Crise de liquidité, crise systémique, 
risque systémique

Le drame des tuyaux monétaires bouchés
et de l'invasion des dominos tueurs


Une crise de liquidité est l'impossibilité de faire face aux échéances
de paiement immédiates.

Elle peut dans des cas très rares mais extrèmes, se généraliser
en cascade par "effet domino" à la quasi totalité des institutions
financières et atteindre également les Etats.


Une telle crise violente de l'ensemble du système monétaire et
financier est appelée crise systémique.

Elle a de graves conséquences économiques.

  poorPoches vides

Echéances critiques

Une crise de liquidité est un manque d'argent  disponible pour faire
face aux échéances de paiement clock  immédiates.

Le débiteur (ou le simple consommateur / producteur) n'a alors

* ni assez de cash (soldes créditeurs) sur ses comptes en banque,

* ni en main d'autres fonds immédiatement utilisables,

* ni accès à des avances monétaires extérieures immédiatement
   utilisables lui permettant d'effectuer ses paiements urgents
   (dépenses nécessaires, échéances de dettes).

Et là on s'aperçoit que "cash is king" comme ils disent là-bas.
Vendre et avoir des revenus c'est bien, faire des bénéfices aussi,
mais le juge de paix de la gestion c'est d'abord l'argent
liquide
. Si on n'en a pas, on est mal !

Qui peut être concerné ?

Cette crise - où le liquidity robinet d'argent ne coule plus - peut affecter 
non seulement un individu ou une entité particulière
, mais
aussi un ensemble d'acteurs économiques dans un ou plusieurs
secteurs.

Elle peut même parfois atteindre un pays, une zone monétaire voire toute
l'économie mondiale (voir série d'articles crise économique mondiale,
dettes souveraines dans la tourmente et vers une monnaie mondiale)
Cet article concerne surtout les crises de liquidité du secteur
financier
.
Toutefois la
crise des subprimes a montré comment outre des
institutions et entreprises, une masse de simples particuliers
peut se retrouver à l'un des bouts de la chaîne d'une crise générale
de liquidité.

Liquidité et secteur financier

Sahara financier.
guichets à sec, marchés déserts, actifs fanés.

1) Crise de liquidité bancaire

Dans le système bancaire une crise de liquidité se produit quand la
plupart des banques sont à court de dépôts immédiatement
disponibles
et autres
sous  ressources monétaires (
emprunts sur
le marché monétaire interbancaire, prêts des banques centrales...) afin de
  • financer les prêts et les autres avoirs de leur portefeuille
  • faire face aux retraits d'argent des déposants,
  • et lutilisation par ceux-ci des moyens de paiement.
Voir à ce sujet en quoi consiste la monnaie, essentiellement issue
d'engagements bancaires.


La crise atteint l'ensemble du système bancaire quand
aucune banque ne prête à aucune autre
,
par manque de fonds ...ou de confiance

Le
marché monétaire interbancaire devient
alors sleep inactif, ou sinon pratique des
taux d'intérêts
monstrueusement élevés.

Ce fut l'une des suites de la fameuse crise des subprimes déjà
mentionnée.


Face à une telle situation, les banques qui survivent tentent de
conserver leurs fluides vitaux, oups leur liquidités, et pour cela
restreignent leurs prêts aux individus et entreprises (resserrement
de la liquidité / étranglement du crédit
).
Voilà qui éteint les lumières dans les bureaux, boutiques et ateliers
et bloque l'activité économique générale.

2) Crise de liquidité sur les marchés financiers.

Sur les marchés financiers, l'illiquidité frappe quand les acheteurs ou
vendeurs ne trouvent pas de  contreparties pour leurs opérations.
Il n'y a personne pour leur
buysell vendre ou leur acheter.
Commissaire, où sont passés tous ces gens ?


Il y a pénurie
* soit d'actifs de placement disponibles à la vente,
* soit d'argent disponible pour les acheter.

La cause peut se trouver dans les fondamentaux économiques
mais aussi dans des accès de convoitise ou de panique collective
après une période d'évolution excessive exigeant une forte correction.

