Besoins, satisfactions,
préférences, utilité économique


Satisfactions et insatisfactions sont sources de grandes et petites
quêtes économiques (allant de choisir sa voie professionnelle
à trouver son casse-croûte en fin de mois), et aussi, en pénétrant
dans l'âme humaine, de grandes questions psycho-sociologiques
.

 * Y a t'il une pyramide des besoins ?
 * Y a t'il "transitivité" des préférences ?
 * Y a t'il clarté des objectifs ?
 * L'utilité guide t'elle la valeur économique ?


Ai-je besoin de ce que je veux ?
Et ce dont j'ai besoin, est-ce ce que je le veux ?
Encore des questions qui font vendre de l'aspirine !

Les besoins, c'est quoi ? Ca va jusqu'où?

Pour ne pas être petit joueur, et aussi pour répondre à vos ...besoins,
donnons dans cet article la définition la plus large possible des besoins,
non limitée à ceux considérés arbitrairement indispensables.

Un besoin est tout ce que quelqu'un ressent comme un manque
ou une  insatisfaction et qui walk contribue à motiver son
comportement

Cette source de motivation prend la forme de désir, affinité, souhait,
envie, pulsion, recherche ou attente (espoir) de satisfaction.

Il peut s'agir tant d'une nécessité immédiate
(voire d'une impulsion
en lisant un menu)
ou d'une orientation profonde orientant toute la vie.

Ca en fait des besoins !
Et encore on a limité la liste, pour ne pas se coucher trop tard !


=>
Autant dire que les besoins humains
     
sont potentiellement sans limite !
.

Toutefois une différence est souvent faite
par ceux qui traitent doctement du sujet:
  • Par les moralistes (*)  entre des besoins
recommendables ou non.
(*) que ces doctes personnes soient hautement inspirées, ou de
     
comptoir, dogmatiques à oeillères, ou réfléchis, ouverts et
      sages, mais au total, par définition, subjectives (qui ne l'est
      pas) et normatives.
     
Comme pour bien des choses du domaine social et économique,
      ce
n'est pas en fixant des normes a priori que nous trouverons
      des bases scientifiques
pour comprendre les phénomènes de
      ce monde
, que ces normes soient respectables (par exemple
     
celles liées aux droits de l'homme) ou hallucinées.
  • Par les juristes.
Eux-aussi ont leur petite liste, en fait des milliers d'articles de
code (mot approprié car ils tiennent souvent du message crypté)
doublés  d'une pléthore de réglements labyrinthaux, sur ce qui
est permis ou non.
  • Par les économistes,
qui tout en prenant toutes les réalités en compte, c'est la seule
attitude scientifique, tendent toutefois à séparer les simples
besoins de base
(de survie notamment) des besoins
supérieurs plus sophistiqués.


Abraham Maslow a théorisé ce genre de gradation sous la forme d'une
pyramide des besoins.

Pour éviter un copié-collé, je vous laisse trouver les détails sur Internet.


A noter aussi que certains besoins "profonds" ne sont pas
du
domaine économique, au sens qu'ils ne peuvent pas être
satisfaits
par le système de production - répartition - distribution
qu'il implique.


Selon la théorie de Maslow, une personne ne ressentirait les besoins
supérieurs
(qui peuvent faire partie aussi de ces besoins profonds,
paradoxe de la sémantique) qu'une fois ses besoins de base satisfaits.
D'abord le saucisson, ensuite la toîle de maître.

En pratique, cette hiérarchie est à relativiser.

C'est toute la réalité - et l'ambigüité - des préférences des individus,
un aspect 
décrit ci-dessous.
Elle varie d'une personne à l'autre, et aussi chez la même personne
dans des situations
différentes.

Les préférences

Les goûts et les couleurs...
L'argent ou le beurre?
Ou autre chose ?

Les gens font un classement conscient ou non de leur besoins, à partir de
leurs préférences et priorités.
L'ordre des préférences diffère d'une personne à l'autre.

De plus, cette hiérarchie personnelle est très fluctuante. Et loin d'être
totalement claire.
Si quelqu'un annonce doctement préférer le bonheur à
l'argent, reste à savoir si c'est son comportement dans la vie pratique.
Différence entre préférences annoncées et préférences révélées qui
elles apparaissent sur le terrain !

