Travers comportemental

Erreurs de décision et biais de comportement

Les travers ou biais comportementaux se matérialisent par des actes
non rationnels répétés de façon systématique sous formes de :

* erreurs cognitives,
* travers émotionnels
* et des réflexes et routines automatiques.

Ils peuvent être individuels ou collectifs (comportements moutonniers).


Comment rater la cible et se tirer dans le pied.

C'est quoi et d'où ça vient?

Un travers ou biais comportemental est le fait pour un individu d'agir
assez régulièrement ou dans certaines circonstance de façon non
adaptée aux situations et aux buts recherchés
.

Comme vous l'avez sans doute constaté, ces erreurs se produisent
souvent chez nous, les terriens.
En langage courant, on fait tous pas mal de bêtises !

Ces "plantages" ne viennent pas que de la mêchanceté des choses, et
de l'incertitude dans laquelle baigne le monde, mais sont souvent
imputables, autant l'admettre à des décisions non rationnelles.
Nous allons tenter d'explorer comment et pourquoi elles se produisent
(avec des liens vers des articles plus détaillés).

De tels
bug bugs du comportement proviennent ainsi :

* Soit de déficiences cognitives
    (perception, raisonnement ou mémorisation),

* Soit de biais émotionnels
   (peurs ou attentes excessives, sentiments aveugles),
* Soit de réflexes et habitudes inappropriés.

= >Pour faire de grosses bêtises, il peut être utile de ....cumuler les trois!


De plus, pour corser le tout :

Ces travers se manifestent tant au niveau individuel que collectif.

Ne culpabilisons pas pour autant, à titre individuel et/ou collectif !
Pas facile de jongler tout le temps avec des balles de tailles et
poids différents, telles que nos intentions, nos possibilités, la
contagion du
groupe et notre propre ressenti de la situation.

=> Pas évident de prendre la
"bonne décision" pouvant donner un
      résultat optimum.

Mais apprenons quand même certains pièges à éviter.

Pour celacet article explique et liste ces phénomènes par
catégories
selon qu'ils sont cognitifs, émotionnels ou
automatiques,
et et aussi individuels ou collectifs.

1. Déficiences cognitives

Sont en jeu ici
* des perceptions déficientes,
* des raisonnements fallacieux
* et des savoirs erronés ou insuffisants.

Ces distorsions affectant les décisions et comportements peuvent être aussi
bien individuelles que collectives

* Biais cognitifs individuels:

  • Mémoire courte ou déficiente,
  • Erreurs de raisonnement / de logique
(Sophismes, effet de halo, amalgames et confusions),

Attention toutefois, la créativité suppose aussi une aptitude
aux contradictions et aux idées pouvant sembler ...farfelues.
  • Intentions, buts et horizons de temps inadaptés.
Pouvant aboutir à l'extrème en dissonance cognitive (refus
de ce qui contredit ses croyances, un biais à la fois cognitif et
émotionnel).
En quelque sorte, des symptômes de paresse mentale issus
soit des habitudes de pensée selon des modèles préétablis,
soit
d'une mémoire fragmentaire, soit d'impressions et représentations
superficielles et improvisées:

* Heuristique de disponibilité,
* Heuristique de représentation,
* Attention / perception sélective,
* Cadrage mental, généralisations
    et stéréotypes,

* Ancrage mental,
* Belles histoires,
* Logique binaire.
* etc.

* Biais cognitifs collectifs:

  • Conditionnement par apprentissage social
selon un processus d'imitation sans esprit critique,
  • Dépendance aux conventions, savoirs, rites et pratiques communs.
  • Tendance à croire que les autres personnes sont mieux au courant
cascade informationnelle et tendance à agir comme les autres
(dictature de la majorité).
Biais cognitif (idée que les autres connaissent mieux la
situation)
mais aussi émotionnel : voir plus bas.

2. Biais émotionnels

Sont en jeu dans les biais émotionnels:
  • Des sensations mentales, soit douloureuses, soit agréables
(ressenties même physiquement, en vraies douleurs et peines,
avec accélération des battements de coeur par exemple),

Hé oui, chercher des satisfactions et éviter des peines, c'est
un peu la base
des motivations humaines, donc ce n'est pas
exactement un biais.... sauf quand
cela joue contre nous.
  • Des attitudes extrèmes
d'aversion / hostilité ou d'attirance / affection
qui y sont liées.

Les neurosciences montrent qu'à l'intérieur du cerveau (rassurez-
vous, sans
l'ouvrir comme une boîte de petits pois, mais avec plein
d'appareillages externes)
, l'activité émotionnelle peut souvent
prendre le pas sur la pensée logique
.
D'un autre côté, il est vrai que les satisfactions émotionnelles
font partie des besoins normaux de l'être humain, et aussi que
sans émotions pour nous motiver à agir nous serions de purs
esprits assez passifs !
De même que pour les biais cognitifs, les biais émotionnels peuvent
être individuels ou collectifs.