Dans une telle situation, placer son argent ou le récupérer, ou
même changer de
cheval et arbitrer entre divers actifs, devient
impossible
(ou sinon avec une énorme perte, voir un exemple dans
l'article Equilibre offre - demande et formation du cours de bourse).

De même sur les "futures" (marchés de contrats d'achat et vente à
terme) et autres marchés "dérivés" (options d'achat ou de vente...),
les gens "collés"
sur  des positions longues (= qu'ils ont conclues à
l'achat) ou courtes (= à la vente) ne peuvent ni les régler ni s'en
dégager ni les inverser.


Pris dans cette souricière, ils deviennent en particulier incapables de
limiter leurs pertes éventuelles en sortant du jeu et se trouvent
menacés de ruine.

3) Crise générale de liquidité du système financier
     (crise systémique)

Une crise financière générale autrement dit qui s'étend à la plupart des
institutions et marchés financiers et les rend illiquides est appelée une
crise systémique.


Définitions de crise systémique et risque systémique


Au sens économique, le risque systémique et la crise systémique sont
des troubles susceptibles d'affecter gravement tout le système
financier et monétaire.

Ce risque épidémique peut se matérialiser par:
  • Un crash effondrement du prix la plupart des actifs financiers,
  • Le disaster naufrage de nombreuses institutions financières
  • Le poor défaut de paiement d'Etats surendettés 
  • De freeze graves régressions de l'activité économique
(production, consommation, emploi...)
  • Tout cela sur une base planétaire,
Eh oui,  les communications étant devenues rapides et
faciles favorisent l'interaction mondiale des activités
humaines.

Causes et processus d'une crise systémique
(effet domino)


=> Voir la section sur ce sujet en fin de cet article.

Liquidité et econsector économie

1) Crise de liquidité asséchant la demande en général

La finance, même si la mode est de la diaboliser (bon, elle a aussi ses
excès et égarements), est avant tout par nature et par destination
le moyen de financer l'économie.
Un problème de liquidité du système financier
a donc un grave impact économique
.

Lorsque le resserrement du crédit et la pénurie de liquidités prive de
moyens
equipment l'investissement et la market consommation,
un ralentissement
ou recul (récession) économique survient.

Certes, d'autres causes peuvent y contribuer, comme des déséquilibres
économiques
sous-jacents, par exemple des productions inadaptées,
la  défection des
consommateurs, des déquilibres commerciaux
internationaux, ...).

Cette situation de restriction monétaire ne doit pas être confondue
avec une "trappe à liquidité".
Celle-ci survient quand la liquidité
créée sous l'égide de la banque centrale est surabondante mais que les
gens préfèrent garder cet argent en réserve (ou l'orienter vers le secteur
financier) plutôt que le dépenser dans des biens et services, vu qu'ils
pensent, par exemple:
  • que les prixprix vont baisser
de ce fait ils préfèrent attendre avant d'acheter.
  • Ou que leurs revenus sont poor précaires (crainte du chômage...)
Ils préfèrent alors épargner à titre de précaution
pour un mauvais jour.

2) Crise de liquidité affectant une entreprise

Une entreprise (ou autre organisme) peut être victime de sa
propre crise de liquidité, et se retrouver en grand risque de faillite,
si son "ratio de trésorerie" (liquidités et créances à court terme /
dettes à court terme), calculé à partir de son bilan, est
distortasymm inférieur à 1. Dans ce cas,
  • le montant de ses créances encaissables à terme
(actifs liquides et lignes de crédit bancaire à court terme)
  • <--> est insuffisant pour couvrir ses dettes à court terme.
L'entreprise n'a pas l'argent disponible pour les rembourser
et est donc en "cessation de paiements".

3) Crise de liquidité ou de solvabilité

d'un Etat ...ou des Etats

(voir aussi le l'article plus détaillé :
Dettes souveraines dans la tourmente)

Et si des Etats causaient une crise systémique ?


