Comportement moutonnier
et conformisme

Quand chacun imite chacun

Certains travers comportementaux sont non seulement propres à tel ou
tel individu mais aussi pour certains assez généralement répandus et
disons ...contagieux.

C'est le cas pour l'esprit d'imitation, qui, au delà de celui d'une personne
envers une autre, peut affecter plus largement tout un groupe ou toute
une population

Le monde économique et financier donne des exemples frapants des
excès auquel peut conduire cette attitude de "suiveur".

incentive contagion Si quand je t'imite, tu m'imites
et que j'en fasse autant,
on va vite ne plus savoir où l'on va !

Du mimétisme au conformisme

De l'imitation du voisin à la pression du groupe

Parmi les travers comportementaux, ils ne manquent pas, la
psychologie sociale (*) s'intéresse,
à ceux qui peuvent affecter
négativement (**) non pas une seule personne, mais tout un
group groupe et une population.

On peut faire ses erreurs soi même, ...ou les faire tous ensemble !


Quand cette contagion s'installe, ces comportements vont plus loin
qu'un simple
mimétisme envers une personne prise comme
modèle.

Sont en cause des comportements communs à quasiment
l'ensemble (***) d'un groupe
, qu'il s'agisse:
    • D'un petit groupe, structuré ou informel,
    • D'une institution ou d'une entreprise,
    • Ou d'une vaste population ou société humaine.
(*) Hé oui, une branche de la psychologie qui étudie comment on se
      conduit en
société, et ça va bien plus loin que la façon de tenir la
      tasse au salon de thé.

     
(**) Certes, certains travers peuvent avoir un effet positif, et chercher
        la normalité / rationalité à tout prix est aussi une anomalie. Mais
        restons dans le cas général, il y a déjà là beaucoup à dire.
        D'ailleurs,
l'esprit de contradiction systématique, qui refuse tout
        comportement commun, est un autre travers, pas non plus
        totalement rationnel.

(***) Sauf des "originaux" (tolérés comme bouffons) et des "dissidents"
          (considérés "asociaux" voire "traitres" menaçant le groupe).

          Brassens
et d'autres ont dénoncé cet ostracisme envers la
         différence.

          Bien sûr, la dissidence envers la société "par principe" est aussi un
          travers, comme déjà indiqué

On est là au delà de la
aping singerie d'un individu par rapport à un autre,
mais dans les conduites de meute, essaim ou troupeau, à bon ou
mauvais escient (besoin louable de solidarité ? ou abandon de la
personnalité?).
On parle alors de comportements grégaires, moutonniers ou conformistes.

Ces travers collectifs sont relativement répandus.
Ce sont des déformations du besoin normal et vital de l'individu
d'être proche des autres humains
, jusqu'à une certaine symbiose,
et d'avoir des liens sociaux

Tout serait donc parfait, sauf que dans la réalité ce besoin peut souvent
dévier vers une trop forte dépendance. Et faire le jeu de sectes,
baronies et idéologies plaçant la société au dessus de l'individu et imposant
la soumission (voir plus loin le phénomène d'obéissance aveugle).

Les types de processus mentaux en jeu

Détaillons, dans les sections suivantes, ces biais collectifs selon leurs natures
etlocalisations mentales.
En effet comme pour les travers individuels, ils peuvent altérer des
processus soit cognitifs soit émotionnels, ou encore être des automatismes
quasi physiques.


Certes, y a des limites à découper le brain cerveau en portions comme
une tarte aux pommes.
Les connections entre neurones ne se limitent pas
à un territoire principal du celui-ci  : les "neurotransmetteurs", petites
molécules porteuses de signaux, et aussi des ondes électriques leurs
offrent des escapades dans
d'autres régions cérébrales.

Le cerveau est un immeuble avec divers appartements, mais qui
communiquent !


Cela dit, et il ya un certain rapport avec ce zonage, on peut répérer
trois grands
terrains de jeux : cognition, réflexes, émotions.

