Méthodes d'utilisation de
l'Analyse Comportementale
par Peter Greenfinch

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3. Repérer les variations de l'image

La question à 6 5595,70 Francs (pardon, à 1000 Euros) que se pose tout investisseur perché sur
son escabeau pour scruter l'horizon, c'est comment repérer les signaux et facteurs qui indiquent
- ou mieux qui précèdent (s'agit pas dede se réveiller trop tard) - le début d'un changement de
fondamentaux ou d'image d'une action
.

  Rappel sur l'analyse technique

L'un des moyens pour ces prévisions météo c'est, nous le vîmes au chapitre tendances,
l'analyse technique (AT).

Elle se fie (notamment) aux signaux d'évolution des cours sur des graphiques pour
détecter :

si un tendance va se prolonger, se modifier, ou se retourner.

donc si le sentiment de marché, ou les fondamentaux, ou les deux (*) sont sur
   
le point ou non de changer.

(*)çà, on le saura plus tard, les graphiques ne font que relever des indices, mon cher
Watson, ils ne dénoncent pas les coupables.

Rappelons que ces configurations graphiques sont souvent emmêlées, peu claires et tardives.
Malgré ces pièges, L'AT donne certains résultats.

Ces techniques étant brillamment et clairement exposées sur zonebourse dans le chapitre sur les
bases de l'AT, nous allons nous centrer ici sur les autres moyens de repérage que procure l'AC.

  Facteurs propres à l'action
     (rappel sur les tableaux d'images)

Le premier des moyens liés à notre approche de l'AC pour détecter ces signaux de fumées
émis par les indiens que sont les actions, nous vous l'avons déjà fourni.
Ce sont le tableau d'images et la description des images.

On utilise donc la connaissance :

de chaque famille d'images,

des possibilités de variation de l'image dans la fourchette de sa famille,

voire des possibilités de migration d'une action d'une famille à une autre.

Exemple d'utilisation des fourchettes:

Tant qu'une action n'a pas atteint son cours potentiel maxi moins 10 %, l'idée
serait de la conserver, du moins en partie, voire même d'en acheter.

Évidemment on aura une mauvaise surprise

* si quelque chose se produit sans qu'on s'en aperçoive dans les fondamentaux,

* ou si l'image change subrepticement de nature et donc de case dans nos
   tableaux,

=> Donc prudence, mais sans paranoïa, chacun a le droit d'assumer quelques
       risques.

 

Cela nous a amène à un cas intéressant. Dans le théâtre boursier certaines actions (assez
rares heureusement) sont très instables et changent de costume à chaque scène.

Leur image monte ou baisse d'une case et/ou leur volatilité s'exacerbe ou s'apaise.

=> L'image d'une "action émergente" peut prendre plusieurs chemins :

continuer ses zigzags incessants, se stabiliser, monter en grade, ou trébucher
et décliner.

Elle peut aussi, compte tenu de l'évolution de ses fondamentaux, devenir une
"émergente régulière", ou une "étoile filante", ou autre chose.

Soit dit en passant, les études semblent montrer que sur le long terme les
performances des
actions sous-valorisées (actions "de valeur", donc à faible
image) sont supérieures à celles des actions survalorisées (actions "de
croissance" à image élevée).

L'idéal étant bien entendu ...de trouver des actions de croissance non encore
survalorisées.
Bien évidemment, toute sélection doit commencer par une évaluation reposant
sur une analyse financière sérieuse.

  Évolution de la Bourse en général

La bourse est un milieu favorable à la dissémination des microbes.

Le virus de la hausse ou de la baisse affecte en général simultanément tout un pays, une zone
de la planète, ou le monde entier
(pour les autres galaxies, difficile à savoir vu la  discrétion
des extra- terrestres.

Sont plus ou moins contaminées, pour se calquer sur notre analyse des composantes de la
valeur boursière

la plupart des VEE (sauf certains cas spéciaux), en fonction de l'information et des
    perspectives d'ensemble de l'économie.

la plupart des images,>

au total, la tendance générale, conjuguant les évolutions de la VEE moyenne et de
    l'image moyenne des actions cotées.

Que cela ne vous empêche pas de diviser vos risques entre pays et (nous y venons)
secteurs d'activité différents.

Ce vaccin atténue quand même l'impact de certaines maladies.

  Évolution de chaque secteur d'activité

La Bourse a du mal à marcher et à mâcher son dur caramel en même temps.

