Prise de décision
en situation d'incertitude

Processus de décision et incertitude économique

Prendre une décision c'est jongler entre
* facultés cognitives (raisonnement, mémoire),
* émotions (qui tendent à prendre le dessus)
* automatismes et habitudes.

Plusieurs étapes sont normalement nécessaires, allant de la recherche
d'information à l'analyse et aux choix à faire, ainsi qu'au suivi de la
mise en place.

De nombreuses décisions, notamment économiques et financières,
supposent un pari face à des instabilités et incertitudes par définition
non mesurables (à la différence d'un simple risque dont on peut savoir
la probabilité), et donc imaginer le plus de scénarios possibles.

equil fog Bataille dans le brouillard
entre neurones cognitifs et neurones émotionnels


Il nous arrive, rien d'anormal, d'agir par réflexes, automatismes,
habitudes..


De plus nos neurones, vrais fourmis laborieuses, travaillent en
permanence en arrière plan, combinent les données et sont capables
inconsciemment d'inventions,  projections et intuitions.

Mais quand ce qui est en jeu est important (et/ou dans des
situations où les précédents sont rares ou inexistents), il n'est pas inutile,
c'est une litote, de prendre,
avant d'agir, des décisions un peu réfléchies,
ou du moins de vérifier la pertinence de ses instincts ...ou routines

"Tirer d'abord et réfléchir ensuite", pratique juteuse pour l'industrie
de la cartouche, est parfois un peu légère pour l'homo sapiens.

Et l'intuition, alors ?

L'intuition suppose beaudoup
d'experience préalable, et une
idée claire de ce que l'on vise

Elle vient d'habitude après avoir complétement
exploré la
question sans avoir trouvé
"l'ouverture mentale", l'idée
soudaine qui aide à assembler le puzzle.


En fait, beaucoup de decisions, actions, et même de pensées
conscientes, resultent de croisement et assemblage de données
complexes par nos
neurones "en arrière plan" plus que d'un
raisonnement conscient
.


Autre chose, ne jamais confondre intuition et pulsion
émotionnelle. Alors, restez zen !
Comme vu plus bas, utiliser une méthode antitstress, et aussi
attendre le lendemain pour décider ou pour
appliquer une
décision peuvent aider à mobiliser ce pouvoir inconscient.

Définition, enjeux, obstacles

Faire des choix.

Avec son cerveau, son coeur, ses tripes, ses pieds ?


Comme dit Confusioux :

Décidez avec votre tête, votre cœur, vos tripes, vos pieds.

Ou demandez à votre conjoint.

Prendre une décision, c'est decision choisir entre plusieurs
schémas d'actions possibles
.

Une bonne décision suppose d'avoir identifié toutes ces possibilités.

C'est déjà beaucoup, mais ne suffit pas.
On ne peut ensuite se contenter de trancher de façon expéditive à pile
ou face en cas de doute. D'ailleurs ce serait ridicule de faire du pile ou
face entre plus de deux possibilités Et si on n'en trouve que deux, reste
quand même celle ou la pièce de monnaie tombe dans la grille d'égout !

L'inverse, une indécision permanente ne vaut pas mieux

Une bonne décision suppose une certaine
rationalité, au sens d'une
cohérence
entre le choix effectué et:
* Les réalités de la situation.
*
Les buts que poursuit le décideur (*)
(*) apprécier le bien-fondé de ceux-ci est une autre affaire.

Sachons que les deux mamelles (**) de la décision sont :

* la cognition (mémoire, logique, imagination...)
* et l'émotion (attirances, aversions...)
=> Le problème en s'y alimentant est d'ingérer la bonne
       proportion d'éléments nutritifs de chacune pour
       rester le plus rationnel possible.


(*) Toutes deux parfois mises à l'écart, au profit du biberon des réflexes
et habitudes
robot automatiques.
Difficile d'ailleurs d'appeler décisions ces réactions et choix inconscients
ou
semi-conscients (voir plus loin)

Attention quand même, sans ces automatismes nous serions
toujours en train
de nous poser des questions au lieu de
vivre notre vie et faire face facilement aux situations
ordinaires
.
Alors réservons la méthode de décision très élaborée avec toutes ces
étapes aux cas qui en valent la peine.