Non seulement des institutions financières mais aussi des Etats (en
pratique  leurs trésors publics, émetteurs d'obligations) ayant
abondamment emprunté pour  colmater au fil des jump  déficits
budgétaires, peuvent être incapables de faire à leurs échéances et de
trouver de nouveaux prêteurs.

=>
La méfiance s'installe. On ne peut pas parler de simple crise de
       liquidité
temporaire, car elle est l'aboutissement d'un déséquilibre
       de solvabilité
.

Cela peut déclencher par spiralenchaînement une crise planétaire de
liquidité. avec des implications dramatiques sur, outre le marché des
obligations le système bancaire, le marché des changes (perte
de crédibilité et comportement erratique des grandes monnaies), et
bien entendu toute l'économie mondiale.

Dans les dernières décennies, l'Argentine, la Thaïlande, le Mexique et autres
Etats de poids économique moindre ont chuté de la falaise.
Ce sort a frappé plus récemment d'autres Etats ayant nécessité un sauvetage
d'urgence et des aménagements de dettes (Islande, Irlande, Dubaï, Grèce,
Hongrie, Portugal, Chypre..).

La crise monétaire qui a affecté après le printemps 2010 la zone Euro, et
maintenant un peu calmée fut un symptôme. Le rebondissement de la crise
dette en 2015 est particulièrement inquiétant.

Pourtant la situation de cette zone n'est pas la pire (*) car l'origine du
laxisme monétaire mondial se situe, inspecteur, dans les très longues
pratiques volontairement négligentes
(un quasi oxymore, je sais)
de la banque centrale américaine, la Fed pour les intimes (d'ailleurs
très impliquée dans la crise des subprimes de 2007), et l'importance du
déficit budgétaire américain.

(*) certes sa gouvernance financière brille par une certaine absence,
      toujours les défauts de l'inter-gouvernemental par rapport au vrai
      network fédéralisme)

Une dégradation de la note de la dette américaine a eu lieu en août 2011
parStandard & Poor, lui faisant perdre son triple A. A se demander
pourquoi les agences de notation furent aussi indulgentes jusque là.
S'y
ajoutent des phases périodiques de sueurs froides où le congrès américain
recule devant l'accroissement du plafond de sa dette, avec risque de mise
légale en faillite.

Pour éviter, si un pays est fortement attaqué par les investisseurs, que
cela dérape en défiance générale avec les implications dramatiques déjà
évoquées, une mobilisation d'urgence du FMI, de la Banque mondiale,
des Trésors publics et Banques centrales des grands Etats
a généralement
lieu.

Il s'agit d'accorder un tool dépannage financier au pays concerné (avec
parfois des "haircuts", abandons partiels de créances par les prêteurs), en
échange d'une certaine mise sous tutelle de celui-ci, qui doit accepter des
"conditionnalités" (plan de rigueur et de redressement) pour retrouver à
terme sa santé financière.

Demandons nous ce qui se passerait si un ou plusieurs grands Etats
se retrouvaient dans une telle situation de faillite
.
Ce n'est pas une simple hypothèse d'école puisque certains d'entre eux,
et pas des moindres (voir ce qui est dit plus haut concernant les USA)
affichent un fort déficit budgétaire et des sommets d'endettement public.
Les emprunts d'états ("dette souveraine"), et même
les monnaies
(cf. ci-dessous l'aspect "banques centrales)
sont-ils les nouveaux "actifs toxiques" ?
Les conséquences d'une telle crise généralisée seraient incalculables tant
pour les Etats faillitaires que pour les pays créanciers (Chine...).

Toutefois, tout le monde se retrouvant "dans le même bateau" en
perdition, un effet positif pourrait être, pour limiter les dégats, d'obliger
à revoir "à chaud" de façon novatrice la "gouvernance" économique
et politique mondiale,
chacun oubliant ses coquetteries ego nombrilo-souverainistes.

4) Et les banques centrales ?

(voir aussi l'article plus détaillé : "Vers une monnaie mondiale").