Elle privilégie tour à tour tel ou tel secteur d'activité (mode boursière) et en oublie d'autres
tout aussi attrayants.

Les actions du secteur tendent à monter ou baisser toutes ensemble, plus vite ou moins
vite que le reste de la bourse.

L'évolution de leurs images soit amplifie celle des fondamentaux (supposés) du secteur, soit
...en est déconnectée.

Ces hausses et baisses "de sympathie" peuvent durer des mois ou des années.

Souvent, les affaires les plus connues ou les plus spécialisées dans ce secteur
ouvrent le bal. Les autres entrent dans la danse après un délai.

  Clarté de la gestion et qualité de l'information

Toute entreprise est responsable de la clarté (lisibilité / transparence) de son action :

sauf à subodorer des prodiges cachés, les investisseurs évitent les entreprises
     pour lesquelles ils s'estiment mal renseignés,

ou dont la politique leur semble obscure, ou les activités trop diversifiées ou
complexes pour en cerner les perspectives,

la méfiance s'installe aussi lorsque, pour une entreprise, la marge est souvent
    grande entre les résultats annoncés et ceux finalement obtenus,
ou si les problèmes
    sont signalés avec retard.


autant certaines firmes sont cachottières, autant d'autres jouent le vedettariat.
     L'image peut alors grimper dans l'audimat,
puis s'effondrer si le marché découvre
     que, derrière la façade, 
les choses sont moins roses.

  Humeurs et attentes boursières,
     et interprétation de l'actualité

Le marché interprète de façon plus ou moins positive ou négative l'actualité qui concerne -
ou semble concerner - l'entreprise.

Parfois aussi, il ignore les nouvelles informations, s'en désintéresse ou est tétanisée par elles
sans réaction.

Cette attitude rose, noire, autruchienne (zavez bien lu) ou hébétée est un composant de
l'image boursière du moment.

Comment tenir compte des événements ?
Non seulement au niveau de la VEE (c'est une question d'analyse) mais au niveau de
l'image ?

Le truc pour cela est de bien repérer les attentes (espoirs ou craintes) du marché.

Et de s'en méfier si elles relèvent de l'émotion collective et sont déjà jouées de façon
démesurée dans les cours (sous-évaluation, surévaluation).

Elles peuvent être alors fragilisées : les événements risquent de ne pas être assez forts pour
correspondre à ces vues pessimistes ou optimistes.

Autant donc être circonspect vis-à-vis de ce qu'on appelle le "consensus boursier".
Car là, attention, piège : si 80 % des opérateurs anticipent la hausse ou la baisse, c'est
bien souvent signe que celle-ci vit ses derniers moments.
En pratique, il peut se passer les choses suivantes :

Soit la nouvelle information contredit les attentes (ou la tendance).

Alors le changement d'image dépend de l'importance dudit événement, de l'effet de
surprise par rapport à ces attentes, et de la force de ces préconceptions et
convictions
des opérateurs (là, c'est plus difficile à repérer, mais l'AT
peut éventuellement faire présager ces essoufflements).

Une fois que l'inflexion est manifeste (alors hélas on a déjà raté le premier train) il faut
généralement réagir en accompagnant le mouvement plutôt que d'être le dernier à le
faire.

Soit elle confirme les attentes, ou la tendance.

Ici, une façon de "flairer" un retournement est de voir comment un marché ou un titre
orienté à la hausse réagit à une bonne nouvelle fortuite. Ou, inversez le raisonnement,
à une mauvaise nouvelle fortuite (et fort triste) qui "tombe" sur un marché en baisse..

Soit la semaine (ne pas se fier à la seule réaction "technique", épidermique,
ou tâtonnante, du premier jour) se solde par une nouvelle hausse.
C'est souvent signe que le nombre des adeptes et leur conviction se renforcent.

Soit, au terme de la semaine, les cours ont peu bougé ou sont revenus au
niveau antérieur
à la nouvelle, ou pire ont reculé. C'est sans doute que des
rats ont quitté le navire en profitant, pour faire leurs ventes, de la demande
de titres gonflée par cette "heureuse" nouvelle .

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Publié 12/ 2000 sur les sites :
    p. greenfinch [home/accueil] [synthèse: fin. comp.][ch.1][ch.2] [ch.3]
et Zonebourse, rubrique Analyse Comportementale

Voir aussi variante plus complète

Dern. mise à jour cette page 26/11/14

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