A la frontière des biais cognitifs et affectifs d'une part,  des automatismes,
d'autre part, on trouve les heuristiques autrement dit des analyses
bâclées
sur la base de simples impressions ou de représentations ancrées.

Intervient enfin l'éthique, mais elle peut se situer à divers de ces trois
niveaux recensés ci-dessus (cognitif, emotionnel, réflexif/heuristique).

Les complications et obstacles, face à l'incertain


Cette rationalité optimum est d'autant plus délicate à atteindre qu'
il
n'existe pas toujours des probabilités fiables
pour guider le choix.

C'est notamment le cas dans les
situations très rares (voire
extrèmes) ou entièrement nouvelles.


On parle alors, non pas de risque
(mesurable
par des probabilités), mais
fogd'incertitude (non mesurable).

De plus l'incertitude favorise les comportements irrationnels,
en particulier:
  • le refus inébranlable de décider
...qui est en fait une décision par défaut de laisser-faire.
  • ou l'action à partir de croyances et pseudo-certitudes quasi magiques.
Ce n'est qu'un aperçu des difficultés, cet article en mentionne.
Hé oui, le processus de prise de décision et son cousin le mode de résolution
de problèmes sont souvent encombrés de complications et obstacles.

Aversion à la décision vs. tolérance à l'incertitude

Au total il y a une certaine aversion à la décision, une réticence à faire
l'effort
de ne pas se contenter d'analyses superficielles (les heuristiques
déjà citées) et un ressenti de soufrance mentale face à devoir faire un
choix
.
Autant développer une certaine tolérance à l'incertitude, puisqu'elle
est largement présente, et admettre que décider c'est faire des paris sur
le futur
sans avoir tous les éléments.

Le processus de prise de décision

Dans l'idéal, une oeuvre d'art très élaborée.

Normalement, suivez le guide, le parcours passe par
plusieurs
gradual étapes logiques

Bien sûr, certains choix, même de première importance,
 peuvent être instantanés par instinct et intuition
(c'est
détaillé plus haut) , si le danger ou l'opportunité frappe à la porte.
Hé oui, l'intuition n'est pas un déjeuner gratuit.
Attention aux simples réflexes et habitudes comme indiqué plus loin,
l'intuition peut être fantaisiste et le pilote automatique se tromper !


Mais cela suppose
* une grande expérience et préparation,

* une idée claire de ce que l'on vise.

* une imagination réactive,

- apprendre à penser différemment : pratiquer des
techniques
   de  créativité.

- selon une sorte une sorte d'ascèse,  laisser les neurones

   faire leur travail (par
la méthode antitstress, et / ou en
   revenant le lendemain sur la
question)
   Nos neurones sont souvent plus aptes que notre pensée
   consciente.
à croiser des données complexes, et à prendre
   en compte des éléments subtils, "en "arrière
plan" 
   Ainsi, ce que nous prenons pour ces pensées conscientes
   peut très bien être déclanché par l'inconscient


A) Les principales étapes

Phases loupe d'identification des situations

On creuse, on creuse !

1) Rassembler l'information extérieure

2) Faire appel également à ses savoirs et expériences,

3) Analyser et comprendre les divers aspects de la question
     et faire un diagnostic,
Boîte à outils: diverses méthodes peuvent faciliter ce décortiquage!

* La méthode des questions "QQOQCCP"   
   (qui, quoi, où, quand, comment, combien, pourquoi).

* En matière de gestion des entreprises, des institutions et des
   projets :
l'analyse stratégique SWOT

* Dans les situations ambigues, mouvantes et incertaines :
   la logique floue

Phases de préparation des solutions

On telescope anticipe et on distortasymm pèse !

4) Imaginer les diverses éventualités (scénarios)
et actions possibles. C'est là que la créativité est un bonus !
Penser aussi aux
effets pervers éventuels d'une décision
.

Ne pas écarter les "intuitions"
bien au contraire, on l'a

mentionné, mais en
distinguant
*
celles apportant des pistes de solutions en relation avec le
   diagnostic
* de celles
dues à la pure émotion, au conditionnement ou à
   l'illusion.