1. Biais collectifs cognitifs
    (et automatismes communs)

Pensée convenue.


Une partie de ces travers, que
les humains d'un même groupe partagent
généreusement
, mais peut être imprudement, , ressortent de distorsions
cognitives (= d'observation, de raisonnement,
info de mémoire...).

Le formatage du comportement est ici plus profond qu'une simple conduite
de singerie ou d'obéissance, car il est lié alors à un conditionnement
de la pensée
.
=> Dans bien des cas, on agit pareil car on pense pareil.
Evidemment, cela se limite généralement à des pensées peu sophistiquées
(et souvent teintées d'émotionnel, voir le chapitre suivant) à la limite
du réflexe mental
.
Il se peut aussi qu'on fasse semblant d'être d'accord avec ce
que pensent et font les autres pour s'éviter des
conflits pouvant
être problématiques.


Précaution plutôt sage dans certains cas
...mais peu courageuse et peu éthique dans d'autres.
Citons notamment, comme mécanismes ou ferments cognitifs pouvant
influer ces comportements:
  • Le conditionnement par un apprentissage social à base d'imitation
Il favorise la dépendance aux conventions communes, codes
sociaux, rites, savoirs, pratiques ou dogmes communs.
C'est aussi bien un outil d'intégration sociale que de discrimination
sociale
.
Il est à la fois indispensable et porteur d'un risque de status quo.
  • Le côté sleep confortable et apparemment pratique
de se conformer aux habitudes et pensées courantes,
C'est là qu'il est indispensable, en fonction des situations, de
faire le tri, près d'une poubelle, entre ce qui est ou non justifié .
Sinon il y a une paresse mentale consistant à se dire qu'il doit
bien y avoir
une bonne raison si les autres personnes procèdent
ainsi.
  • La croyance souvent que les autres personnes sont mieux au courant
(dictature de la majorité, cascade informationnelle), ce qui incite
à agir comme elles.

Biais collectifs émotionnels

Effrayé ou rassuré ? Tranquilisé ou déchaîné?

De leur côté certains travers sont liés à des émotions partagées
soit
pleasure euphorisantes soit pain douloureuses / peureuses.

On trouve dans cette famille de biais, pour ne pas dire de farces et attrapes:
  • Le mimétisme ou suivisme de groupe.
Il peut être lié à, entre autres motivations, à la perception du
groupe comme protecteur et fraternel (ou maternant),

Une certaine "mentalité de troupeau" pourrait avoir comme
origine le réflexe ancré dans le cerveau primitif selon lequel
faire corps
avec le troupeau protége des prédateurs, ou bien
attaquer en meute rend plus fort pour se saisir des proies
.
  • Egalement l'obéissance / la soumission aveugle,
un peu mécanique, entraînée par la situation ou le mouvement
général
.ou actionnée par un leader,


L'obéissance peut aussi être considérée comme due à une entité
commune sacralisée
,
telle qu'une institution
, le groupe, ou la
société
.
L'individu peut aller jusqu'à accepter une mise en cage (poids
des sectes, baronnies, communautés fermées, idéologies plaçant
la société au dessus de la personne...)
.
  • Le conformisme par peur de l'hostilité des autres membres 
du groupe.
Celle-ci surgit souvent en cas de comportement considéré
"dissident" voire "asocial".

Bon, se coucher, au moins en apparence, devant la volonté des
autres, peut paraître peu courageux, mais n'est pas pas tout à
fait irrationnel dans la vie courante, car refuser toute coopération
n'est pas spécialement productif.

Il y a toutefois des limites au suivisme !
  • Des sentiments et humeurs collectifs contagieux,
voire hystériques, des exacerbations collectives, (voir ci-
après).

Effets des comportements moutonniers

Attention, le mouton peut se faire tondre!
Ou pire, devenir un loup!

* Effets sur l'individu

Le mimétisme social tend à rendre l'individu dependence dépendant et
le faire renoncer, de
façon consciente ou non, en bien ou en mal, à une
partie de sa liberté de penser et
de son libre arbitre.

