ

Dernière mise à jour de cette page : 15/05/15 .
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