Analyse financière: 2. Rentabilité

Analyse du compte de résultats de l'entreprise

La rentabilité d'une entreprise peut généralement être analysée à partir
de son compte de résultat (on y trouve la cascade des ses divers revenus,
charges et marges) comparé d'année en année et aussi par rapport à
des entreprises similaires.
sous Rappel : buts et méthodes 
       de l'analyse financière

Trois buts possibles

L'analyse financière d'une entreprise peut avoir trois buts. Ils sont d'ailleurs,
c'est la beauté de la chose, directement complémentaires:
  • 1. Mesurer la solvabilité de l'entreprise, vis-à-vis des prèteurs
La solvabilité financière d'un organisme (ou d'une personne) est
sa capacité à rembourser ses dettes au cours de leur
durée
(pour les échéances proches on dit plutôt liquidité).
Le diagnostic se base - mais pas seulement - sur le bilan
comptable, le tableau de trésorerie et le tableau de
financement.
  • 2. Mesurer sa rentabilité,
par rapport aux attentes des investisseurs
Ici le document essentiel est le compte de résultat.
(Là encore, les incidences vont au delà de celui--ci).
  • 3. Donner une estimation de la valeur de l'entreprise,
notamment pour qui veut y placer son argent

L'article
lire un bilan et les comptes donne plus de détails sur les
personnes et entités concernées.

Méthodes ...dynamiques

Une analyse financière ne doit pas être statique mais dynamique.
Elle doit comparer et anticiper comme indiqué ci-après:
  • Comparer l'évolution sur plusieurs années 
des comptes de l'entreprise.
  • Comparer ceux-ci à ceux d'entreprises similaires.
  • Anticiper l'évolution future de ces comptes 
notamment si le but est de faire une évaluation financière.
Dans ce cas l'analyse comptable est à compléter d'une
analyse des perspectives
en fonction de l'environnement
économique,
des projets de l'entreprise et de ses atouts (et f
aiblesses).

Une méthode pouvant faciliter ce diagnostic est l'
analyse SWOT
(strengths
, weaknesses,
opportunities, threats, autrement dit
forces, faiblesses, opportunités, menaces).

Penser aussi à préparer divers scénarios, y compris extrèmes,
le fu
tur ayant obligatoirement sa part d'incertitude.

Centrage de cet article: la rentabilité.

Ce deuxième article s'intéresse essentiellement à
l'aspect 2, la rentabilité,
par l'analyse notamment, c'est pas une surprise, du compte de résultat.

Rappelons que, outre ce deuxième article:
essentiellement par analyse du Bilan.
intégrant les aspects économiques.

C'est quoi, le Compte de résultats?

Cascade de revenus, coûts et marges

Le Compte de résultats décrit comment on passe comptablement, comme
dans un alambic conduisant en plusieurs étapes du fruit bien mûr à la
liqueur, des ventes de l'entreprise jusqu'à son bénéfice (ou à la perte),
cela selon une cascade de "SIG / soldes intermédiaires de gestion".
Le plus souvent on pourrait traduire en langage courant  SIG par "marge".

Ces soldes sont détaillés plus bas à l'aide d'exemples chiffrés,
mais on peut, en première approche, les grouper en 3 niveaux :

Les trois étages principaux

1. Mesure de l'apport économique:

    Cette première série (SIG 1, 2, et 3 ci dessous) donne
    le chiffre d'affaires, la production, la valeur ajoutée.
    Une distinction, (voir plus bas) est faite entre les activités d'achat-
    revente et celles qui résultent d'une production de l'entreprise.

2. Mesure des coûts et résultats d'exploitation

     (SIG 4 et 5 ci-dessous)

3. Eléments hors exploitation et détermination du Résultat net

     (SIG 5b, 6, 7 et 8, ci-dessous)

3b. En complément
, détermination
       de la Marge Brute d'autofinancement
       (cf. chapitre qui suit celui sur les SIG)

Les huit SIG (voir aussi l'exemple chiffré plus bas)

N° / Nom du SIG obtenu / Calcul du SIG

1. Marge commerciale
     = Chiffre d'affaires commercial (hors taxes) - Achats (commerciaux)
     +/- Variations stocks commerciaux.
On ne s'occupe ici que des achats-reventes en l'état.
Déchargés de la camionnette ou du container, stockés ou non dans
l'entrepôt ou l'arrière boutique, puis joliment disposées sur l'étal ou
l'écran internet et ainsi revendues sans transformation.
2. Production
     = Chiffre d'affaires productif (hors taxes)
         +/ - Variations stocks de production.
Ici on s'occupe des biens et services que l'entreprise produit,
 ou du moins transforme
, elle-même.
3. Valeur ajoutée
      = 1 + 2 - autres Achats consommés (achats de production, n'entrant
          pas par exemple dans les immobilisations).


4. EBE (Excédent Brut d'exploitation)
       =
3 - Frais de personnel, impôts et taxes (hors impôt sur le bénéfice).

5. RBE (Résultat Brut d'Exploitation)
       =
4 + Autres produits - Autres charges d'exploitation
                 (Frais divers de gestion, Amortissements des
                 équipements et autres... ).


