Risque, incertitude et aversion au risque

Du prévisible au probable et à l'incertain

Le risque est mesurable, l'incertitude c'est l'inconnu.

Si on fait des choix, qui impliquent des risques ou incertitudes,
on souhaite généralement en récompense une prime de risque,
autrement dit une perspective supérieure de gain.

L'aversion exagérée au risques et à l'incertitude conduit à la réticence
envers la nouveauté, ou à se rattacher à de fausses certitudes
(croyances, illusions...)

fogL'incertitude est la vie.
 diceLe risque y ajoute calcul l'arithmétique.

Définitions

Les deux facettes.

On confond souvent incertitude et risque.

Des notions certes cousines. Elles recouvrent toutes deux la possibilité
d'événements
modifiant
de façon dommageable une situation.

Mais il y a une importante différence entre ces deux types d'aléas
qui sont:

  • Mesurables, dans le cas du risque.
  • Non mesurables, dans le cas de l'incertitude.

On ne sait d'ailleurs pas, dans le cas de l'incertitude (situations
nouvelles non couvertes par des statistiques fiables) quels pourraient
être ces évènements 
et s'ils seraient vraiment négatifs.


Qui aurait pu prévoir avant la découverte de l'Amérique, l'irrésistible
emprise des tomates et pommes de terre sur la cuisine européenne ?

Chose utile, direz vous, mais comment ont les pauvres choux et carottes
pu survivre à une aussi féroce attaque légumière ?


Le couple risque-incertitude n'est qu'une face du panorama complet
des possibilités, qui comprend aussi celles d'issues ou
retombées
favorables
.

Diaboliser le risque et l'incertitude, présents à tous moment de la vie, ne
verrait qu'un côté des perspectives, penser que la pièce qu'on jeterait en
l'air en naissant (hé oui, naître c'est parier) n'a qu'une face !
Soyons vigilants, mais é
vitons fear l'angoisse, la croyance que toute
nouveauté est une menace
!

Conséquences sur les décisions

Pour decision prendre des décisions (et si bien sûr on a le choix), il
est crucial
:

* d'être conscient des risques (et de l'incertitude) que comportent les
    actions
(ou inactions) décidées
* et de juger si les bénéfices désirés et considérés possibles les
   justifient
ces actions.

Mais le risque, plus ou moins objectivement connu, n'est pas le seul facteur
de décision.

On peut dire "heureusement".
Sinon seule la
freeze frilosité conduirait notre vie, et les initiatives seraient
aussi rares chez les humains que chez les laitues.


L'aversion au risque (*), et sa grande soeur, l'aversion à l'incertitude,
attitudes courantes et compréhensibles (mais le "goût du risque" existe
aussi)
, n'ont de vertu que si elles ne deviennent pas excessives au
point de paralyser les décisions, actions, innovations ...et fantaisies...

D'autant que l'inaction, le repli et l'obsession de la protection ne sont
pas toujours la meilleure façon d'éviter les dangers, pour les
personnes comme pour les sociétés humaines.

(*) E
n économie et finance, cette aversion est quantifiable en mesurant
      la compensation de nature monétaire :
la prime de risque qu'obtient
      celui  qui accepte une opération risquée.
      Un exemple figure plus bas dans le chapitre qui détaille ce cas particulier
      du risque financier.

Risque et probabilités

Quand les choses ne sont pas totalement incertaines, que donc on peut
estimer avec une certaine précision
la fréquence et l'étendue de
certains événements dommageables, on peut parler de risque.

Le risque est habituellement mesuré à l'aide des dice probabilités.
Le mot risque veut dire ainsi en même temps:
  • La probabilité (fréquence attendue) d'une perte.
  • et l'importance possible de cette perte
(un montant monétaire si de l'argent ou du patrimoine est en jeu).

Les probabilités sont tirées habituellement de statistiques sur la
distribution (fréquence) d'événements passés.

Comme le montre l'article à leur sujet, les
probabilités sont des outils à
double facette.
  * Il ne faut pas les ignorer sous peine de graves erreurs de prévision
  * Mais leur pertinence doit être soigneusement examinée.

Outils pour gérer le risque

Tout individu et toute institution humaine est soumis à des risques.
Chacun cherche à le contrôler, le gérér.


Cette quête a conduit à créer divers d'outils de gestion du risque.
D'importants secteurs d'activités se sont développés pour offrir
des moyens adaptés : assurances, dérivés financiers, équipements et
conseil en sécurité, sociétés de protection...

Sans parler des florissants business du charlatanisme et de l'ésotérisme
et autres exploitations de la crédulité.

Et bien entendu l'univers des jeux où les probabilités sont suivies de près.


Une certaine prudence est nécessaire avant d'utiliser ces moyens
de contrôle du risque
, même les plus légitimes
.

Il faut comprendre à fond comment ils fonctionnent en sachant que certains
peuvent être illusoires ou même contreproductifs.
Une mauvaise utilisation peut créer une fausse certitude de sécurité
(comme pour les institutions ayant misé sur les subprimes et se croyant
couvertes en ayant acquis des options de garanties de crédit
).

