Bonus des traders des banques :
incitations perverses ?


Trop récompenser la prise de risques financiers
peut avoir un effet boomerang.


Médailles pour services rendus ou bombes à retardement ?
Les bonus des traders des banques tendent à les inciter à prendre
de gros risques sur les marchés financiers et à mettre en danger
les banques et leurs clients.

boite danger
Médailles pour services rendus?
Petits cadeaux pour entretenir l'amitié?
Ou bombes à retardement ?

C'est quoi le métier de trader de banque ?

Courses de vitesse, des pommes de terres chaudes à la main.

Le trading en tant que tel: définition et objectifs

Le trading à court terme, qu'il soit pratiqué par des banques, d'autres
organisations ou de simples particuliers, est une activité financière qui
implique
   * de fréquents et run rapides buysell achats et ventes sur des
       marchés financiers

   * avec utilisation, souvent massive et surtout  rapide,
        d'opérations financières à fort lever effet de levier
        et d'instruments financiers dérivés.

Cette - intense - activité a deux faces, défensive et offensive :
elle est,utile et même indispensable, pour  gérer et
maîtriser des
risk risques économiques et
financiers.
Ainsi les instruments dérivés peuvent
servir à protéger ses avoirs ou ses transactions
commerciales (couverture de risque).
elle peut viser à booster la rentabilité des capitaux,
mais en conduisant souvent, plutôt qu'à réduire les risques,
à une prise de risque spéculatif, parfois massive

Son utilisation par les banques

De nombreuses banques sont très actives en matière de trading, à la fois
Les salariés de banque assurant cette fonction (traders)
peuvent recevoir une fois par an, en plus
de leur salaire,
des bonus
(primes de résultat) parfois importants en
récompense des gains qu'ils
ont apportés à leurs
employeurs dans l'année écoulée.

Notons que l'importance de ces gains vient
tout autant
de
la masse considérabledes capitaux de la banque et
des risques
que ces personnages prennent avec
, que
de leur propre agitation.

Le bonus est donc, au delà d'un petit geste bien compréhensible
à Noël  pour les plus consciencieux, quasiment 
boite cadeau.
Cela comme intermédiaires ou contreparties, ou directement
comme gérants de fonds

La "séparation" des métiers serait-elle
une amélioration ou une aggravation ?

Certains proposent de séparer en deux entités indépendantes

* la banque d'investissement (montage d'opérations
   financières d'une certaine taille et complexité, notamment
   pour de grandes
entreprises)
* et la banque de détail (dépôt / crédit / patrimoine).

Le but serait une plus grande sécurité pour les clients et pour
l'économie.

D'une part cela pourrrait au contraire fragiliser les banques
et aller contre la diversification des risques, sachant qu'une activité
peut être utile à une autre ou compenser ou couvrir les risques
d'une autre.
D'ailleurs les déroutes on plutôt frappé des banques spécialisées

D'autre part c'est un peu confondre les choses.
Les activités de marché sont un métier en soi, utiles aux deux
autres citées, ou indépendantes des deux selon les cas.

Par exemple, pour accorder des prêts à long terme avec une ressource
à court terme, une banque de détail doit trouver sur le marché des
dérivés une garantie de taux adéquate.
L'alternative serait que les activités de crédit soient moins assurées
par l'activité bancaire classique (intermédiation) mais largement
transférée sur les marchés (titrisation) donc plus livrée à la spéculation.
Pas terrible comme alternative que de développer une nébuleuse de
"banques de l'ombre"
non soumises aux règles de sécurité bancaire
(voir plus loin) !

Il apparaît donc plus important de maîtriser ces activités que de vouloir
les mettre toutes d'un seul côté
.
Peut être aussi que certaines banques sont tout simplement devenues
trop grandes
ce qui favoriserait le "risque systémique".
Peut être enfin serait-il plus sain de mieux contrôler c
es  "banques
de
fog l'ombre" (shadow banking),  autrement dit les institutions
(hedge funds...) dont l'activité principale est le trading sans être
soumises aux normes
bancaires.

Le problème des bonus

Bonbons empoisonnés?

Un débat agite, notamment depuis la crise financière des suprimes, les
médias, les
politiques et l'opinion publique pour savoir si sont justifiés
les bonus de rémunération
déjà mentionnés et atteignant des millions
de dollars ou d'euros pour certains,


* La logique qui fonde et peut justifier ces bonus est que les gains
   de trading
   contribuent fortement à la luckrentabilité bancaire.

Alors pourquoi ne pas partager le champagne ?
Et qu'y a t'il de mal à avoir des banques prospères pour financer
l'économie?

* L'inconvénient est que cette activité est bien plus risquée que
   la banque traditionnelle.

C'est le cas surtout quand elle est exercée par les banques de façon
purement spéculative en leur compte propre.
Elles engagent alors dans ce jeu de hasard leurs fonds propres (d'où
le terme "trading propriétaire") mais aussi, à partir d'un certain
volume d'opérations, également les dépôts reçus de leurs
clients
.

Divers évènements ont montré ces dangers, notamment la crise
des subprime(voir
bulles et krachs).
Distribuer des
boite bonus importants pour récompenser les gains
de trading encourage, quelque soient les précautions prises, les traders
de banque à prendre des risques élevés pouvant envoyer au
fossé, voire dans la fosse, leur banque, et par contagion
le système bancaire.


OK, mais quel est le problème pour vous et moi?
Parier sur le futur est le privilège de chacun, pas vrai ?
N'est ce pas un trait distinctif par lequel les êtres humains diffèrent
des laitues?


Le problème est que
les risques lourds pris par des banques mettent
en danger

* Les dépôts de leurs clients.

