Croyance, illusion,
rationalisation, attribution

Confort mental et pseudo-certitudes

Comme antidotes à leurs doutes ou leurs peines, les gens s'accrochent
souvent non seulement à des croyances mais aussi à des constructions
mentales censés les fonder ou justifier.

Cela peut recouvrir des fausses attributions, rationalisations, des
stérotypes, des heuristiques, illusions et autres phénomènes parasites.
Des erreurs de décisions risquent d'en découler.

Les croyances peuvent être individuelles et collectives.

Ce qui peut nous conduire à vouloir
incentive croire
... et à fonder cette croyance
de façon semblant rationnelle


Incertitude et peine, restez à la porte !
Confort mental, merci d'entrer, ici tu seras nourri.

Croyances, sentiments, incertitudes, rationalité

Compréhension ? Confusion ? Ou émotion ?

Dans une croyance il y a certes un aspect cognitif (raisonnement,
mémoire...).
La croyance peut alors reposer sur

* Soit un recensement et une analyse objective des faits, et aussi
   des buts, perspectives et conséquences possibles des décisions que
   l'on prend.

   Cela conduit à admettre que la certitude est un mythe.
   => Il faut donc accéder les risques.
   Cela en étant très attentif à ce qui confirmera ou infirmera
   tant les évolutions externes qu'on avait détectées que les résultats
  
attendus de nos décisions.

*
Soit par contre, là on entre au musée des horreurs, une approche
   défectueuse : perception biaisée,
attention insuffisante, erreur
   logique,
incompréhension, analyse superficielle ou dogmatique,
   entêtement aveugle, mémoire défaillante.


Ce risque de confusion devrait conduire à ne tenir compte d'une croyance
que comme "hypothèse de travail" avant d'avoir des preuves suffisantes.


Outre cet aspect cognitif, l'aspect émotionnel (plaisir et peine) joue
souvent aussi un grand rôle. En particulier la plupart des gens ressentent
soufrance et aversion envers
fog
l'incertitude, l'ambiguité,
l'inconnu.


Assez souvent une croyance relève d'une telle
réaction
émotionnelle face à cette incertitude.

=> L'être humain tend à rechercher des
       certitudes
...quitte à les imaginer.

Cette  aversion au doute fait souvent préférer n'importe quelle
explication ou prédiction,
voire une "belle histoire" fantaisiste
ou une construction mentale fallacieuse.
Ainsi naissent ou se renforcent des croyances.


Cette quête du confort mental peut être inévitable dans des cas
extrèmes afin d'éviter le désespoir
.
Mais c'est un peu aussi baisser les bras.

Croyance positive ou négative ? Individuelle ou collective?

En dehors du traumatisme de l'incertitude il y a le fait plus banal que les
gens tendent à préférer les impressions agréables à celles qui
sont pénibles.
Désolé pour la platitude mais le cerveau est ainsi fait.

=>
Ils tendent donc à choisir les croyances qui leur apportent un
      
sentiment positif.
Cela joue même retrospectivement.
Quelqu'un qui n'a nulle envie de se sentir responsable d'un échec
auquel il a pu prendre part, tend à trouver des raisons dans le
comportement d'autres personnes ou l'environnement général.

Cela dit il est vrai qu'on ne peut pas gagner à tous les coups, vu
l'incertitude que l'on doit accepter en prenant toute décision.
=> Parfois aussi la croyance peut être négative, hostile à quelque 
       chose ou à quelqu'un considéré néfaste sans la moindre raison.
En fait cela peut être une façon de se rassurer sur soi-même, ou
de se
raccrocher à un clan considéré protecteur, voire de trouver
un sens à ses mésaventures pour écarter l'incertitude en frôlant
la pensée magique (attribuer ces problèmes à quelque pouvoir /
conspiration extérieurs)
=> Les croyances peuvent être tout aussi bien individuelles que
      collectives
(mimétisme, conformisme, paradigmes, apprentissage
      social...)
      Eh oui, nous baignons dans les conventions communes disons
      même  les lieux communs, qui heureusement se contredisent ce
      qui aide à  garder  une salutaire distance.


Au total l'être humain aime expliquer les faits,
connaître le futur et croire à des principes.


=>
Jusqu'où est-ce rationnel ?
       Est-ce toujours utile ?
       Ou parfois nuisible ?

Interprétation opportune
ou croyance dangereuse?

Croire en certaines explications et en certains principes sur la vie,
l'univers ou - pourquoi pas - la cuisson des pommes de terre
peut
être utile pour guider
l'action
en évitant de réanalyser chaque
fois
l'itinéraire qu'on s'est fixé, voire d'errer en ivrogne de poteau en
poteau.


Précisément parce que nous devons affronter l'incertitude, nous pouvons
avoir
besoin d'interprétations opportunes, de croyances (devant
rester
temporaires et testables, faut rester ouvert) pour ne pas rester
passif.


Mais
ce côté pratique, voire un peu paresseux, peut réceler des pièges.

En effet certaines croyances peuvent créer un excès de confiance
(en soi ou en d'autres personnes ou entités), une crédulité et une
persistance
plus ou moins dogmatique.

Elles orientent alors le comportement sur des voies stériles voire
nuisibles.
Le train mental n'a plus le choix, l'aiguillage est bloqué sur de
mauvais rails, les
motivations courantes de nos croyances n'étant pas
toujours rationnelles.

Voilà qui peut nous conduire à des

pseudo-certitudes (croyances)
et illusions (excès de confiance...).

