Faisons-nous trop confiance
aux réglementations ?


Passer de trop de normes formelles à
des sages et shérifs mondiaux


La confiance est cruciale en économie et finance, mais elle ne doit pas
se baser sur des illusions, par exemple qu'il suffirait de règles
administratives pour garantir la sécurité des affaires et de l'épargne.

La crise des subprime a montré que les réglementations économiques
ne vaccinent pas toujours contre les crises. Elles tendent :
* à former un maquis réglementaire peu applicable et plein de failles,
* à être basées sur des problèmes passés, ce qui conduit à ne pas
   anticiper les situations inédites pouvant survenir.

Ce dont il est besoin c'est de principes forts plutôt que détails abscons,
et d'un contre-pouvoir planétaire aux organismes et aux marchés ayant
un rôle mondial.
Il faut pour cela des guetteurs compétents, ayant les pleins pouvoirs,
jouant le rôle de radars qui voient plus loin.



person La confiance, facteur crucial en économie et finance.
incentive
   Mais elle ne doit pas reposer
              sur des illusions
de totale sécurité.
La tentation face à un problème est souvent de croire le résoudre par une
loi,
une réglementation, une protection (voire une taxe !). Seulement voilà,
les règles administratives supposées protéger les gens et la société sont
souvent défaillantes voire agravantes, car :
  • trop complex compliquées, mouvantes, non transparentes
et limite paranoïaque. Cela les rend à la fois
* peu applicables (effet de
surcharge cognitive),
* trompeuses quant à leurs résultats
* et risquant
de bloquer les initiatives ("principe de
   précaution"abusif
)

  • basées sur past des problèmes passés
plus que l'anticipation de ce qui pourrait tourner mal
dans le futur.

Ces défauts peuvent
* les rendre faciles à contourner par les plus malins ,
* rendre leur application déficiente,
* et les rendre vite obsolètes du fait des innovations qui changent la
   la donne des activités concernées.

De telles règles peuvent faire plus de mal que de bien (
effets pervers ,
aléas moraux...) une fois qu'elles sont dépassées par les sombres
réalités et aussi que quelques tours de magiciens les détournent.


Les réglementations,
aussi nécessaires soient-elles,
ne suffisent pas pour créer la confiance.
Se fier à leur formalisme et complexités peut être
illusoire
et s'effondrer sous les coups de boutoir des réalités.

Une  signal vigilance indépendante
et sérieusement organisée

pourrait être bien plus efficace
que des règles complexes et touffues
.
Quand des réglementations aveugles donnent
des effets pervers, et même des crises

La tentation, après une crise comme celle des subprimes, est de monter
des
réglementations nouvelles et plus strictes .
Un paradoxe, vu que l'une des causes de la crise était une ...réglementation.
Les règles bancaires d'adéquation des capitaux propres à l'ensemble
du bilan ont incité certains établissements à faire passer des prêts,
surtout des prêts douteux, de l'intérieur à l'extérieur du bilan.

Ces créances furent assemblés et mises en paquets sous forme de
titres et contrats financiers négociables (selon des techniques telles
que la "titrisation" et les "options financières").
Ces "produits structurés" furent logés, pour masquer leur basse
qualité, dans d'obscures structures juridiques deplacement
( dits
"véhicules" ou "conduits")
créées pour l'occasion par les
établissements de crédit concernés. Ils les revendirent à des fonds
ayant eux pignon sur rue mais peu réglementés ("banques de
l'ombre") et à  ...d'autres banques.

Ainsi fut ouverte la porte des prêts subprimes, miraculeusement
transformés en actifs de placements apparemment sûrs

remplissant les conditions
réglementaires de solvabilité des banques
détentrices,
mais cela de façon artificielle, comme du hâchis de poulet
pourri présenté comme pâté de faisan.

Au total, des trucs de prestigiditateur débutant, certes respectant
les régles,  mais qui, pour ne pas être dénoncés ouvertement comme
abusifs supposaient une collusion tacite au plus haut niveau
.