* L'argent des contribuables si des fonds publics deviennent
   nécessaires pour sauver le système.


* Par ricochet l'économie


   Quand la banque tousse, l'économie s'enrhume !

Ces traders devraient-ils jouer avec mon argent et empocher
les gains
...tout poor en me laissant le risque ?

Quelles solutions?

Sinon une séparation d'activités,
au moins une cagnotte
;

Normalement, le trading sur fonds propres devrait être l'activité de
fonds dédiés (hedge funds) dans lesquels les gens placent leur argent
en pleine connaissance des risques courus.
Et bien entendu en surveillant de près ces fougueuses montures. hé
oui, là dans l'univers des banques de l'ombre

A première vue (et même pour tout dire en y regardant à nouveau),
il semble inapproprié de faire de la pure spéculation une activité
normale d'institutions qui collectent des dépôts et de
l'épargne du public et accordent les prêts nécessaires à
alimenter les activités économiques
.


Il semble que c'est envoyer une part de l'argent des clients dans le
mauvais tuyau, voire directement dans le feu.


Même chose pour les banques d'investissements qui se refinancent
auprès des autres banques. D'ailleurs la séparation évoquée plus haut
ne ferait querendre les choses moins transparentes, car allez savoir
sur quelles autres
institutions est transmis le risque ?


Mais les banques insistent que
sans cette activité juteuse elles ne seraient
pas rentables, qu'elles seraient même trop coûteuses pour leurs clients, .
De plus comment séparer en pratique les tradings pour la banque et ceux
pour les clients ? Bon, il reste possible d'isoler les premières comme une
activité à part.
Ne tranchons pas de façon binaire pour savoir s'il faut laisser ou non les
banques
recevant des dépots de clientèle se livrer au trading (la "Volker's
rule qu'ont cru bon d'adopter les Etats Unis)
.

Une solution équilibrée, qui limiterai
t les effets indésirables et l'aléa
moral, pourrait être que les banques actives en ce domaine:
* Transfèrent une part des gains à un Compte de réserve pour
   
garantie des dépôts

(par exemple pour un montant au moins équivalent à
celui
des bonus payés aux traders).

* Ou mieux, la transfèrer à un Fonds mondial de garantie des
   dépots bancaires
.

Sa supervision serrait du ressort par exemple du Fonds
Monétaire International ou d'une autre
institution monétaire
mondiale.
Ce serait préférable à une taxe qui serait engloutie dans les
pôches des Etats.

* Exiger qu'elles aient à la fois un matelas de liquidité et des
   capitaux propres plus élevés que les normes précédentes.

(ce à quoi aboutira l'application progressive de l'accord
international
dit "Bâle 3") Alors le risque est largement supporté par les
actionnaires. Ce sont eux, les investisseurs qui acceptent les
risques, c'est la ba
se du capitalisme.

Un bémol quand même, des normes trop punitives et
bureaucratiques
- d'une part incitent à leur contournement (le cas des subprimes
   sous la norme Bâle 2)
- d'autre part favorise la concurrence d'institutions moins
    surveillées /surveillables

* Bien entendu, différer pendant plusieurs années une partie
   du paiement du bonus
et le soumettre à la condition qu'il n'y ait pas de retour de
flamme financier (*) pendant ce temps.


* Peut être aussi, comme évoqué lors du dernier G20, fixer un
   ratio maximum
"Bonus / Capitaux propres" ou "Bonus /
   Produit bancaire".
Toutefois ce type de réglementation bureaucratique peut donner une
fausse impression de sécurité, alors que poach les plus malins arrivent
toujours à exploiter leurs failles.

Cela n'exclue donc pas pas une supervision très active des risques
bancaires, au niveau mondial,
comme a su le faire un pays comme le
Canada et jusqu'à un certain point la France) ce qui a évité à ses banques
de tomber dans les excès constatés lors de la crise dite "des subprimes".


Une contre-mesure

La Directive CRD III du Parlement Européen de Strasbourg le 7 juillet
2010 oblige les banques de l'Union à partir du 1er janvier 2011 à limiter
fortement leurs bonus de trading sur compte propre et accroit leurs
exigences de fonds propres pour ces activités.
Par ailleurs la supervision bancaire - et le traitement des faillites /
sauvetages bancaires - deviennent communs en étant assurés par la
Banque Centrale Européenne (Union bancaire)

(*) Est-ce si risk  risqué?

Martingales ou leurres?

Beaucoup de traders tendent à nier qu'ils prennent des risques pouvant
être extravagants. Ils se retranchent derrière leurs martingales
quantitatives sophistiquées, à base de mathématiques dignes de
celles qui permettront l'envoi de l'Homme sur Mars.
Biais de surconfiance ou professionalisme de la matrise du risque ?

Ils peuvent ajouter qu'une partie de leurs opérations de trading ne fait
que gérer et compenser (couverture, un peu comme une opération
d'assurance) des risques inhérents aux activités bancaires.
Mais le hedging (couverture de risques) ne représente qu'une petite
portion des résultats du trading et il comporte ses propres risques.

Surtout les martingales s'écroulent le jour où les conditions
externes changent brusquement
,
chose pas si rare dans les
"systèmes dynamiques" (théorie du chaos, théorie des évènements
extrèmes...).
Un cas typique est que ces gentils modèles quantitatifs
"stochastiques" (voir
probabilités) sont mangés tous crus le
jour où l'illiquidité du marché (absence d'acheteurs ou
de vendeurs) montre ses horribles canines.
Last but not least, même les professionnels ne sont pas immunisés
contre cette pandémie récurrente des marchés qu'on appelle
l'instinct de troupeau.

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M.a.j. / updated : 23 juil. 2015
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