Le pouvoir des experts, analystes,
conseillers, gourous, consultants
est-il excessif ?

Face aux conseilleurs, le payeur doit rester le décideur
et garder son indépendence.


Les décideurs doivent garder leur indépendence et liberté.
Ils ont certes besoin de recourir à des experts, mais ce doit être avec
discernement sans se laisser déborder par leur emprise.

Cet article fait un rapide inventaire de cas où des experts, voire des gourous,
peuvent prendre un pouvoir abusif, et des incidences de cette emprise sur
l'individu, la population et la société,

incentive Les conseilleurs ne sont pas les payeurs
Les écouter, OK, mais restez le patron de vos décisions !
D'où mon conseil ...de se méfier des conseils. Osé, non?

Cet article cherche à inventorier, et la moisson est abondante, dans quels
cas les experts deviennent
envahissants et prennent un pouvoir
abusif,
et d'analyser les incidences de cette "soumission" sur l'individu, la
population et la société .

L'une des causes est le sentiment d'insécurité face aux
 fog incertitudes du monde. D'où comme c'est le cas
cas caussi pour les
 mystic croyances la recherche d'assurances
évitant la
douleur du doute face à la decision prise
de décision.

Des experts assurant le rôle de doudou en peluche du décideur angoissé.

Il y a parfois aussi une certaine paresse consuisant à s'abstenir de creuser
par soi-même les questions à affronter.
Cette thèse de la "soumission", extrapolée notamment de
l'expérience de Milgram (voir plus loin)
est certes controversée.

Certains trouveront qu'elle force le trait, invente une croisade
contre une nouvelle oppression supposée, voit de nouvelles
"classes dominantes" partout
pour expliquer les heurs, bonheurs
et malheurs du monde.


Loin de ces stéréotyp
es et
raisonnements binaires, les experts ont
bien
entendu leur utilité dans un monde où bien des questions
deviennent de plus en plus pointues.
Mais ce sont les
skid dérives, hélas ni occasionnelles ni minimes,
qui peuvent inquiéter.
Forcer le trait sur ces dérives préocupantes
n'est pas inutile pour attirer l'attention sur un sujet pourtant crucial
en matière de société mais rarement mis sur la table
.

Ce qu'il faut peut être retenir c'est comment utiliser les experts avec
discernement afin de ne pas se laisser déborder.

Oui, mais les experts ont quand même 
une ...expertise?


OK, les experts sont parfois
dominateurs, que ce soit par caractère ou en
suivant leurs propres objectifs et intérêts
, mais ils ont une compétence, non ?
Leur
expérience leur permet de décortiquer les questions, en d'immédiates,
fulgurantes intuitions,
cela bien mieux que nous, le vulgum pecus, pas vrai ?

Oui, mais cette intuition forgée par l'expérience leur permettant de comprendre
ce qui est en jeu de façon quasi instantanée
peut aussi les conduire à écarter
toute observation et
explication autre que ce qu'ils ont cru voir.
Cela par (attention, avalanche, mais c'est pas forcément tout à la fois) :

* surconfiance,
* routine (heuristique),
* vision tunnel (centrage sur une interprétation immédiate négligeant
   d'autres scénarios),
*
partialité (conclusions  binaires),
* défaut d'attention,
* conformisme par rapport à leurs pairs
* et aussi image : besoin de donner des réponses tranchées pour
  
éviter une réputation d'incompétence aux yeux des demandeurs.

Bien sûr, c'est loin d'être toujours le cas, et leur apport face aux décisions à
prendre est précieux
. Mais cela si on les considère comme surtout une source
d'information
, qui laisse une place à vos propres
investigations et analyses
et à la quête d'autres opinions.
Dans
les domaines qu'on connait mal, s'informer est la priorité, et les experts
sont une
source
souvent incontournable. Mais ils ne doivent pas être la seule.

Types de conseilleurs pouvant créer de faux semblants.

L'habit fait le moine dit-on.
Et les habits sont multiples.
  • L'expérience de Milgram sur dependence l'obéissance à l'autorité,
mais aussi aux experts ou considérés tels,
Elle organisait un soi disant jeu où des candidats devaient administrer
des chocs électriques de plus en plus forts à d'autres joueurs donnant
de mauvaises réponses à un quizz.

La confiance envers les experts, et la fiction que ceux-ci prenaient
l'entière responsabilité de ce qui se passerait, fit qu'une grande
majorité de joueurs atteignirent l'extrème de la docilité /
soumission
en infligeant des chocs (heureusement factices)
potentiellement mortels à d'autres joueurs (des comédiens
mimant la soufffrance).
  • Petite saga de la vie quotidienne, les vendeurs de biens et services
Ils sont souvent baptisés "conseillers de clientèle" (certes il vaut mieux
qu'ils adaptent dans une certaine mesure leurs offres aux besoins des
clients et à leurs possibilités financières s'ils veulent vendre).
Le problèmes est qu'ils obéissenty souvent à des objectifs formels
ou implicites
de vente, globalement et/ou par types de produits à
écouler sans grand rapport avec l'intérêt du client.
  • Les écoles philosophiques et  sociologiques
Les dogmes et théories réductrices y abondent (cela  rejoint le cas
exposé plus bas des chapelles religieuses) et risquent de pousser à
l'aveuglement extrémiste
, surtout si elles sont exploitées comme
outil de pouvoir par des leaders charismatiques

  • et, plus surprenant les paradigmes scientifiques
(alors que la science est censée être un espace de rationalité).
Les stars de ces domaines, et leurs écoles tendent à monopoliser
l'attention des universitaires, des professionnels ou du grand public.