Fut créée une montagne (ou un océan, choisissez votre allegorie !) de
ces actifs toxiques (estimée à 3 trillion ou plus de dollars US).
Ils fleurirent jusqu'au moment fatidique où les gens comprirent  que
leur valeur était douteuse, pour le moins, et qu'ils devinrent alors
invendables donc illiquides.
Alors la crise éclata !
Et elles fut alimentée par d'autres normes ou réglementations:
usages des agences de notion, règles comptables "mark to
market" (chiffrage à partir des cours de marché instantanés)...

Que faire ?

Plus de réglementations ?

Que faire pour éviter une telle crise dans le futur ?

Réglementer ces instruments financiers (et les canaliser sur des marchés
organisés) ?
OK, mais comment ne pas se noyer dans tous les cas possibles, confondre
les bons et les mauvais et tomber dans d'autres chausses-trappes?

Faire évoluer constamment leur réglementation ?
Mais ce serait créer l'insécurite juridique sous forme de chaos légal.

Adapter et durcir les règles de capital ? C'est en train d'être fait, avec une
attention particulière aux "banques systémiques", autrement celles dont
la  taille et les relations avec le reste du secteur financier sont telles que leur
noyade pourrait attirer vers le fond tout ce secteur, voire l'économie en
entier.

Qui peut croire que réglementer la cause d'une anomalie du
passé évitera la prochaine
, laquelle peut être totalement différente ?
D'autant qu'une raison de la crise se trouvait dans des failles / aléas
moraux créés par ces règles et normes.


Des aléas vis-à-vis desquels la plupart des autorités financières furent
 
blind aveugles, comme ce fut le cas de

* non seulement divers organismes mondiaux à missions générales
   (pas tous, soyons justes
) qui  tendent à se laisser dévorer par deux
   cancers : la bureaucratie et les clans internes.


* aussi la plupart des autres organizations et entreprises, même
   celles cantonnées dans leur niche
geographique et / ou
   professionnelle
(banques, assurances,  marchés,
fonds
   d'investissement
, sans oublier les trésors publics, banques
    centrales ...),

Des réglementations trop  complex entortillées (au lieu de principes simples)
ne peuvent pas être réellement appliquées. Se conformer à un labyrinthe
devient une farce.
=> De telles règles sont habituellement assouplies tacitement et tombent
       en désuétude, ce qui prépare la prochaine crise.

Ou des principes clairs et simple

et des shérifs astucieux et courageux ?

La bonne solution ne peut être que celle qui éviterait une telle myopie.
Cela suppose d'introduire  :
  • Une transparence générale
  • et des principes de sécurité et d'éthique
au lieu d'un labyrinthe de règles vite dépassé et cause d'effets
pervers.
Ces principes pour repérer et juger  des conduites poachdelictueuses
pourraient être les suivants:
  • Vous ne devez pas truquer le marché (fausses transactions)
  • Vous devez donner toute l'information (transparence),
  • mais aussi éviter les recommendations d'achat / vente
(voir le problème du pouvoir des experts).
  • Vous ne devez pas truquer l'information
(toute l'affaire des subprimes fur élaborée derrière
l'écran de fumée de notions apparement scientifiques)
  • Vous devez mettre au pot assez de votre propre argent,
et non pas simplement faire des paris avec l'argent des
autres (surlevier financier)
  • Des guetteurs / superviseurs plus astucieux,,
capables d'agir comme radars capables d'anticiper les
formes inédites que pourraient prendre les dérives,
et de repérer
les nouveaux excès (aux niveaux des prix, des volumes, des
rendements, du levier d'endettement)
en train de de développer.

Ces superviseurs ne devraient pas se contenter d'
un tableau de
bord statistique (encore que quelques indicateurs simples peuvent
mettre la puce à l'oreille), mais devraient impérativement
:

*
avoir un esprit tourné vers l'anticipation et le sens tenace de
   l'investigation,


*
avoir pleine autorité en tant que contrepouvoir juridique
    de l'industrie financière.