Ces leurres tendent à :
* Déformer notre perceive perception
* Egarrer notre brain raisonnement,

* Dégrader notre aptitude à 
decision décider sainement,
* Biaiser nos
action comportements.
Il est essentiel de connaître ces travers privilégiant notre confort
mental par
rapport à la pertinence de notre jugement et pouva
nt mener
jusqu'à l'aveuglement et à des comportements extrèmes
.
 
=> Voici donc, pour vous aider à les repérer, une liste de ces  principaux
      phénomènes pervers :

Les diverses formes prises par ces travers

  • Croyance:
Croire c'est admettre comme vérité une chose non vraiment
prouvée (pseudo-certitude).
Une croyance est

  * soit absolue et inébranlable,
  * soit relative et ajustable en fonction des évènements qui la
     
confirment ou l'infirment.

Dans ce dernier cas, qui est nettement préférable, elle entre
dans le cadre des probabilités subjectives ou de la
logique floue
(bien  plus riche que la logique binaire, voir plus bas).
  • Dogmes:
croyances / doctrines extrèmes et jamais réexaminées
même si les réalités les contredisent.
  • Logique binaire, manichéisme:
Croyance dogmatique qui les choses sont totalement fausses
ou totalement vraies (ou au plan moral bonnes ou mauvaises)
en ignorant que - dans la vie de la société, comme dans l'univers
physique - la plupart des situations sont nuancées, complexes,
aux aspects
multiples.

Peuvent servir d'antidote l'approche yin-yang, la logique floue
l'utilisation équilibrée du curseur 1% - 99%.
  • Rationalisation:
Inventer une explication paraissant rationnelle / logique à une
façon d'agir en réalité purement instinctive ou émotionnelle.
Faire porter à tort sur une personne ou une catégorie de
personnes le crédit ou la faute d'un évènement positif
ou négatif.

Egalement attribuer à une situation extérieure les
conséquences négatives d'attitudes tout à fait personnelles.
  • Auto attribution:
donner avant tout à nous-même le mérite d'un évènement
favorable.
  • Biais de prémonition:
Réinventer mentalement le passé quand se produit un
événement, en nous persuadant que nous savions déjà
ce qui allait se passer.
et leurs cousins, réductionnisme, stéréotype,
généralisation
.
Cette famille de dadas mentaux consiste à expliquer un
phénomène ou une situation à partir d'un seul de ses aspects,
ou à partir d'évènements ou phénomènes qui n'ont pas grand
chose à y voir.
et au total fixation mentale.
Tout cela consiste à nier les faits qui vont contre notre croyance
et limiter notre recherche d'information à celles qui la conforte.
Le syndrome dogmatique, ou de l'autruche.
  • Pensée magique, désir de croire, crédulité:
c'est l'idée qu'on peut influencer mentalement le futur, ou bien
que la chance est de notre côté, ou qu'on peut l'attirer par la
pensée ou quelques pratiques superstitieuses.

De plus certaines attitudes profondes d'une personne face à la
vie ou au monde telles que l'optimisme ou le pessimisme
systématiques peuvent être considérées comme des formes
"génériques" de croyance.

Concernant l'optimisme (qui dit-on serait bon pour la santé),

il incite à entreprendre et agir, une bonne chose, mais peut
muer
en suroptimisme qui fait agir à tort et à travers (cela
rejoint
la surconfiance citée ci-dessous)
ou à l'inverse pousse
au statu quo / refus d'évoluer en croyant que tout va nous
tomber tout rôti dans le bec.
Et aussi, plus proche de la pensée magique, de l'illusion de
contrôle
des évènements.

On peut avoir aussi une trop confiance envers quelqu'un
ou un groupe, procurant un faux confort et allant même jusu'à
la dépendance à celui-ci pouvant conduire à des comportements
aveugles et extrèmes.
Ces travers consistent à penser et agir comme l'ensemble du
groupe, en y trouvant du confort et d'apparentes certitudes et,
en cas d'échec, la faculté de se retrancher derrière le fait que la
responsabilité était collective.
Inventer très vite une explication (ou accepter facilement une
explication reçue) à des événements qu'on ne comprend pas
totalement.
Par exemple les commentateurs boursiers excellent à trouver
chaque jour une bonne raison plus ou moins cohérente pour
laquelle le marché monte ou baisse, même si c'est le simple fait
du hasard.


Chacun se sent souvent obligé de trouver et de donner une
opinion sur n'importe quel sujet pour ne pas avoir l'air idiot.
Après tout, on peut s'y refuser!
  • Vénération des chiffres:
Faire confiance, simplement parce qu'elle est officiellement
publiée,
à une statistique ou présentation comptable, ou pour
son allure scientifique,
à un modèle mathématique sans trop
se poser de questions sur ses hypothèses "
probabilistes"
sous-jacentes.
  • Aversion aux fourchettes d'estimation:
Croire que des prévisions valables peuvent être faites à partir
d'un seul scenario qui donne un seul nombre prévu (pour le
taux de croissance, le cours d'une action...) sans chercher une
fourchette d'alternatives plus ou moins basses ou élevées.
Faire confiance de façon routinière quelque soit la situation
aux mêmes modes simplifiés et formatés d'analyse et décision,
même quand cette situation a évolué ou qu'il s'agit d'un cas
différent, qui s'accorde mal ou pas du tout avec le "modèle"
ou avec la réminiscence de faits récents semblant similaires.

Référence et lectures complémentaires

Plus de détails sur ces diverses notions dans le site
de
Finance comportementale.

  (sample / échantillon)

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M.a.j. / updated : 29 août 2015
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