Deux questions qui se posent concernent donc la transitivité des
préférences et la clarté des intentions et buts.

1) La transitivité des préférences

Embrouillamini des priorités?

Les préférences sont censées être transitives:
* Si une personne préfère A à B
*
et préfère B à C, 
=>
elle préfère normalement A à C
Mais dans la vie réelle ce n'est pas toujours le cas.
Je peux préférer le chocolat au nougat et le nougat au pâté de foie,
mais
je peux préférer le pâté de foie au chocolat.
Mais si, mais si, même au petit déjeuner si ça me chante !

De plus il peut y avoir des inversions de préférence : aversion au risque,
un jour donné ou dans une situation ou activité particulière, inclination au
risque dans d'autres moments ou cas

2) La clarté des intentions et buts.

De l'inconscience à la cachotterie.

Certaines préférences sont très conscientes et clairement formalisées.
On est alors dans le domaine des intentions, des buts, des objectifs.
Ce sont des facteurs cruciaux de la
decision prise de décision.
Beaucoup de personnes "ont un plan", un "agenda" en tête.
Ils
goal visent quelque chose et cela les pousse à agir même en
l'absence d'évènements extérieurs incitatifs (stimuli).
Une pierre dans le jardin de la théorie behavioriste qui se centre
un peu trop sur le couple stimulus => réaction.
D'autres préférences sont moins consciemment exprimées.

Il y a tout d'abord des buts souterrains (*) qu'une personne poursuit
sans trop s'en rendre compte, qui hantent son moi inconscient, influencent
ses décisions et actions, et sont en conflit avec d'autres buts qu'elle ressent
et exprime plus clairement.
(*) je sais, pas forcément des besoins profonds, désolé d'enfoncer le clou
      sur le paradoxe déjà évoqué.


De plus, dans leurs comportements vis-à-vis des autres, les personnes
ont assez souvent un agenda, des visées et motifs cachés. Sans
tomber dans la méfiance systématique, il est bon de rester en éveil,
oreilles dressées et antennes vibrantes, quand on  est en relation avec
des personnes guidées par un ordre du jour préfixé.

L'incidence économique : 
utilité et ophélimité
Divers besoins humains peuvent être satisfaits à travers des
network  échanges.

Et en particulier, c'est du moins le cadre de cet article, des échanges de
nature économique portant notamment, bien entendu, sur les biens et
services de consommation.

L'économie, en tant que domaine d'études, examine comment
les ressources
(
facteurs de production ...), qui existent en
quantité et qualité plus
ou moins limitées, sont allouées face
à des besoins potentiellement illimités
.

=>
En découlent diverses notions, approfondies ci-après: utilité et
        ophélimité,
utilité sociale, utilité financière...

A) Utilité économique

Faites votre prix !

L'utilité économique est (comme sa cousine, l'utilité financière dont nous
parlons plus loin) ...un nombre.
C'est la sous valeur monétaire personnelle que quelqu'un attribue
à quelque chose (produit, service...) qui:

* satisfait un (ou plusieurs) de ses besoins
* ne peut être obtenu qu'en échange contre autre chose, en
     général  de l'argent.

Cette valeur est liée

* aux préférences de cette personne parmi les diverses
     satisfactions qu'elle vise,
*
et aussi bien entendu à ses propres possibilités (financières
     ou autres)

L'utilité économique d'un bien, service (y compris une prestation de
travail), un placement, etc. ) est un chiffre plus ou moins approximatif
que se fixe une personne comme
measure critère pour décider d'acheter
ou
vendre, en comparant cette utilité au prix (prix de marché,
tarif, proposition de prix...).
.
En principe cette personne:
* achète ce qui lui apporte une utilité supérieure au prix à payer
* vend (ou loue, s'agissant de travail) ce qui lui est payé plus cher
   que ce qu'est
pour elle l'utilité de le garder
On peut d'ailleurs considérer que le prix de marché traduit un
équilibre
entre les utilités de tous les vendeurs et acheteurs.

Oui, mais le fait que ces utilités soient conscientes ou inconscientes,
comme c'est le cas des préférences,
apporte un fog flou qui ne
simplifie pas
l'analyse,
on l'a vu plus haut, et on n'en reparlera plus loin,
admirez l'art de la cohérence et du crescendo qui sous-tend cet article.