*
réunir,
en tant que véritable police scientifique de la finance,

- des moyens techniques étendus, puissants, adaptables
   (les fameux big data allant jusque dans les recoins de la réalité),

- un personnel curieux et compétent, en nombre
   suffisant
et moralement de grande confiance.
   En recouranr aussi, pourquoi pas, à des informateurs
payés
   et
agents infiltrés.
   Hé oui, le crime financier est autant une menace
pour la
   stabilité du monde que le terrorisme et le trafic de drogues
.
  
*
travailler sur la base d'une coopération mondiale.

Voir plus de détails dans la section suivante
"Au sujet de ces guetteurs"


L'exemple des superviseurs canadiens (et dans une certaine mesure
des français) qui ont empêché leurs banques de tomber dans les
excès vus dans la crise des subprimes devrait être pris en compte.

Au sujet de ces guetteurs

La lignée du roi Salomon et d'Elliot Ness

Ces superviseurs alimenteraient un Tribunal financier mondial,
ou du moins une Autorité financière Mondiale.
  • Ces détectives et ces juges sages, du calibre du roi Salomon devraient,
être recrutés parmi les meilleurs professionnels et
chercheurs
.

Une supervision efficace nécessite une large expérience du jeu
pour repérer ce qui se passe en réalité dans la cuisine et l'arrière-
cuisine du restaurant.

Dans ce but, ils devraient être non seulement
* curieux, soupçonneux
. attentifs aux "signaux faibles",
* mais aussi imaginatifs pour
détecter et anticiper ce
que d'autres professionnels inventent ou pourraient
inventer
pour détourner le système.

Au fait, qui, au lieu de diaboliser les banques, essentielles pour
l'économie et de plus en plus surveillées, s'intéressent aux
"banques
de l'ombre", qui
échappent au contrôle bancaire
et présentent des risques de liquidité ?
C'est le cas des ETF (fonds de placement cotés en bourse) dont
les portefeuilles peuvent être bourrés d'actifs à fort levier, tels
que les contrats dérivés
.
  • Leur mission serait de faire respecter certains principes généraux,
et non pas des réglementations alambiquées.
On voit ici une certaine similarité, mais dans un autre domaine,
avec la mi
ssion de la Cour Européenne des droits de l'Homme.
  • ils devraient être très bien payés et récompensés
en raison de leur compétence et efficacité, mais aussi pour être
"incorruptibles".
Ils devraient aussi être
en nombre suffisant et bien
équipés.
  • Ils devraient détenir de pleins pouvoirs mondiaux
à la façon de shérifs ou magistrats planétaires, quelque soit la
façon de les appeler, et non de simples
bureaucrates facilement
satisfaits de voir queles règles ne soient pas brisées en surface
ou bien, s'ils élucident les dérives, n'ont pas le pouvoir de les
stopper.

Ce dont il est besoin ce n'est pas seulement de compteurs de
petits pois mais aussi d'escouades à la Elliot Ness.
Bien sûr sans le prétexte de la prohibition ;-).
Aussi, en tant que tribunal pénal, cette autorité devrait avoir
le pouvoir de
sanctionner (avec bien sûr des garanties
judiciaires) quand les principes indiqués plus haut sont violés.

Et pourquoi pas des informateurs et des agents infiltrés?
Hum, ce serait peut-être aller un peu loin... Quoique !
  • Et, c'est crucial, prendre un engagement quasi monacal
de ne jamais être influencé
Notamment par le sillymad  sentiment général et la croyance
que les marchés connaissent les choses mieux que tout le
monde, même quand leurs comportements deviennent
extrèmes
(bulles et krachs), une illusion que la fameuse
HME /hypothèse du marché efficient
a instillé dans certains
esprits légers (et avides).
  • En fait ce seraient des "guetteurs de comportements"
et "dissecteurs de systèmes" plutôt que des concasseurs de
données comptables (mais c'est utile aussi) .
Autant se rappeler Montesquieu:
La façon d'éviter qu'un pouvoir, comme celui des marchés,
devienne absolu est de développer des contrepouvoirs
démocratiques mondiaux indépendants
.

 
C'est un problème propre à toutes les institutions humaines et
qui concerne donc toutes les institutions mondiales
Seul un
fédéralisme mondial permettrait cette démocratie à tous
niveaux.


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M.a.j. / updated : 18 juil. 2015
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