A noter aussi la situation précaire de diverses banques centrales
ayant créé de la monnaie à la pelle
, avant et pendant la crise, avec
pour contrepartie un portefeuille d'actifs pouvant être risqué et déjà
déprécié.
Cela explique une défiance envers leurs devises sur le marché des
changes et des symptomes de fuite générale devant la monnaie au
profit de biens spéculatifs ou autres "refuges".

Le fait que les banques centrales contribuent au sauvetage
général
, avec des taux de refinancement très bas et l'achat de dettes
souveraines, peut sur le moment rassurer. Elles jouent là le rôle dit du
pompier "dernier recours".

Mais ce petit miracle est également source de nouvelles incertitudes,
d'une part sur la solidité de ces institutions ayant engrangé des actifs
non rentables ou risqués
, d'autre part sur l'évolution de la valeur de
la monnaie qu'elles ont émise.

Bien entendu, et cela nous ramène au chapitre 1, courent le même
risque
trois types d'institutions financières clés ayant des
dettes souveraines
(et éventuellement d'autres actifs risqués :

* les banques commerciales (elles participent à la création et
    conservation de monnaie en dépôt, et utilisent des refinancements
    de banques centrales),

* les compagnies d'assurances

* les fonds de placement (dont certains qualifiés de "banques de
   l'ombre), aux bilans généralement bien moins liquides que
   ceux des banques

 
Causes et processus d'une crise systémique
(effet domino)

L'invasion des dominos tueurs.


Une crise systémique financière ou monétaire peut être activée par un
"effet domino"

Dans ce cas l'effondrement d'une grosse institution financière
(banque, fonds de placement ou de pension, compagnie d'assurance...)
ou la faillite budgétaire d'un grand pays s'étend à tout le système
financier et
monétaire de la planète.

Cette possible contagioncontagion est un enchaînement économique /
financier bien connu à travers l'Histoire des crises et dont certains
leviers ont été activés par la crise financière en cours.

Ce scénario peut se concrétiser si
un effondrement local au
départ n'est pas maîtrisé immédiatement
(par un sauvetage avec
des injections d'argent public habituellement, ...en supposant que les
gouvernements ne soient pas eux-mêmes dans des situations financières
critiques).

Voici un déroulement possible de la chûte des dominos :
  • La débacle d'une institution...
...peut entraîner d'énorme pertes pour les autres institutions
qui ont avec elle des network relations financières (dépôts, prêts,
règlements, comptes, placements et autres contrats et instruments
financiers),
  • Cela peut causer une méfiance du public envers ces institutions.
Les gens retirent leur argent ou vendent leurs actifs financiers (et
leurs biens immobiliers s'ils ne peuvent pas faire face aux charges
de leurs
prêts).
Nous retrouvons là une crise de liquidité décrite plus haut avec
  • Plus de vendeurs d'actifs financiers que d'acheteurs,
  • Moins de dépôts du public dans les institutions financières
  • (et moins d'argent disponible pour financer l'activité économique).
Ces institutions ainsi privées de liquidity cash entretiennent entre
elles, comme vu ci-dessus, des relations financières croisées,
elles peuvent avoir de gros problèmes pour se rembourser l'une
l'autre
, d'où la possibilité d'une cascade de faillites.

  • Last but not least, nous venons d'y faire allusion, les institutions qui survivent
  • ont le réflexe - pour échapper à la contagion d'illiquidité - acquérir ou du
  • moins conserver des actifs sûrs et liquides plutôt que financer leurs clients.

  • => Survient alors un complet "étranglement du crédit"

          Il met en danger l'ensemble des activités économiques.

    Comme les investisseurs et clients eux-mêmes se sentent
    appauvris
    par les chutes de prix des actifs de placement (ou par
    l'hyperinflation, selon le type de crise),
    cela met un frein à leurs
    dépenses, une contribution de plus à la régression économique.

    Toute cette cascade peut aboutir à faire s'écrouler e Système
    monétaire
    ou financier mondial (avec de dramatiques
    conséquences économiques
    ), d'où le mot "systémique".

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    M.a.j. / updated : 24 sept. 2015
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