Pour certains économistes (tout d'abord les "classiques", tant Smith
que Marx) les valeurs sont liées aux coût de production, notamment
la valeur du travail effectué, auxquels les propriétaires qui ont investi
dans l'entreprise
ajoutent une marge bénéficiaire en rémunération de
leur contribution financière et leur risque financier.


Ce coût combiné des divers facteurs de production est bien entendu
un élément mais seulement vu du côté du vendeur ou plutôt de son
comptable.

Suffit pas que quelque chose coûte à produire pour qu'on en ait
besoin et pour que ça vaille quelque chose.

Jean Amadou disait, avec un peu plus de bon sens que Smith et
Marx
"combien de choses ne valent pas ce qu'elles coûtent"

En fait aucune entreprise ne lancera un produit ou un service sans avoir
une idée, objective ou subjective, de ce que les acheteurs sont
prêts à le price payer
.
C'est à partir de cette anticipation (certes elle a pu se tromper, il y a
toujours un risque) qu'elle décide ou non de le lancer et d'affiner son prix.

Où cela se complique c'est que la théorie de l'utilité économique considère
que les gens ont une idée précise de ce nombre.
Mais précisément c'est ...théorique.
=> En fait les gens ont souvent une notion plutôt floue et
        instinctive
de cette valeur utile pour eux de ce qu'ils achètent,
         produisent ou vendent.

De plus divers travers comportementaux, tels que des erreurs /
défauts cognitifs, distorsions émotionnelles et réponses automatiques,
peuvent biaiser  leur perception de l'utilité.

B) Ophélimité

Certains voient une différence entre les envies, qui seraient souvent futiles
ou nuisibles, et ce qui seraient de "vrais besoins" honorables
Ces prêcheurs de l'ascétisme et de la frugalité battent la campagne pour
dire que la valeur économique devrait se baser sur une utilité objective
pour soi et pour les autres et que la rationalité et la moralité devraient
être les critères pour justifier l'utilité.

Cette approche philosophique moraliste et normative (même si
certains critères pouvant paraître scientifiques visent à l'étayer),
donne des classements plus subjectifs qu'objectifs.
Elle s'écarte de la compréhension des comportements réels
et du raisonnement factuel sur le fonctionnement économique.

Chacun a sa façon de définir ses besoins et de considérer comme fort
désirables des choses que d'autres n'approuveraient pas et regarderaient
de travers.

Les économistes peuvent certes tenter de prévoir les
conséquences
pratiques de tel ou tel type de décision économique
mais ils sont mal
placés pour arbitrer sur le côté moral ou non des motivations

et ainsi fixer des normes sociales
.
Cela sort du domaine scientifique.
Beaucoup de prêcheurs souhaitant formater l'âme humaine et la société
par des idéologies puristes sont mal
placés aussi, mais c'est une autre
histoire.


C''est pourquoi une appellation plus générale pour designer les besoins et
valeurs en réalité ressentis par chacun, qui évite le sous entendu rationnel
ou moral propre au mot utilité, est "ophélimité" (ou désirabilité).

C) Bien commun, utilité sociale

Certains besoins sont considérés communs à tous, une idée qui pourrait
justifier qu'une autorité supérieure (l'Etat...) impose leur application
générale.

Jusqu'où la notion de "bien commun" ou d'"utilité sociale" est d'une part
toujours fondée, d'autre part à imposer autoritairement, est source d'un

vif débat qui va au delà du sujet de cet article.

D) Utilité financière et risque

Dans le domaine de la finance, l'utilité prend en compte les risques,
ou plutôt l'attitude face au risque des acteurs (investisseurs, traders,
emprunteurs, institutions financières privées et publiques..).
Les gens peuvent ainsi préférer:

* Une certitude d'obtenir 100 euros cash
* A une chance de 50% d'obtenir 200 euros à la place.

Ils vont considérer par exemple que la deuxième a pour eux une "utilité
espérée",

* non pas de 200 x 0,5 = 100 euros,
* mais de seulement 70 euros.
La différence entre la valeur fondamentale de l'offre (100) et son utilité
espérée (70) par la personne à qui elle est proposée est une mesure de
"l'aversion au risque"
de cette personne.
Transposé au niveau de l'ensemble des intervenants sur un marché,
c'est un critère important dans calcul l'évaluation financière.

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M.a.j. / updated : 17 juil. 2015
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