Réciproquement
le groupe devient une entité en lui même avec
ses propres
caractéristiques et sa propre vie, un phénomène "d'auto-
organization et émergence"
propre aux systèmes dynamiques.


Un certain biais d'automaticité apparaît dans ce comportement "instinctif",
par lequel le groupe agit mentalement et même physiquement comme le
pilote automatique de l'individu
.

Cette attitude de "suiveur" tout en aidant à être socialement intégré peut
parfois le conduire à des conduites irresponsables par simple imitation.

* Effets collectifs

Les comportements moutonniers, tant au niveau des petits groupes
que, plus largement des sociétés humaines, ont des effets plus ou moins
positifs ou négatifs :

Effets collectifs positifs

  • Une certaine cohésion sociale et une organisation commune.
  • Le fait que certains de ces comportements issus de l'expérience
du groupe peuvent avoir leur rationalité et efficacité
  • La diffusion d'idées nouvelles
faisant progresser la connaissance, la culture, l'organisation
sociale, l'économie...

Effets collectifs plus ambivalents

  • De façon permanente des stéréotypes, croyances communes,
codes, rites et traditions, Certains sont utiles (intégration),
d'autres discutables (discrimination, incitation au statu quo).
  • De façon plus temporaire des effets de mode
plus ou moins anodins ou contraignants

Effets collectifs pouvant être dangereux, voire désastreux

  • De faux consensus, ou du moins des consensus trop faciles
qui résultent d'une approche superficielle et conformiste
et sans vrai débat contradictoire,
Les émotions, les habitudes, la paresse mentale peuvent avoir
pris le dessus
Ce vote par acclamations tend à aboutir à des décisions
inadaptées, voire nocives.
  • La soumission inconditionnelle au groupe, exposée plus haut

  • Mais aussi des situations d'exacerbation collective 
Elles peuvent être violentes voire tragiques.
De tels comportements excessifs, hystériques et irresponsables
 "de foule" ou "de masse", fortement émotionnels,
prennent la
forme


=> d'engouements aveugles généralisés (avec
       une impression de toute puissance du groupe)

=>
ou, dans l'autre sens de paniques collectives.

Ces phénomènes extrèmes se retrouvent dans des emballements et
désordres
aboutissant à:
  • Des bulles et crashs économiques (voir ci-dessous le processus),
  • Des xénophobies, racismes exacerbés et lynchages,
Quoi d'autre d'ailleurs que le refuge dans
la pensée de groupe
pourrait expliquer le
racisme, la xénophobie, et en général
l'esprit sectaire
?
  • Du totalitarisme de groupe
pouvant aboutir à des oppressions, des guerres civiles
ou des guerres tout court,
pour des griefs plus ou moins
fondés ou sous la coupe de certaines ambitions.

Exemples économiques et financiers

En économie, et notamment sur les marchés financiers, l'esprit
de troupeau prend la forme de "suivisme des
tendances"
(chercher à acheter quand tout le monde joue la hausse et à vendre quand
tout le monde joue la baisse).

Le fondement pouvant apparaître rationnel est
* de ne pas rester en dehors des opportunités dont les autres profitent,
* ni rester dans la maison en feu quand les autres l'évacuent.

Ces attitudes de foule sont l'une des explications les plus
crédibles des
évolutions excessives de cours boursiers
sous forme
de bulles et krachs financiers.

Cela illustre les avantages et dangers de se comporter en suiveur
des autres.

Sur les marchés, cela peut apporter des gains... mais soumettre aussi
la personne au risque que l'humeur sociale (optimisme ou pessimisme
de groupe) qui soutient la tendance s'inverse de façon soudaine.

Pour en savoir plus

Ces divers phénomènes sont détaillés dans le petit glossaire des
anomalies boursières et des
travers comportementaux qui y
contribuent

(sample / échantillon) 


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    M.a.j. / updated : 07 août 2015
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