Tant pis si la pensée en vogue ou le paradigme dominant (*)
est une illusion, une mode qui rejoindra le dépotoir des idées
dépassées.

Etoffer toujours
knowledge ses connaissances, oui, mais parfois il faut
savoir désapprendre
les acquis devenant plus nuisibles
qu'utiles.
  • Les mystic sectes, gourous religieux et "autorités" religieuses
Ellses s'écartent rarement de dogmes / doctrines binaires que soit
on accepte soit on considère hérétique.
Des comportements extrèmes peuvent être atteints par soumission
à ce(s) guide(s) dits "spirituels" plus ou moins autoproclamé(s).

L'Histoire a montré les folies et horreurs pouvant découler de
"purismes", fanatismes et intégrismes enfermant des adeptes
isolés ou regroupés en sectes, voire des populations entières,
sous leur emprise.

Des phénomènes semblables peuvent affecter des religions "laïques"
(idéologies politiques extrèmes, voir plus haut les écoles
philosophiques)

Ils peuvent être contaminés par le aping conformisme envers leurs
collègues et tentés de faire souvent des prédictions chiffrées similaires
les uns des
autres, souvent par simple extrapolation des données
passées, sans trop creuser les scénarios possibles de rupture de
tendance.

Ces prévisions centrées et alignées sur un chiffre ne permettent guère
aux décideurs de réfléchir à des politiques alternatives, et encore
moins au public de se faire une opinion indépendante.

Il est vrai que les clients des experts demandent des prévisions "claires"
inspirant confiance. 
Cela fait qu'un expert qui donne une fourchette passe pour un
incompétent peu sûr de lui  (aversion aux fourchettes
de prévisions).
Ils donnent généralement un seul chiffre de projection de bénéfice par
action (au lieu de plusieurs scénarios).
Cela prive de latitude de décision ceux qu'ils informent).

De plus conditionnés par la pression des pairs, et dans l'attente de ce
que feront ceux-ci, ils réagissent souvent tardivement aux
évènements nouveaux, n'ajustant leurs évaluations qu'après que
les cours de bourse aient eux même réagi au lieu d'avoir anticipé
les scénarios possibles.

De plus leurs recommendations d'achat / vente peuvent viser, s'ils
travaillent
pour des intermédiaires (courtiers...) à attirer les investisseurs dans
des opérations source de fortes commissions par leur employeur.
  • Les agences de notation des dettes,
Payés par les émetteurs de titres (obligations..;) sur le marché financier,
elles peuvent être lentes à déclasser ces débiteurs quand des risques de
dégradation commencent à s'accumuler.

Souvent elles n'abaissent leur note qu'après que le marché ait commencé
à avoir des doutes sur leur solvabilité.
Quitte à tomber dans la surréaction genre course à l'échalote une fois
qu'elles ont lancé le mouvement de dégradation.

Quant au conformisme des paradigmes d'évaluation utilisés, aboutissant,
chose bizarre, à des notes voisines d'une agence à l'autre...
Sans parler par ailleurs des influences pouvant peser sur elles...
  •  Les consultants / coaches / teach formateurs
Ils pouvent se limiter à livrer des solutions standards censées être les
"meilleures pratiques" sans tropanalyser le terrain, de la situation
et de l'environnement.

Un consultant ne doit pas être un missionnaire qui propage une
doctrine,
dont il s'est imprégné à grand renfort d'études et
même d'expériences (effets d'engagement et de surconfiance) sans
vraiment analyser la situation en commun avec les intéressés,
situation dont les tenants et aboutissants ne peuvent être que
rarement totalement ramenées à d'autres cas connus (heuristique
de disponibilité ou de représentativité).