5b. RF (Résultat financier)
         
= (Produits - charges) financiers
               (intérêts reçus, à recevoir, payés, à payer...).


6. RC (Résultat courant avant impôts)
       = 5
+/- 5b.

7. REx (Résultat exceptionnel)
      =
Produits exceptionnels - Charges exceptionnelles,
          dont Provisions / reprises de provisions et + / - values de cession.

8. RN (Résultat net,
autrement dit Bénéfice net ou Perte nette)
      = 6 +/- 7
- Impôt sur le Bénéfice.

Indiquons aussi les équivalences entre les diverses normes
comptables
qui existent sous le soleil :


Equivalences avec les normes anglo-saxonnes

et IFRS.

Il y a pratiquement équivalence entre:


EBIDTA (Earnings before interests, depreciation,

     taxes and amortization)

ou   ROC (Résultat opérationnel courant)

et  pi-arrig.gif   EBE (présenté ci-dessus)

  EBIT (Earnings before interests and taxes)

ou   RO (Résultat opérationnel)

et   pi-arrig.gif   RBE / RE (présenté ci-dessus)


Et maintenant,
la Marge brute d'autofinancement

Un neuvième indicateur chiffré peut être calculé à partir des précédents:
la Marge brute d'autofinancement (MBA).
C'est, toujours en simplifiant, la somme:
  • des Amortissements passés dans l'année
(perte de valeur des actifs, par usure et obsolescence
notamment) 
  • et du Résultat net.
Le rôle (éminent) de la MBA

La marge brute d'autofinancement, tout en étant un indicateur de
rentabilité, permet aussi d'établir un pont entre le compte de résultat
(rentabilité) et le bilan (solvabilité). Cet excédent permet en effet de :
  • Participer au financement de nouveaux actifs,
  • Rembourser des prêts ayant servi à financer des actifs précédents,
  • Et/ou améliorer le fonds de roulement et l'équilibre de trésorerie.
On a vu ainsi dans l'article sur le bilan que notamment les remboursements
annuels des dettes à long terme devaient être compatibles avec la MBA
annuelle, sinon ...ça coincera quand il faudra les rembourser.
Au total, la MBA est un élément fondamental du plan-de-financement.


Enfin, l'un des méthodes de calcul utilisé dans l'évaluation financière est
d'actualiser les "cash flows" attendus, ce qui se traduit essentiellement
par les MBA futures.

Exemple chiffré

Prenons l'exemple simplifié suivant, en millions d'euros,
pour le dernier exercice:

* CA      = 1200
*
VA      =  750   (après achats et variations de stock)
*
RBE   =  120    (après déduc. de div. charges
  dont 70 d'amortissements)
* RC      =    70    (après déduction des frais financiers)
*
RN      =    40    (après éléments exceptionnels et impôts)
*
MBA   =  110    (en rajoutant les 70 d'amortissements
                                annuels)

Les ratios de coûts et de résultats

Les ratios facilitent les comparaisons indiquées plus haut (entrz entreprises,
entre deux années).

Cela amène à poser et se poser des questions (eh oui, l'analyse conduit à
réfléchir, qui en douterait), et aussi à poser des questions à l'entreprise)
du genre:
  • Tel ratio s'améliore t'il ou se dégrade t'il au fil du temps?
Quelles peuvent en être les causes ?
  • Est il inférieur ou supérieur à celui d'entreprises similaires?
Là encore, quelles en sont les causes ?

Concernant l'utilisation des postes de résultat
, tout dépend de
ce qu'on cherche à mesurer et comparer.
Notamment on peut tirer tous les ratios de coûts possibles en
prenant
  • Au numérateur un poste de coûts ou un ensemble de coûts
  • Au dénominateur le Chiffre d'affaires ou la Valeur ajouté
=> C'est ainsi que dans notre exemple
      le RBE est égal à 120 / 1200 = 0,10 soit 10 % du Chiffre d'affaires.


=> Par ailleurs, si les coûts de personnel sont de 500 millions,
      ils représentent 500 / 750 = 66,7 % de la Valeur ajoutéee.

On peut de la même façon fabriquer tous les ratios de marge possibles
en comparant tel ou tel SIG au CA ou à la VA.


On peut aussi croiser
avec des éléments de bilan,
  • Par ex. rapporter les stocks ou les créances clients au chiffre d'affaires
pour calculer des rotations.
On a dans notre exemple une rotation des stocks de
1200 / 200= 6 fois dans l'année,

et une rentabilité des capitaux propres de
40 / 350 = 0,114 soit 11,4%.
  • Rapporter aussi, c'est un classique, le résultat net aux fonds propres
Cela donne la rentabilité nette des capitaux propres).
  • Pour compléter, rapporter le résultat courant
aux capitaux stables, ou aux actifs immobilisés, selon ce qu'on
cherche à comparer,  en tant qu'
indicateur de rentabilité /
productivité / compétitivité
.

Référence et lectures complémentaires

Les diverses étapes de l'analyse sont détaillées dans le site
sur
les Bases de l'analyse financière 

(sample / échantillon)

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M.a.j. / updated : 25 juil. 2015
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