=> Nous reviendrons plus loin sur les fausses certitudes.

Incertitude, prévision et scenarios

Jouons les Jules Vernes !

A l'inverse du risque, l'incertitude est un aléa non mesurable.

L'incertitude est présente partout.
Il vaut donc mieux ne pas s'accrocher à de fausses

certitudes
(dogmes et illusions) et savoir que toute
action dans la vie
suppose d'accepter un pari sur
l'avenir, sans êtes très sûr de sa probabilité de
répondre aux objectifs recherchés.

Non seulement il ya de l'incertitude partout mais elle s'applique encore
plus aux territoires inexplorés
, aux situations inédites, aux ballades
dans l'inconnu, où les statistiques d'événements similaires sont indisponibles
ou non pertinentes.

En fait, l'incertitude peut ne pas apparaître comme telle lorsque le décideur
fait une confiance abusive et un mauvais usage des outils probabilistes
historiques sans se poser la question des évolutions,
jump ruptures
et événements rares,
propres à de nombreu
x systèmes dynamiques
qui sortent de
s schémas pour lesquels ces outils ont été prévus.

Dans ces cas où les données "dures" manquent, et où une certaine vision
du futur est quand même nécessaire pour prendre des décisions, il y a lieu
mentalement d'explorer l'inexploré, sans restriction de l'esprit et ainsi:
  • d'établir des scenarios, hypothèses,
et aussi parades et solutions alternatives...
  • d'accompagner chacun de ces cas de figure d'une probabilité subjective
(probabilité conditionnelle ou probabilité bayésienne pour faire
chic), voire en ayant recours à la
logique floue encore plus flexible.

Risque, incertitude et prise de décision

Comparer le risque (et l'incertitude) aux luckbénéfices potentiels
(en argent ou autres) est l'une des bases de la prise de décision, un critère
essentiel pour faire des choix.


Normalement, les gens ont une aversion au risque au sens que
plus ils prennent un risque élevé, plus ils exigent des bienfaits ou bénéfices
potentiels encore plus élevés.
Un aspect développé plus loin au sujet de
la finance avec la notion de la "prime de risque".


De plus, habituellement, leur aversion à l'incertitude est encore plus plus
forte que leur aversion au risque.
On passe de l'aversion au risque à
quasiment la haîne de l'incertain
.


Mais de telles attitudes sont à moduler concernant la façon de les aborder.
Du fait de leur haîne pour l'incertain les gens peuvent souvent:
  • Soit, pour se sentir plus à l'aise, laisser leur perception être détournée 
par de "fausses certitudes".
  • Soit, à l'autre extrême, être hostile
à toute action dont les perspectives présentent des aspects
inconnus
("principe de précaution") et ainsi rater des
opportunités


Ces deux attitudes extrêmes sont décrites ci-après

Extrême 1: Fausses certitudes

Les fausses certitudes dans des domaines et situations où règne l'incertitude
sont des croyances et illusions.
Elles
peuvent venir d'un manque de connaissance ou d'attention, mais aussi
d'un refus d'envisager ce que l'on ne connaît pas pour ne pas ressentir
le côté pénible
de devoir l'affronter.

Voici maintenant quelques exemples de cette attitude consistant à
se cacher les incertitudes, en croyant, soit que rien ne changera, soit
soit qu'on sait à l'avance comment les choses pourraient se passer:
  • Négliger (ou ignorer) les statistiques passées
sur des données non pertinentes (un prix passé for exemple),
  • Accorder un excès de confiance à la prédiction d'un nombre unique.
Cette illusion de certitude que donne une projection
unique, censée faciliter la décision,
fait négliger ce qui
est souvent plus important, les fourchettes d'estimation.
  • Etre sujet à d'autres sources d'excès de confiance 
soit individuelles soit collectives (contagions) et de prise de
désirs pour des réalités.

Un vaste sujet en lui-même, lié aux
croyances et illusions

Extrême 2: Résistance au changement
et principe de précaution

La peur de l'inconnu n'est pas
forcément bonne conseillère
.


L'aversion à l'incertitude peut conduire à une frilosité, à une résistance
acharnée au changement, au conservatisme mental et au "principe de
précaution"
.
Ce travers prend parfois la forme d'un véritable dogme de refus des
nouveautés, d'hostilité de principe à t
oute innovation (précautionnisme...)

A) La "résistance au changement",

L'attachement aux situations connues jusqu'à maintenant
, est un biais
de nature émotionnelle plus ou moins incrusté dans l'esprit humain.
On peut l'appeler le conservatisme ou le travers de status quo.