De même un enseignant n'est pas là uniquement pour répéter des
notions largement admises dans lesquelles il a investi son propre savoir,
mais aussi inciter à se poser des questions et réfléchir aux pistes
nouvelles pouvant les remettre en cause.
  • Le milieu de l'assistance sociale et de l'aide psychologique
Il prend une place quelque peu envahissante.
Il répond certes à des nécessités cruciales.
Mais il n'est pas que le
produit d'une noble empathie mais aussi celui d'intérêts corporatistes,
ou d'un goût de contrôler la vie d'autres gens, ou encore de l'auto-
satisfaction de se sentir l'être supérieur qui apporte le bien et la
lumière.
  • info Les médias 
Ils offrent de façon récurrente des "trucs mi-cuits" (recettes pour maigrir,
pour gérer ses sous...), et / ou exhibent des éditoriaux sentencieux sur la
situation politique, économique sociale souvent superficiels et se basant
sur un nombre limité de données, mais qui tendent à orienter l'opinion

Et en vrac:
  • Les membres des technostructures
(les gestionnaires, les administratifs les bureaux d'études souvent
diabolisés en "technocrates") peuvent avoir un poids exagéré sur
les décisions de leur entreprise ou administration.
  • Le corps médical
Il peut être sujet à des "heuristiques" (jugements rapides routiniers),
des biais cognitifs et affectifs dans leurs diagnostics
.
  • Les dirigeants politiques
Ils sont tentés de mettre la main sur la démocratie (carriérisme), se
présentant le coeur sur la main (la même ?) comme détenant les
solutions (miraculeuses) à tout, le plus sans même demander la
participation active des citoyens (à part les impôts et taxes !).
Cet appel à la démission des citoyens leur est facilité par le système
de l'élection au lieu de la
sortition.

Non content de se faire passer pour experts (après tout peut être
certains ont de vraies connaissances des sujets) ils tendent parfois
à mettre en avant leurs propres experts pour impressionner
le public.

Or tout expert se prêtant au jeu de devenir relai de
communication,
par exemple pour un parti politique,
renonce par là même à son
indépendance de pensée
et à son esprit critique.
  • Aussi les think tanks,
ayant pour la plupart une ligne préétablie de raisonnement (OK si elle
est affichée, cela fait partie du droit d'expression) surtout ceux pilotés
par des lobbies, des groupements d'intérêts (là aussi c'est un droit,
celui d'être représenté dans les débats et négociations). Toujours
est-il que le côté scientifique des analyses, souvent pompeusement
présentées, en prend un coup ! Ah ces partis politiques qui appelent
"comité scientifique" leur service d'agit-prop!

  • Les élites / célébrités / role models / lanceurs de tendance.
(*) Voir à ce sujet le contre feux contre la dictature du dogme de la vérité
      absolue et d'une approche morale binaire que peut être la logique floue..

Conséquences et précautions

Pour decision la prise de décision, s'nformer auprès de spécialistes
est un besoin évident dans notre monde complexe et incertain.
Notamment dans des domaines hautement technique où vaut mieux
prendre l'avis d'experts  
Ou encore dans ceux où recueillir une deuxième opinion peut nous éviter la
vision tunnel.

Le problème commence quand ces experts gagnent de l'influence au point
que le décideur hypnotisé, quas drogué, abandonne sa liberté d'investigation
de réflexion et de choix .

Même chose pour le public qui a du mal à se faire une idée des situations qui
ne soit pas dirigée par quelques "leaders d'opinions".

De là plusieurs questions s'adressant tout autant aux experts qu'aux
décideurs.
  • Les décideurs doivent-ils si facilement 
abandonner leur indépendance et pouvoir dans leurs choix,
    • soit par négligence / paresse,

    • soit pour escamoter leur responsabilité 

    (pas ma faute, j'ai fait confiance aux experts...)

    • soit par excès de confiance (crédulité) ou docilité envers des gourous ?
Les décideurs peuvent ils ainsi se passer de faire leurs "devoirs
à la maison"
(collecte d'informations, projections,
comparaison
de scénarios et de solutions) et simplement accepter ce que les
experts leurs servent tout cuit dans l'assiette,
en leur posant
seulement quelques questions pour faire mine de s'intéresser
aux spécificités du cas présenté

  • Les experts n'ont ils pas comme tout le monde leurs propres biais ?
(défaillances cognitives, croyances, émotions et modes figés de
pensée (heuristiques) .
Ne sont ils pas eux-même soumis à une certaine conformité de
groupe avec leurs pairs ?

Les plus professionnels des  experts on souvent tellement
confiance en leur intuition suite à une longue expérience qu'ils
tendent  à croire en leur infaillibilité pour faire des prévisions
.
Cela peut conduire à de grossières erreurs de décision.
  • Au total, un pouvoir excessif des experts met-il la société en danger ?
Leurs poids sur les choix individuels et collectifs affecte t'il
la liberté individuelle et la société démocratique ?

Et puis dans certains cas il peut y avoir une face cachée du miroir.
Il arrive que des poachimposteurs
se présentent en experts capables
de miracles
, dans le seul but de soutirer de l'argent (cf. fraudes financières)
ou
tirer quelques autres avantages et privilèges, .
Ces vendeurs de prodiges exploitent la confiance naturelle de l'homme,
activent sa secrétion d'oxytocine dans le cerveau (*) de leurs victimes,
en propageant une illusion de compétence et de serviabilité, et plus
largement jouent sur leurs émotions telles que l'affection, la cupidité
ou la peur.

(*) si on se base sur les ...experts en neuroscience)

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M.a.j. / updated : 29 août 2015
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