* Biais émotionnels individuels:

  • Espoir et suroptimisme . 
doublé de cupidité / avidité / convoitise
Ou à l'inverse pessimisme, peur et aversion.
On a là le fameux "greed and fear" des opérateurs
boursiers
.
  • Bien entendu admiration ou répulsion aveugle
pour certaines choses (ou certains êtres),
  • Réaction affective, positive ou négative mais inappropriée
par exemple déni et entêtement (face à une perte
financière,...)
  • Surconfiance en soi et illusion de compétence personnelle,
voire de maîtrise des événements extérieurs (pensée
magique
), également sensation (destructrice) d'avoir
tous les droits (narcisissisme)
  • Engagement ou attachement exagéré
  • Dissonance cognitive (refus de ce qui contredit ses croyances).
C'est un biais à la fois cognitif et émotionnel comme déjà
indiqué plus haut). pouvant causer un conservatisme au
sens de préférence pour le status quo.

* Biais émotionnels interpersonnels ou collectifs:

  • Personalisation (heuristique de l'affect)
Attrait / amour ou répulsion / haîne pour un une
personne, un groupe, une organisation ou une chose
.
Ce qui nous fait plaisir nous rend confiant, au point de
remettre notre argent à un escroc sympa.
Ce que nous n'aimons pas nous rend méfiant.
A l'égard d'une personne, ou aussi d'un groupe, ressenti
comme protecteur et empathique ...ou menaçant.
Cette dictature mentale par les autres va
au delà de la
simple adaptation à la vie sociale (éducation) ou du
simple
esprit moutonnier dans telle ou telle situation
banale (voir ci-après)
  • Egalement crainte de l'hostilité des autres
en cas de comportement "dissident".
  • Humeurs et sentiments collectifs
contagieux, voire hystériques.

Les comportements moutonniers peuvent conduire, tant au niveau
des petits groupes que plus largement des sociétés humaines, à :
  • Des traditions, pour certaines utiles et pour d'autres discutables,
  • Des effets de mode plus ou moins anodins,
  • mais aussi des situations d'exacerbation collective
pouvant être violentes et tragiques.

Ces comportements excessifs de groupe ou de société tendent à favorise
r
ou exacerber des
bulles et krachs économiques, des désordres sociaux de
l'ordre de la guerre civile, et des guerres tout court.

3. Conduites automatiques
     et réflexes inappropriés

Ici on trouve des actions et réactions automatiques plus ou moins
inconscientes, instinctives ou intuitives
mais inadéquates,
dans lesquelles la cognition et l'émotion sont court-circuitées par:
  • des purs réflexes ou habitudes / routines :
  • des rites (voire des superstitions) et dogmes 
(eh oui, certains automatismes eux aussi peuvent être d'origine
collective).
  • l'attentisme, l'inertie, la passivité
  • Ou au contraire, l'impulsivité
notammenr par non résistance à "l'ennui et l'impatience".
selon un réflexe "instinctif", une brusque intuition du cerveau ou
des tripes, par hyperactivité et (pour les opérateurs boursiers)
par surréaction aux bruits de marché
  • Ou même une addiction ou fixation bloquant toute autre conduite.
Elles sont mentionnés plus haut.
Certes la conduite à tenir est déterminée dans ces "recettes de
cuisine" de façon plus consciente que dans un simple réflexe,

mais elle se calque assez automatiquement sur un modèle
prétabli ou sur une conclusion immédiate.

On est là aux
confins entre
biais cognitifs, biais émotionnels et
automatismes

Domaines de recherche, et applications

Ces biais de comportement ont été particulièrement étudiés en économie
et finance
(
économie comportementale, finance comportementale).

Ils permettent en ce cas d'expliquer certain
es anomalies et
inefficiences  de marché (distorsions de prix, de rentabilité,
d'allocations des ressources et des risques...)

Le management d'entreprises, le domaine médical et le domaine
politique peuvent aussi tirer
avantage de la connaissance de ces
phénomènes.

En fait ce savoir sur ses propres tendances ou travers est quasiment
indispensable à tout un chacun pour prendre ses décisions en
"se connaissant
soi même" comme disait le philosophe.

Pour en savoir plus

Ces divers phénomènes sont détaillés dans le petit glossaire des
anomalies boursières et des
travers comportementaux qui
contribuent à ces dérapages.

Retour à collection : articles de psychologie de la décision migrés depuis Knol

  visits (sample / échantillon)

Visites de cette page avant sa migration depuis Knol : 6,1 k



M.a.j. / updated : 31 août 2015
All my ex-knols / Tous mes ex knols
Disclaimer / Avertissement légal

This site tracked by OneStat.com. Get your own free site tracker.