Cette préférence pour l'immobilisme ne fait pas bon ménage avec le fait
que la vie, la société et la nature sont des systèmes dynamiques donc
qui changent en permanence,
auxquels il est bon de s'adapter, en
gardant toutefois le droit de ne pas se soumettre à tout (qu'il s'agisse
de traditions ou de nouveautés d'ailleurs).
Cette résistance est évidemment particulièrement forte quand on
ne sait pas trop
ce que le changement va apporter (bien qu'il
n'y ait aucune raison de supposer que cet apport sera mauvais plutôt
que bon).
B) Quant au "principe de précaution",

c'est un paradoxe supposé
safety / orecaut protéger de ...ce dont nous ne savons
pas de quoi nous protéger
, tel que les situations entièrement nouvelles,
les initiatives ou découvertes dont l'équilibre entre bons et mauvais effets
peut difficilement être connu à l'avance.
Le bon sens consisterait,
* non pas à rejeter les nouvelles choses et les explorations en terrains
   inconnus, par simple aversion envers ce qu'on ne connait pas,
* mais au contraire à faire des essais, prendre des initiatives et acquérir
   un "retour d'expérience" après une durée suffisante, seule façon

   d'évaluer tant les apports que les dangers des nouveautés et savoir
   si les hypothèses positives ou négatives faites au départ étaient
   fondées.

Certes, cette façon de faire "essayer puis évaluer" heurte certains
esprits qui cachent
par des élucubrations leur peur envers toute
ouverture apportant un  changement.
Au total le
action principe d'initiative devrait prendre chaque
fois que
possible le pas sur le principe de précaution pour ne pas
bloquer toute évolution.

Le cas de la finance : la prime de risque

En bourse, la peur a un prix !

En quoi consiste cette prime

buysell Les investisseurs font des arbitrages  entre les placements en
fonction du rapport entre leurs bénéfices potentiels et leur risque / incertitude.
Ils tendent à demander un rendement supérieur pour les investissements
risqués
comparé à ceux réputés sans risque.
=> ce bonus, qui est en quelque sorte le prix (hé oui, le prix de la
        peur)
pour compenser l'aversion au risque est appelé la prime
        de risque
.
A titre d'illustration, le rendement attendu des actions, évolution des cours
de bourse compris, est habituellement supérieur de plusieurs points à celui
des obligations d'Etat (par exemple 10% pour les premières et 5% pour les
secondes).
=> Le cours de bourse des actions s'établit entre investisseurs qui
        tiennent compte de cette prime de risque, il est donc plus volatile
        que celui des obligations.

        Ce moindre prix que paye l'acheteur pour se procurer des revenus
        équivalents lui  apporte ce rendement supérieur.
        Mathématiquement en effet Rendement = Revenus / Prix.

Deux remarques sur
la pertinence et le calcul de cette prime


C'est, les marchés commencent à s'en rendre compte, parfois faire trop
d'honneur à la sécurité supposée de certaines obligations (titres
d'emprunts) émises par des Etats
(dont certaines sont actuellement
en mauvaise posture


Mais alors à partir de quel taux connu ou théorique calculer une prime
de risque ?

Désolé, là je ne peux pas vous aider, comme on dit c'est "une colle" !

Par ailleurs, s'il y a surestimation ou sous estimation des résultats futurs,
difficile de
mesurer la prime,
Certains considèrent que l'attitude face au risque est assez stable, donc
également la prime de
risque et que ce sont les valeurs futures estimées
attendues qui fluctuent

Il existe un marché pour transférer le risque financier

Divers instruments et contrats financiers, tels que les options
financières et autres "dérivés" permettent de transférer le risque entre
les acteurs contre paiement.


Les dérivés financiers sont des outils à double tranchant.
  • Ils sont supposés rendre le risque échangeable entre
* ceux qui veulent se couvrir contre lui
* et ceux qui acceptent de le prendre (en obtenant en même
    temps la possibilité de gain qui y est liée).
  • Mais les dérivés financiers peuvent être difficiles à calcul évaluer 
cela quand la valeur de l'actif sous-jacent est mal connue ou
surcotée grossièrement ,
voire quand ils font partie d'une
arnaque délibérée, comme ce fut le cas dans la
crise des
subprime

Les théories et modèles mathématiques 
du risque de marché

Des théories complètes ont été développées au sujet du risque sur les
marchés financiers, avec des concepts mathématiques tels que:
(amplitude moyenne des variations de cours, risque
systématique),
Prime qui elle même reflète une aversion au risque
(d'ailleurs plus ou moins variable dans le temps).

Ces modèles mathématiques peuvent donnent une fausse impression qu'on
peut réduire le risque financier à une simple "volatilité" statistique qu'on
peut domestiquer,
  • soit en connaissant exactement le risque maximum qu'on accepte
de prendre sur un actif financier
  • soit en le limitant par des techniques de diversification
(répartir les oeufs sur plusieurs paniers, donc plusieurs types
de placements)
  • soit en le transférant
à l'aide notamment des instruments cités plus haut.

Cette impression de contrôle par les mathématiques néglige le fait
qu'existe une incertitude fondamentale du marché.

Les marchés sont des systèmes dynamiques complexes aux
évolutions non
entièrement prévisibles et soumis à des réactions
humaines (donc à des
travers comportementaux individuels et
collectifs), dans lesquels
les choses se répètent
rarement de la
même manière.


Notamment dans les périodes de bouleversements de toutes
sortes, comme celle que connait actuellement le monde, le côté
prédictif des séries statistiques historiques doit être relativisé
fortement.


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M.a.j. / updated : 30 août 2015
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