5) Comparer et évaluer ces possibilités
(pour cela, une série de critères, méthodes, objectifs et valeurs
sont
normalement nécessaires).

Phases de décision et d'action

Allez, on se jump lance !

6) Faire un choix entre ces alternatives de solutions
* Ne laissons pas passer les "fenêtres d'oppportunité".
* Ou encore
ne restons pas bloqués dans l'indécision permanente.
* Et si possible concrétisons la décision en l'agrémentant d'une
  
planification des actions à effectuer.
* Garder quand même en réserve les actions non retenues,
   qui pourraient servir de plan B si des obstacles surgissent

6b) Mettre en oeuvre la décision
Une décision jamais appliquée n'était pas vraiment...une
décision ;-)

6c) Organiser le contrôle de l'exécution et du résultat.

Un deuxième "moulinage" peut être nécessaire

Play it again, Sam!

Un tel processus idéal demande beaucoup de moyens, d'efforts et/
ou de temps, surtout si le but est d'optimiser le résultat jusqu'au
dernier carat.

De plus, une certaine itération est utile, autement dit "pensez-y à
deux fois".

Avant de décider (ou d'appliquer la décision) ne pas négliger, si
possible, de
sleep "dormir dessus" ou d'utiliser un
"truc" mental
anti-stress.


Ce
long processus ne doit pas signifier indécision et tergiversation,
surtout en cas d'urgence.
Mais préparer à l'avance, "à froid" plusieurs scenarios peut
permettre précisément d'y voir clair quand il faut décider vite
"à chaud".

* Au fait, et les conseils d'expert ?

On peut avoir besoin dans telles ou telles de ces phases de recourir
à des experts et conseillers. Le monde est complexe et changeant,
alors, rien de plus normal, pour ne pas s'enfermer dans une "vision
tunnel", que de recueillir une opinion extérieure et compléter ses
informations auprès de spécialistes du sujet...
....à condition de garder notre
dependence liberté d'investigation
et de choix
.

Si un docte, ou moins docte, expert apprécie mal la situation et nous
conduist à un mauvais choix, on ne peut pas lui imputer totalement
l'erreur, car le choix final est bien de notre ressort.
Voir à ce sujet
Le pouvoir des experts, analystes, conseillers, gourous, consultants
est-il excessif?

B) Que se passe t'il dans le brain cerveau?

Les recherches en neurosciences aident de plus en plus à comprendre ce
qui entre en jeu dans le cerveau de l'être humain qui prend des décisions.
Ce domaine d'étude examine surtout, heureusement sans ouvrir le crâne
des gens,
  • Quelles régions du cerveau
  • Quelles sécrétions chimiques et ondes électriques jouent,
  • Quels stimuli influencent voire exacerbent ces zones, ondes, sécrétions,
  • Quelles zones du cerveau tentent de résister aux mêmes stimuli.
Des neurones et sécrétions "modérateurs" agissent un peu comme une
"
police mentale".
Ceci à prendre comme une simplification de phénomènes
bien plus
complexes.
Ces recherches montrent qu'assez souvent les émotions (avec
les neurones, secrétions et ondes électriques correspondants) sont
assez envahissantes et sans gêne et prennent le pas sur la logique
dans la prise de décision. 

Il est vrai que les émotions sont ce qui fait
action agir.
Avec uniquement des
pensées, sans les émotions, nous ne
serions guère incités à engager
des actions (et sans action
à la clé, une
décision n'en est pas tout à fait une, encore qu'on puisse décider
de ne pas agir).
Nous ne ferions qu'assurer certains automatismes vitaux, et obéir
à des réflexes ou habitudes (bienvenus car ils facilitent l'action,
mais dont il faut parfois se méfier).


Mais d'un autre côté le raisonnement doit avoir une bonne place d
ans la décision pour évaluer ses conséquences possibles.

Décision en situation d'incertitude:
exemple de l'économie et de la finance

Rien de mieux ou de pire qu'introduire de  la sous monnaie
dans la machine de la pensée humaine pour activer ses curieux
rouages.


Parmi toutes les activités où la prise de décision est cruciale, et où pourtant
la rationalité peut faire défaut, celles liées à l'argent tiennent une bonne part.


Un exemple typique concerne le placement sur des actifs et marchés
financiers (actions, bourses...).
On peut voir à ce sujet l'article Précautions pour placer en bourse.

A) Prise de risque financier

Acheter ou vendre un actif financier est typiquement une "décision en
situation de risque et d'incertitude"
.
Cette forme de choix a été qualifié ainsi par des théoriciens en :
Ils prennent leur distance par rapport aux calcul équations et
modèles  diceprobabilistes, trop mécaniques pour traduire
toute la réalité des phénomènes humains.

Risque ou incertitude ?

En économie, finance, mais aussi dans diverses autres activités humaines et
sociales, il s'agit bien  :

  • Non pas de simple risque,
une notion mesurable (par des probabilités statistiques)
aléas non mesurables, propres aux systèmes dynamiques
autrement dit instables et évolutifs. Peuvent alors aider
d'autres paramètres tirés des probabilités bayésiennes
(= ajustables) ou de la
logique floue
.

(Voir aussi l'article Risque, incertitude et aversion au risque)

La "peur des fourchettes"

A noter à ce sujet la pudeur des prévisionnistes économiques et des
analystes financiers qui consiste à donner des projections annuelles
uniques et à la décimale près
.
Ou, à la rigueur, fournir une très étroite fourchette ne jouant que sur
l'epsilon, l'infime facteur d'ajustement rajouté tout au bout de ce qui
veut passer pour une solide équation.

C'est un piège (et une déresponsabilisation) pour les décideurs,
auxquels est donnée une impression de certitude scientifique.
Ils sont ainsi tentés de décider sur la foi de "l'expert", et surtout ne sont
pas
préparés à tout éventail l'éventail de scénarios imaginables,
du meilleur au pire.

B) Les critères de prise en compte du risque
      sont ils toujours rationnels ?

Les gens sont supposés demander une plus forte rentabilité pour un
placement /
investissement risk risqué comparé à des opérations
considérées sans risque
(le "bonus" demandé s'appelant la prime de
risque).
Mais ce n'est pas si simple. Face au risque et à l'incertitude, les
investisseurs (et les gens en général) sont largement sujets à des
travers comportementaux (biais cognitifs et émotionnels

et
représentations hasardeuses).


Ces diversions mentales conduisent à des décisions erronées et des
réactions inappropriées aux évènements.

Les choix des investisseurs peuvent s'écarter de leur "utilité",
bien que cette
notion liée à la prime de risque soit l'une des bases de
la théorie économique.
Notre site de finance comportementale cites un grand nombre de ces biais
et erreurs.

Dans des cas extrèmes, l'argent rend
sillymad fou.
C'est d'ailleurs u
n bon sujet littéraire pour se faire ....de l'argent ;-)).
Certes il n'y a pas que l'argent qui y arrive, mais n'allons pas citer ici
tous les fantasmes humains.

C) L'ordinateur est-il mieux apte
      aux décisions financières ?

Robots jouant avec l'argent.

Ces limitations humaines ont conduit à utiliser des modèles de prévisions
informatisés pour remplacer - ou au moins aider - les prises de décisions
humaines
dans divers domaines, dont l'économie et la finance.

Cela ne veut pas dire que la décision assistée par ordinateur fera mieux
sauf dans des cas récurrents clairement définis.
Les modèles couramment utilisés tournent dans le vide si une
situation
sort de l'ordinaire
, si par exemple surgit une crise ou une opportunité
nouvelle.

On retrouve là encore la différence entre


* risque (statistiquement mesurable)
* et incertitude (non mesurable)

Dans les domaines liés aux activités humaines et sociales, notamment
l'économie et la finance, une confiance aveugle dans des modèles
mathématiques est une formes de la pensée
magic  magique tout
autant que les pseudo-croyances ésotériques.

Référence et lectures complémentaires

Plus de détails sur la décision économique et financière
dans
Risque, incertitude, prise de décision et économie
.

 
(sample / échantillon)

Retour à collection : articles de psychologie de la décision migrés de Knol

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M.a.j. / updated : 09  août 2015
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